La pire des choses


"Elle ne pouvait que se sentir attirée par moi, et le mariage n'aurait pas empêché qu'elle me revienne. Vous êtes bien revenue, vous...
Annie le regarda, interloquée :
- Moi ? Mais moi, c'est différent, je...
Il eut de nouveau son cynique sourire :
-Toutes les femmes disent ça. Il leur semble tellement plus élégant, tellement de meilleur ton de n'être pas comme leurs soeurs en Eve, d'être différentes...
-Je n'ai jamais pris une femme de force : l'attente aussi est une volupté."
Annie perdant le contrôle de son premier interrogatoire.

Je ne dois pas avoir de chance, on m'avait dit que les romans de cet auteur étaient bons, j'ai acheté, semble t'il, le plus faible. Tout commence pourtant bien, le premier chapitre nous présente les personnalitées du petit village de Mercy-on-Meers. Dés le deuxième chapitre, l'héroine, Annie Dargel, londonienne pur souche, arrive dans le village natale de son policier de mari, Stan. Elle y vient pour se reposer de sa récente maladie, en fait une rougeole, mais quand on a plus de 30 ans, c'est un peu la honte. La femme du maire ne tarde pas à lui mettre le grappin dessus, et l'invite pour le Tea Time.
Gwen Menc en parfaite hôtesse convit Annie pour le thé, mais aussi les femmes influentes du village : Adelia Murgatroyd, la romancière et Lady Cynthia Warren la châtelaine. Il est très vite décidé qu' Annie participeras au prix Sutton en tant que jury. Le prix Sutton se déroule tout les 5 ans et récompense le meilleur jeune comédien du village. Le gagnant se voit accordé la chance de partir à Londres, tout frais payé, pendant un an, pour percer dans le milieu. Cette année, se présentent : Joyce Ashton et Kathy Brent, Joyce est blonde, riche et méchante, Kathy est brune, pauvre et gentille. Je vous passe quelques pages, et l'on retrouve, Joyce assassinée. Comme Joyce venait de gagner le prix Sutton, grâce au vote d'Annie, tout les soupçons se porte sur la perdante, la Cosette locale... euh, je veux dire se porte vers Kathy Brent =).

Vers le dernier tiers du livre, le récit s'effondre. La faute à des personnages devenus hysteriques, les femmes tiennent ici les premiers rôles et n'en sortent pas grandies, . En parlant de premier rôle, je pourrais parler d' Annie, qui, à la moindre difficultés, réclame son mari : "Oh Stan ou est tu !", " Stan comme j'aimerais que tu sois là ! " un comportement incompréhensible pour le lecteur, tellement elle paraissait indépendante dans les premiers chapitres. Le pire, c'est que j'ai cru que son mari allait vraiment venir pour remettre de l'ordre. Et je ne vous parle pas des autres femmes, une vraie galerie de problèmes psychologique, soumises, niaises, manipulatrices... à croire que l'auteur a un compte à régler avec la gente féminine. Je vous épargne aussi la chute finale ridiculement théâtral, c'est votre jour de chance n'en abusez pas =).
Maurice-Bernard Endrèbe est un bon écrivain et j'ai eu la malchance de tomber sur ce livre moyen. L'auteur est fan d' Agatha Christie et cela ce sent dés le début de l'histoire. Le style est formidable, l'idée de donner le rôle déterminant à une femme, est bonne, le quatrième de couverture donne très envie de lire. Mais non, ce livre ne tient pas ses promesses. Mais je vais donner une autre chance à Maurice-Bernard Endrèbe (malgré le fait qu'il soit un gros macho), je vais lire un autre de ses livres.

"La pire des choses" [1947], M.B. Endrèbe, Librairie des Champs-Elysées, Collection Le Masque[1984], 157 pages.

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