Le cheminot

Le cheminot raconte l'histoire d'un homme d'âge mûr, qui se trouve à un tournant de sa vie.
Ottomatsu Sato (Otto) est chef de gare dans le village d'Horomai en Hokkaidô. La gare d'Otto va bientôt fermée, la ligne de chemin de fer n'étant plus rentable depuis longtemps. Dans les années 70, le village était pourtant prospère grâce à l'exploitation de la mine de charbon, depuis la cessation d'activité de celle ci, le village meurt a petit feu, les jeunes sont partit pour Byoro, la grande ville la plus proche. Pour Otto, qui habite dans sa petite gare, la vie suit son cours imperturbable, jusqu'au jour ou son meilleur ami Senji, vient lui rendre visite pour les fêtes de fin d'année. Il s'inquiète du sort d'Otto, car celui ci vit seul dans sa gare, depuis la mort de sa femme, et dans trois mois il devra la quitter. Otto ne semble pas savoir ce qu'il va devenir.
Senji va, lui aussi, prendre sa retraite et en souvenir du bon vieux temps (Otto et lui ont débutés leurs carrière de cheminots ensembles, au volant d'une locomotive à vapeur, depuis Senji est devenu chef de la gare de Byoro) aimerait qu'il vienne travailler avec lui, après sa mise en retraite. Au Japon, il n'est pas rare que des personnes de plus de 60 ans continuent à travailler. Mais le passé va rattraper le vieux chef de gare en la présence d'une petite fille et de ses deux soeurs.
Cette nouvelle est pour moi un crève coeur, j'ai écrasé une petite larme à la fin =), réaliste dans la description d'un homme brisé par la vie, sa femme et sa fille sont mortes et son travail qu'il aime tant va lui être enlevé. Ses amis tentent de l'aider mais il semble déjà avoir baissé les bras. Avec son ambiance de fête de fin d'année et les paysages neigeux d'Hokkaidô, l'histoire ressemble au classique de Charles Dickens, "Un chant de Noël". La nouvelle le cheminot a connue un très grand succès au japon et a été adaptée en manga et en film avec le grand Ken Takakura dans le rôle d'Otto.

Dans ce livre d'Asada Jirô se trouve aussi une autre nouvelle, un bonus dispensable en quelque sorte.
La nouvelle, La lettre d'amour est très différente du cheminot. Goro est un petit voyou de tokyo, qui l'année précédente avait consentit pour de l'argent à se marier à une chinoise en situation irrégulière.
Grâce à une particularité de l'administration japonaise, qui n'oblige pas les deux époux à ce présenter devant un maire ou l'un de ses adjoints lors d'un mariage civil, Goro n'a jamais rencontré Pai-Ran sa femme. Aujourd'hui, Goro sort de prison et on lui apprend que sa femme vient de mourir et qu'il doit s'occuper de sa dépouille. Après avoir présenter ses respects au parrain local, il part pour la région de Chiba ou sa femme exerçait son "métier". Pour arriver au Japon, Pai-Ran s'est beaucoup endettée et pour rembourser le passeur ainsi que les autres intermédiaires, on l'a obligée à se prostituer. En faisant son "métier" Pai-Ran a attrapée une hépatite qui au final, la tuera.
Goro va recevoir 2 lettres de sa femme, l'une pour le remercier de s'être marié avec elle, l'autre écrite a l'article de la mort. Il va découvrir, à la lecture de ses lettres, qu'il ressent du remord vis a vis de la défunte et peut être de l'amour.
Je n'ai pas aimé cette histoire, improbable et un peu trop fleur bleue. Il y a pourtant dans ce récit, une dénonciation de l'exploitation de la misère humaine qui est intéressante, même l'éditeur sur le quatrième de couverture semble ignoré ce bonus.
Ce livre ne vaut vraiment, que pour sa première nouvelle, à lire au chaud, avec une boite de Kleenex (pour les plus sensibles).

"Le cheminot", Asada Jirô, traduit du japonnais par Yukiko et Didier Chiche-Triller, 106 pages Editions Philippe Picquier [2000], Poppoya + Love letter Editions Shueisha [1997].

Aucun commentaire: