Autopsie d'un viol

"Y a pas plus bête qu'une grenouille. Larry leur sciait les pattes de derrière a l'aide d'un couteau de poche émoussé, puis les rejetait dans la nature. D'après Mr Halley, elles étaient lentes à crever. D'après Mr Jamison, leurs pattes repoussaient comme la queue repousse aux orvets et la tête aux salamandres. Si ça se trouve, peut-être qu'il avait coupé plusieurs paires de pattes aux mêmes ?"
Larry Bones avant son arrestation.

Certains titres de romans policiers sont trompeurs, en voici un bon exemple. Oui, dans ce livre d'André-Stanislas Steeman, la victime a bien été violée mais l'identité du tueur n'est pas le coeur de l'intrigue, c'est un élément qui semble accessoire jusqu'aux dernières pages et comble de l'ironie il n'est même pas question d'analyser, ni même d'autopsier la pauvre victime.

Barbara Gordon a été violée et tuée, son mari George surprend le coupable et reçoit 2 balles dans l'abdomen. Il trouve tout de même la force d'appeler la police avant de s'évanouir. Cela lui sauve la vie. Le shérif O'Hara et son adjoint, son fils, Dublin O'Hara se chargent de l'enquête. Les preuves se font rares et les témoins encore plus, Georges est en état de choc et ne peut pas donner de description détaillée du violeur/tueur.
Le shérif trouve tout de même un coupable idéal en la personne du simplet du village Larry Bones. Il faut dire que Larry aime se cacher pour mater les jeunes filles se déshabillent devant leurs fenêtres. Après avoir longtemps nié, il avoue le crime a la surprise générale. L'affaire se complique quand Samuel boyd, un écrivain raté s'accuse du meurtre. Deux coupables pour un crime c'est déjà un de trop pour le shérif, alors quand un troisième homme, un ancien petit ami de Barbara, se livre à la police pour le même crime, le shérif décide de s'en laver les mains et de laisser la justice faire le tri.

J'ai souris à la lecture d'Autopsie d'un viol, qui ressemble plus a une comédie policière qu'a un polar classique. La négligence du shérif, le cliché de l'irlandais alcoolique (toujours le shérif), le reporter prêt à tout pour obtenir un scoop (quitte a mentir et déformer la réalité des faits), les coupables improbables qui s'accusent du meurtre chacun a leur tour. Mais le comble reste la dernière partie du livre ou l'on suit l'audience préliminaire devant le juge avec les trois accusés sans preuves (excepté, bien sur, leurs confessions).
Difficile de rendre justice avec trois coupables et trois versions des faits. Heureusement le procureur va se charger de rétablir l'innocence des prévenus et cela malgré les avocats de la défense qui eux tiennent à faire condamnés leurs clients. D'ailleurs la dernière partie de ce polar ressemble à un épisode d'Ally McBeal, avec le procureur dans le rôle du comique de service. Pour découvrir l'identité du coupable, il faut attendre le dernier chapitre même si je vous avoue qu'emporter par l'ambiance de farce qui règne dans tout ce polar, je l'avais un peu oublié. Un polar léger avec une bonne dose d'humour.

"Autopsie d'un viol" (1964), S.A. Steeman, Librairie des Champs-Elysées, Collection Le Masque (1994),155 pages

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