Une survivante : Irène Hajos

Dans la même collection "Les Documents Syros" que "Che Guevara", et toujours conseillé par l'éditeur et Cultiste pour tous et à partir de 14 ans.

"Bien entendu, je sais que ce sont les allemands qui ont décidés l'extermination des juifs, mais certains pays ont refusé de collaborer avec eux dans ce domaine. Les pays comme la Hongrie et la France, qui ont suivi et même parfois accompagné la destruction des juifs, me semblent aussi coupables que l'Allemagne".

Mars 1944, l'Allemagne Nazie envahie la Hongrie. Pour la population juive relativement épargnée jusqu'alors par le gouvernement du régent Miklos Horthy (malgré des lois antisémites), c'est le début du cauchemar. Les déportations massives commencent, Irène et sa famille n'y échapperont pas. Les Hajos sont une famille de la province Hongroise, juive et patriote, elle se pensait intégrée et acceptée, la suite des évènements leur donnera tort. La famille Hajos reste soudée dans l'épreuve et reste unie dans le fourgon à bestiaux qui les emmènent à Auwshitz.
Mais là, Irène est séparée de sa famille et se retrouve seule. Elle ne le sait pas mais elle vient de survivre à sa première sélection. Encore jeune et en forme, elle est envoyée au travail pour soutenir l'effort de guerre allemand. Il lui faudra un certain temps pour comprendre, ce que signifie les fumées noires qui s'échappent de certains bâtiments du camp. La jeune hongroise de 22 ans n'apprendra que bien plus tard le sort réservé à sa famille.

"J'ai été une patriote juive hongroise convaincue et ma nation ne m'a pas protégée. Chaque individu devrait se sentir responsable de ce qui se passe dans son pays et penser que s'améliorer soi même fait progresser l'ensemble du pays."

Irène Hajos se considère comme chanceuse, elle a survécu à plusieurs séléctions, à sa rencontre avec le docteur Josef Mengele et à deux marches de la mort. Les alliés se rapprochant, les prisonniers d'un camp trop proche de la ligne de front étaient évacués a pied et dans le froid pour aller dans un autre, plus éloigné, c'était aussi un moyen pour les nazis de se débarrasser des juifs trop faibles pour le travail. Irène évoque la neige rouge du sang des marches précédant la sienne.
Le récit ne s'arrête pas à la libération, il raconte aussi son retour en Hongrie, ou elle n'est pas accueilli les bras ouvert par les survivants de sa famille, son départ précipité pour la France pour redémarrer une nouvelle vie.

Le témoignage d'Irène Hajos n'est pas retranscrit intégralement ici, il s'agit d'une mise en forme réalisée par Chantal Gerbault.
En 2005, l'hôtel de ville de Paris a organisé une exposition intitulée : "Derniers témoins, Auschwitz-Birkenau, 1945-2005", Irène Hajos fait partit de ces témoins qui ont enregistrés leurs histoires en vidéo. Ceux d'entre vous qui seraient intéressés par le témoignage vidéo de Irène Hajos, je les invite a se rendre sur le site du "Mémorial de la Shoah" et sur la page des témoignages vidéos (Irène Hajos se trouve au milieu, il dure 2h22 mn).
En complément du témoignage , ce livre contient des cartes géographiques, un chapitre sur l'histoire du peuple juif et un autre sur l'histoire des juifs de Hongrie, ils complètent parfaitement le récit d'Irène Hajos). Une bibliographie très complète et un cahier de photos (dont certaines issues de la collection personnelle de madame Hajos) terminent l'ouvrage.

Irène Hajos : une survivante, Gerbaud Chantal, Collection les documents Syros, Éditions Syros [2006], 132 pages.

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