L'affaire Bardouillet

Jamais deux sans trois prédit le dicton populaire.
C'est donc ma troisième incursion dans les enquêtes d'Harry Dickson, un troisième volume un peu à part.
L'affaire Bardouillet ne compte que 45 pages, pour compléter le volume Jean Ray écrivit 2 histoires supplémentaires plus courtes : Le portait de Mr Rigott (31 pages) et Le cas de Maud Wantey (12 pages).
La collection Harry Dickson publiée par les éditions Le Cri respectant les fascicules originaux, l'affaire Bardouillet est publiée de manière identique à l'originale de 1935.
L'affaire Bardouillet est la 148 ème aventure d'Harry Dickson.

Charles Bardouillet, myope et discret jusqu'au jour ou on le découvre mort, faisait chanter les riches, dont Hamilton Melton - l'amant de Lady Elisa Ogilvy - qui, lui aussi, vient de passer de vie à trépas, mais en se suicidant, ruiné.
Le maître chanteur aurait pu être la victime d'une de ses proies, si Lady Elisa Ogilvy ne prétendait l'avoir vu bien vivant et avoir été, à nouveau, l'objet d'une tentative de chantage de sa part.
Par ailleurs, la comédienne Charlotte Hyams a certainement joué un rôle trouble d'intermédiaire entre Bardouillet et Lady Ogilvy : elle fréquentait d'autres victimes de Bardouillet ! Autant d'intrigues que le fameux Harry Dickson aura à débrouiller, sans compter la disparition, depuis quelques jours, du comédien Bell...
Extrait du quatrième de couverture.

L'affaire Bardouillet :
Ou Harry Dickson fait montre de ses talents pour le déguisement et l'espionnage de demoiselles. Première victime, Charlotte Hyams, une femme vers qui tout les soupçons semblent se porter, mais Harry Dickson la sous estime, commence alors une confrontation amusante entre les deux personnages. Une note d'humour et de tension sexuelle bienvenue qui ne dure, hélas, que quelques pages.
Le duel amical Dickson/Hyams fait décoller une histoire qui avait bien besoin de légèreté, plombée qu'elle est, dans sa première moitié, par une intrigue plus que banale. La découverte du meurtrier est elle aussi peu surprenante, même si l'auteur tente de la présenter de manière originale en impliquant de manière artificielle un personnage.

Le Portrait de Mr Rigott :
Mrs Rigott,
vénérable femme Anglaise a invitée des amis pour le tea time. Lors de l'après midi, un de ses invités lui apprend que la mairie a été cambriolée, le voleur n'aurait pas volé de biens précieux mais aurait mis la pagaille dans des documents officiels. Le soir même, le fils de Mrs Rigott disparaît, morte d'inquiétude, elle cherche le réconfort dans le portrait de son défunt mari... pour s'apercevoir qu'il a lui aussi disparut. Heureusement pour elle, Harry Dickson passait par là et très rapidement, il émet l'hypothèse que tous ces évènements sont liés.

Le cas de Maud Wantey : Harry Dickson accompagné par son élève Tom Wills (véritable acolyte boulet, déjà présent dans Le lit du diable) patrouillent dans le quartier malfamé de Rotherhite. Tout à coup, de la cave d'une maison de triste réputation Snake House, un cri retentit. Dickson et son élève accourent et découvrent une scène étonnante,
Gorrock, un émule de Jack l'éventreur et sa victime immobilent, la jeune femme est évanouie et sa joue arbore une cicatrice en forme de serpent, tandis que Gorrock, l'homme recherché depuis des mois par la police londonienne est hébété un couteau à la main. Après avoir maîtrisé sans peine le criminel et l'avoir conduit au commissariat, Gorrock meurt. Le commissaire ordonne une autopsie qui révèle des cicatrices sur son corps ayant la formes de serpents identiques a celui de sa victime.

Trois histoires de qualités variables avec quelques bonnes surprises, l'incursion dans le monde du théâtre et son personnage féminin pour l'affaire Bardouillet (un peu comme dans Cric Croc le mort en habit), l'ambiance so british du portrait de Mr Rigott et celle plus fantastique du cas de Maud Wantey mais globalement ses trois enquêtes sont un cran en dessous de celles présentes dans les deux premiers volumes.

L'affaire Bardouillet, Jean Ray, Éditions Le Cri [2007], 98 pages. Édition originale [1935]

Héros du Blues, du Jazz et de la Country

Robert Crumb est l'un des chefs de file de la bd underground américaine, de Fritz the cat (vo) à Mes problèmes avec les femmes (vf), ses bandes dessinées sont toujours saluées par la critique et le public mais pour tout vous dire les oeuvres de monsieur Crumb ne sont pas ma tasse de thé.
Il y a tout de même une exception, qui confirme la règle, ce Héros du Blues, du Jazz et de la Country me rend Mr Crumb très sympathique.

