Harry Dickson : Le lit du Diable

Difficile de croire que pour Jean Ray, les traductions et réécritures des Harry Dickson n'étaient, au début, qu'un travail alimentaire, trouvé par chance après sa sortie de prison.
Pourtant Jean Ray en écrivit par la suite plus d'une centaine et traduisant/corrigeant le reste.
Le créateur original du personnage s'étant arrêté aux vingt premiers volumes, divers auteurs se sont relayés par la suite pour faire vivre Harry Dickson, le temps passant, seul le nom de Ray est resté lié au personnage, les autres auteurs, y compris l'original, sont tombés dans l'oubli.
Sur les 178 récits, les 20 enquêtes éditées par les éditions Le Cri sont des créations de Jean Ray.
Second volume des aventures d'Harry Dickson chez Le Cri et sur ce blog et aventure numéro 148 pour le Sherlock Holmes américain. Le livre est toujours une reproduction du fascicule originale. Je vous rassure, je n'ai pas 178 volumes de Harry Dickson, ou même 20, sur ma pile de livres =) .

"En 1958, John Grestock revient en Écosse dans le lugubre manoir de triste réputation qu'il a quitté 8 ans auparavant. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il constate que sa chambre est aujourd'hui luxueusement meublée ! Mais il remarque des traces de sang sur le lit, et deux hommes lui proposent une somme considérable pour qu'il ne remette plus les pieds à Grestock Island !
Cette histoire parvient, cinquante ans plus tard, aux oreilles du célèbre Harry Dickson, qui fait aussitôt le lien avec l'affaire sur laquelle il enquête, à savoir l'inscription laissé sur un rocher en Écosse par un géologue assassiné. Juste avant de mourir la victime a eu le temps d'écrire : Grestock. Sur les lieux, Harry Dickson et son fidèle élève Tom Wills parviendront'ils à démasquer ceux qui, voués a un culte de l'antique Babylone, hantent le lit du diable ? "
Extrait du quatrième de couverture.

Si le premier volume "Cric Croc, le mort en habit" était un récit policier relativement classique, malgré un ratio mort/chapitre assez étonnant, ce livre ci est bien différent. Le lit du Diable flirte avec le fantastique dans ses débuts et y succombe totalement dans les derniers chapitres. Un fantastique sobre proche des films américains des années quarante/cinquante. La fin du récit par contre oublie toute subtilité et prouve que Dickson a des relations haut placées et des méthodes expéditives. Je pourrais aussi mentionner les personnages moins nombreux et plus fouillés que dans le premier livre avec une mention spéciale pour l'adversaire de Dickson, une véritable femme fatale. L'ambiance urbaine de cric croc laisse la place ici a une ambiance agréable de campagne écossaise pleine de superstitions et de légendes liées à un lac (non, ce n'est pas le Loch Ness, mais cela y ressemble beaucoup). Une très bonne histoire mais comme toujours trop courte.

"Le lit du diable", Jean Ray, Edition Le Cri [2007], Edition Originale [1935], 93 pages.

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