Le lézard noir

"Vous savez, je suis persuadée que ce n'est pas une plaisanterie. C'est peut être mon sixième sens, appelez cela comme vous voulez, mais je le sens ! Il me semble que vous devriez rester sur vos gardes. "
Le lézard noir déguisée à Kogoro Akechi .

Tokyo, les années 30, un riche joaillier et sa fille se rendent dans un hôtel, pour rencontrer un prétendant potentiel pour la jeune fille. Mais depuis 6 mois, Iwase Shoei reçoit des courriers l'informant que quelqu'un va enlever sa fille Sanae. C'est pourquoi, il engage Kogoro Akechi, un brillant détective. Ce qu'il ne sait pas c'est que le kidnappeur n'est autre que le lézard noir et que celui ci ne vise pas Sanae mais un joyau, l'étoile Égyptienne. Dans le vestibule de l'hôtel, Sanae se lit d'amitié avec une très belle femme, Mme Midorikawa, Sanae ne se rend pas compte que sous des dehors affables, celle ci cache sa véritable identité et que sous la manche du kimono noir, il y a un lézard noir tatoué.

Ranpo Edogawa écrit une histoire courte mais dense qui ressemble à un jeu du chat et de la souris. Réjouissant de la première à la dernière page, il est facile de se laisser emporter. Une histoire sans temps mort, ni d'intrigue secondaire, avec des personnages tout de suite identifiables, la kidnappeuse sur d'elle, le détective plein de ressources, le riche joaillier, la jeune fille innocente.
Leurs psychologies sont réduites au stricte minimum, mais n'allez pas croire que certains personnages ne vous surprendront pas. Le lézard noir ,par exemple, est une femme,passée maître dans l'art du déguisement,qui ira jusqu'à parier avec Kogoro Akechi sur l'enlèvement de Sanae, prenant ainsi le risque de se trahir. Pourquoi ? pour avoir le plaisir de l'humilier ! L'auteur avec beaucoup d'humour se parodie, Kogoro Akechi citant une de ses nouvelles en exemple. Sous des apparences de polar classique, Ranpo Edogawa n'hésite pas à verser dans le fantastique, notamment dans le description du repaire du lézard noir, qui est particulièrement sordide. Cela m'a rappelé le film l'ambiance du film "la maison de cire" l'original, pas le remake avec Paris Hilton =).

Ce classique de la littérature japonaise, a été adapté au théâtre par Yukio Mishima et adapté au cinéma par Kinji Fukasaku (avec Mishima dans un second rôle). Le dvd est disponible en import. Pour en revenir au livre, je dirais qu' en 150 pages il réussit le tour de force de nous emmener de Tokyo à Osaka en passant par une croisière en mer mouvementée, avant de finir comme les meilleurs James Bond. Un trop petit livre pour une soirée lecture sans prise de tête.

"Le lézard Noir", Edogawa Ranpo, traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, Éditions Picquier Poche, 157 pages.

2 commentaires:

losfeld a dit…

Edogawa Ranpo était un peu, quant à la productivité, le Simenon japonais. J'espère que nos éditeurs n'attendront pas trop longtemps avant de traduire les dizaines de tomes inédits...

Cultiste a dit…

Vous avez totalement raison, surtout que les rares livres publiés (tous chez Picquier) datent d'il y à presque 10 ans.