Terry Zwigoff, réalisateur (Bad Santa imdb, Ghost World imbd) et ami de longue date de Crumb (à qui il a consacré un documentaire imbd), préface le livre et raconte la genèse de son contenu.
Robert Crumb est un grand collectionneur de disques rares et un grand connaisseur de la musique Américaine du début du vingtième siècle.
Au début des années 80, Crumb réalisa trois séries de cartes à collectionner pour le compte d'une petite maison de disques, côté face : un portrait dessiné d'après photo d'un artiste si possible oublié, côté pile : une biographie succinte (mais écrite par des spécialistes). Le succès fut immédiat, depassé l'éditeur des débuts passa bien vite la main à une plus grosse maison d'édition pour une diffusion des cartes à plus grande échelle.
Vingt ans plus tard, ces trading cards sont devenues cultes et surtout introuvables (à moins d'y mettre le prix, bien sûr).
Ce livre commémoratif regroupe toutes les cartes recto/verso, soit les trois séries de trente six, toutes traduites en français.
A l'intérieur du livre, les trading cards se présentent simplement, page de gauche le texte, page de droite l'image correspondante. Si je n'ai que peu de choses à dire sur les textes et leurs contenus, des informations minimales mais essentielles, il en va autrement des illustrations de Crumb, magnifiques, colorées et détaillées (voir la couverture).

Les artistes présent dans ce livre cd n'ont sortis parfois qu'un disque voir une unique chanson, il y a de cela plus de 60 ans et pour la plupart d'entre eux, ce sont de parfaits inconnus. On retrouve tout de même quelques têtes familières : Skip James, Sam Collins, Menphis Minnie (blues), Louis Armstrong, Sidney Bechet, Benny Goodman (Jazz), Doc Boggs (country).
Des trois genres musicaux, la country est celui ou je n'ai reconnu qu'un seul artiste, suivit par le Jazz et le Blues (pour ce dernier, c'est une de mes musiques de prédilection, j'étais donc en terrain presque familier). Je suis persuadé que les spécialistes musicaux trouveront à redire sur ce livre, Héros du Blues, du Jazz et de la Country, il n'est pas exhaustif, ni même savant mais c'est un livre qui pousse son lecteur à la découverte d'artistes méconnus de trois genres musicaux peu connu en France et c'est déjà beaucoup.

La Country est probablement le genre musical le plus étonnant du livre et du cd avec ses banjos omniprésents et son ambiance de bal populaire (square dance ?) version Américaine. Le Blues et le Jazz par contre me semble être égaux à eux même et n'ont que peu vieilli même si les morceaux de Jazz présent sur le cd font très Jazz club des années 30. Les enregistrements, parlons en, ils ne feront pas l'unanimité car il s'agit d'enregistrements d'époque, sales, crachotants et grinçants.
La sélection sur le cd, compilée par Crumb lui même, n'est peut être pas la meilleure au niveau sonore mais elle plonge diablement bien l'auditeur dans l'ambiance, pour moi, ça vaut toutes les compilations musicales du commerce au son parfait. Globalement et en conclusion vous pouvez achetez ce livre cd les yeux fermés, mais avec les oreilles ouvertes, que ce soit pour vous ou un(e) ami(e), l'achat vaut largement le détour.

Le contenu du cd :

Les Héros du Blues

1 : Menphis Jug Band
On the Road Again
2 : Blind Willie McTell
Dark Knight Blues*
3 : Cannon'Jug Stompers
Minglewood Blues
4 : Skip James Hard Times
Killin'Floor Blues
5 : Jaybird Coleman
I'm Gonna Cross the River of Jordan - Some O'These Day
6 : Charley Patton
High Water Everywhere
7 : Frank Stokes
I Got Mine* (portrait sur la couverture)Les Pionniers de la Country
8 : Dock Boggs
Sugar Baby
9 : Shelor Family
Big Ben Gal
10 : Hayes Shepherd
The Peddler and His Wife
11 : Crockett's Kentucky Mountaineers
Little Rabbit*
12 : Burnett & Rutherford
All Night Long Blues
13 : East Texas Serenaders
Mineola Rag*
14 : Weems String Band
Greenback Dollar
Les Grands du Jazz
15 : Bennie Moten's Kansas City Orchestra
Kater Street Rag*
16 : King Oliver's Creole Jazz Band (avec Louis Armstrong, Johnny Dodds, Lil Hardin)
Sobbin'Blues
17 : Parham-Pickett Appollo Syncopators (avec Tiny Parham & Junie C.Cobb)
Mojo Strut
18 : Frankie Franko & His Louisianians (avec Ernest Punch Miller)
Somebody Stole My Gal
19 : Clarence Williams'Blue Five (avec Sidney Bechet)
Wild Cat Blues
20 : Jelly Roll Morton's Red Hot Peppers
Kansas City Stomps*
21 : Jimmy Noone
King Joe


Héros du Blues, du Jazz et de la Country, Crumb Robert, Traduction de l'anglais par Perdereau Cedric, Editions de la Martinière [2008] 240 pages + 1cd (21 titres), Édition Originale Harry N Abrams [2006]

