Garfield minus Garfield

"John : Garfield, je crois que j'ai perdu mon identité.
Garfield : Ridicule! Je vais t'aider à la retrouver. La voilà, à la poubelle. À côté de ta dignité et de ton intelligence".
Garfield travaille du chapeau [1994], Jim Davis (traduction, Anthéa Shackleton), Edition Dargaud [2001].
Garfield ne parle pas, il pense, quand John lui parle, il parle à un animal qui ne peut lui répondre. C'est le lecteur qui interprète les pensées de Garfield comme un dialogue.
Depuis plus de 30 ans, John arbuckle parle à ses animaux comme à des êtres humains, cet anthropomorphisme témoigne de sa personnalité solitaire. Effacé Garfield (et les autres animaux) de la bd, revient à plonger le lecteur, sans filet, dans l'intimité d'un célibataire endurci (mais pas par choix). L'humour de la bande dessinée originale en est modifiée, d'un humour fait de sarcasmes et de cynisme, l'humour devient grinçant, plus sombre voir inquiétant et le lecteur de douter de la santé mentale de John Arbuckle.
Sans les remarques acides de Garfield, le lecteur se retrouve face a un miroir de sa solitude (passé ou présente), le rire devient jaune et plus jamais il ne lira le Garfield de Jim Davis comme avant. Il y avait un drame dans Garfield, derrière les blagues animalières et je ne l'avais pas vu, honte sur moi.

D'après Dan Walsh, l'internaute qui a popularisé le concept (effacer Garfield de ses strips pour mettre le personnage de John en valeur), l'idée aurait germé sur des forums. iI n'aurait fait que reprendre l'idée et compiler les planches déjà existantes, sur son site tout en continuant d'en modifier régulièrement.
Les pages de "Garfield moins Garfield" présentent sur la même page, le strip en couleur modifié puis juste en dessous l'original en noir et blanc. Garfield minus Garfield est pour l'instant uniquement en anglais, à moins que l'éditeur français (Dargaud) ne se décide pour les 31 ans du chat orange à le sortir en français.

Garfield minus Garfield, Jim Davis et mis en abîme par Dan Walsh, Ballantine Books [2008], N&B et Couleurs, 128 pages.

Un strip récent du site de Dan Walsh : Garfield minus Garfield (16/02/2009) qui ne se trouve pas dans le livre.
Il est sans paroles mais il me fait hurler de rire.

2 commentaires:

Wade Wilson a dit…

Un concept plutôt étonnant... Je ne connaissais pas l'existence de cette version tronquée, qui flirte davantage avec la schizophrénie. Ou comment faire de Garfield une BD parano...

Cultiste a dit…

Jim Davis a avoué que John est basé sur la personnalité qu'il avait au moment de ses études universitaires, ça laisse songeur, je trouve =).

Sans spoiler, la série Garfield a évolué l'année dernière, aux USA, une évolution qui sonne le glas du site et du concept de Dan Walsh à plus ou moins long terme.

Pour connaitre le spoiler avant sa traduction en France, la page Wikipédia française de Garfield en parle...