Che Guevara, fils de la révolution

Noël approche à grand pas, le temps des cadeaux... et des suicides, mais trêve de plaisanteries stupides. Lors de mes recherches d'un cadeau original, mes yeux se sont posés sur ce livre bourré de qualitées. Je dois vous prévenir, tout de suite, que ce livre n'est pas un ouvrage de vulgarisation mais un livre de découverte. La collection documents chez l'éditeur Syros est notée, pour tous et à partir de 14 ans.

Ernesto Guevara n'est pas un personnage historique qui m'inspire particulièrement, l'Amérique Latine, c'est loin, son merchandising douteux, digne d'un chanteur à la mode et je ne parle pas du culte que lui vouent certains étudiants politisés. Ce livre n'est pas une biographie du Che mais une compilation d'extraits de discours, rétablis dans un contexte historique.

Philippe Godard s'intéresse à l'homme politique Guevarra, au bâtisseur, dans le chapitre intitulé "Le Che réaliste", on y découvre un homme pragmatique et ambitieux, presque cynique pour son pays d'adoption. Lors du discours qu'il tient devant les étudiants à la faculté de technologie en mai 1962, il tient des propos sur l'éducation, pas si éloignés de nos considérations actuelles. Compétitivité, rendement..., bien sur, tout cela enrobé dans une propagande socialo-communiste d'un autre âge. Le révolutionnaire romantique, si populaire en occident, n'est qu'une facette d'Ernesto Guevara, l'arbre qui cache un personnage plus complexe, plus intéressant, tout du moins, pour moi.

Dans un discours à l'O.N.U. proclamé le 11 décembre 1964, pour la première fois traduit en français dans ce livre, le Che dresse un portrait de l'impérialisme occidentale, les États-Unis en premier lieu et aussi la plus-part des pays occidentaux liés aux colonialisme. La Belgique à d'ailleurs droit à un chapitre, pour elle seule, le Congo (futur République Démocratique du Congo) étant cher au coeur du Che. On y découvre aussi la difficile position dans laquelle ce trouve Cuba, en pleine guerre froide, prise entre le marteau Soviétique et l'enclume Américaine. L'affaire de la baie des cochons, la base navale de Guantanamo (que Cuba espérait déjà récupéré) est aussi évoquée par Guevara
La vie du Che est un peu décrite au travers de sa vision jusqu'au-boutiste de la révolution, sa rencontre avec fidel castro, son adoption de la nationalité Cubaine.
Dans le dernier chapitre, "Que reste t'il du Che ?", Philippe Godard disserte de l'empreinte indélébile de Che Guevara dans les pays d'Amérique Latine et de la vision déformé qu'en ont les pays occidentaux. Le livre contient une bibliographie en français, anglais et espagnol, j'ai d'ailleurs appris qu'il n'existait aucun livre en français regroupant l'intégralité des discours du Che et qu'il n'existait aucune biographie satisfaisante de sa vie dans la langue de Molière (la référence est en espagnol).
Ce livre se termine sur une chronologie des évènements marquants de la vie du Che et 6 pages de photos prisent à différents moments de sa vie. J'ai trouvé ce livre didactique et bien documenté, idéal pour découvrir, ou faire decouvrir, le fils prodigue de la révolution, et passer (obligatoirement) à un autre livre pour approfondir le sujet.

"Che Guevara fils prodigue de la révolution", Philippe Godard, Collection les documents Syros, Editions Syros [2007], 100 pages

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