*Vous trouverez dans le
player ci dessous 2 extraits par genre musical, je n'ai pas réussi à trouver la playlist complète sur Deezer (je crois que l'on trouve tout les titres sur Last Fm mais je n'ai pas vérifié).
Merci de ne pas mettre le player trop fort, ce blog est censé être une bibliothèque, chut ! =)


Install

Encore un roman Japonais avec une lycéenne en couverture et qui parle (un peu) de sexe, je ne le fais pas exprès, c'est juré =)

Asako est une jeune lycéenne très occupée car en plus de ses cours au lycée, elle va dans une école préparatoire pour intégrer une université cotée. La fatigue finit par la submergée et un beau jour, elle abandonne.
Après une bonne nuit de sommeil et avoir mis au point un plan pour que sa mère ne découvre pas qu'elle sèche, Asako réalise que quelque chose cloche dans sa vie. Elle fait d'abord le vide dans sa chambre et jette le superflu pour ne garder que le lit. Dans le local à poubelles de sa résidence, qui contient maintenant la quasi intégralité de sa chambre, elle fait la rencontre de Kazuyoshi un petit garçon de dix ans. Au fil de la conversation, Asako va se surprendre à confier à ce gamin inconnu qu'elle n'a rien à faire de ses journées. Kazuyoshi lui propose, pour gagner un peu d'argent et pour occuper son temps libre, de tenir conjointement, un tchat érotique.

Install est le premier livre de Wataya Risa, jeune auteure Japonaise originaire de Kyoto (équivalent Japonais de notre Marseille).
L'année de ses dix sept ans, pendant les vacances d'été, alors que les autres lycéens travaillent dur leurs examens d'entrée à la fac, Wataya tente d'échapper à ses études en écrivant Install. Un échappatoire qui lui permet de gagner en 2001 le prix Bungei. En 2003, elle est récompensée par le prix Akutagawa pour son deuxième roman Appel du pied, un prix qui, cette année là a été décerné à deux auteures simultanément, l'autre gagnante était Hitomi Kanehara pour son roman Serpent et Piercings.

Comme toujours chez Picquier le quatrième de couverture ne rend pas justice à ce livre, le résumé se focalisant sur l'aspect soi disant pervers de ce roman. Les amateurs de friponneries nippones risquent d'être vraiment déçu.
Install raconte l'histoire d'une jeune fille qui décide de faire une pause dans sa vie scolaire pour mieux se retrouver. L'héroïne surmenée de Wataya Risa n'est pas dupe de son sort, elle devra, un jour ou l'autre, retourner en cours et affronter sa mère. La fin du roman est d'ailleurs en cela une réussite car elle étend son propos aux adultes qui entourent Asako et Kazuyoshi. Il est juste dommage que l'auteure n'ai qu'effleurée le mal être des parents car si Asako est simplement surmenée, le problème de Kazuyoshi est directement lié à celui de ses parents, surtout à son père à qui il ne pardonne pas de s'être remarier.
Un premier roman prometteur, frais et léger sur le besoin de s'accorder du temps pour faire le point sur sa vie.

Install, Wataya Risa, traduit du Japonais par Patrick Honoré, Éditions Picquier [2009], titre original : Install, édition originale [2001], 109 pages

Star Trek New Frontier : House of Cards

"Life is not anticipation. Death is anticipation. Life is constant surprise." (page 75)

Star Trek New Frontier est une série de romans dérivée de l'univers Star Trek, the next generation (la nouvelle génération en vf et Star Trek tng pour les intimes).
L'univers de Star Trek New Frontier est une création originale de l'écrivain Peter David et de John J Ordover (ancien responsable de la collection Star Trek chez Pocket Books). Peter David est surtout connu pour ses romans inspirés de l'univers Star Trek, il en a écrit une quarantaine (Fleuve noir en a édité une dizaine en France dans sa collection Star Trek, il y a quelques années).
Hormis Star Trek, il a aussi écrit des romans de Babylon 5, Docteur Who, Battlestar Galactica et Buffy contre les vampires (centrés sur le personnage de Spike).
Du roman au comics, il n'y a qu'un pas que Peter David franchit allégrement avec des personnages comme Hulk (Futur imparfait avec Georges Perez, ou plus récemment World War Hulk), Spiderman (Friendly Neigborhood Spider-Man). Marvel lui aurait aussi confié le scénario du comic Halo (Halo : Helljumpers prévu fin 2009). Actuellement PAD (c'est son surnom) travaille sur une série dérivée d'X-Men : X-Force.

"What is your name ?"
"I am Spock" he said She looked at him, and her inability to disguise her amazement a sure tip-off to her mixed lineage. A purebred Vulcan would have made do with a quizzically raised eyebrow.
"Not...the Spock. Captain Kirk's Spock ?" and now he did, in fact, lift an eyebrow, in a manner evoking both curiosity and amusement.
"I was unaware, I was considered his property."

Soleta rencontre Spock

House of Cards est le premier roman d'une série qui en contient 18 (le dernier sortant, comme par hasard aujourd'hui, comme cet article en fait, un hasard...), il se doit donc de poser les bases de la série et son univers.
Autant le dire tout de suite que House of Cards ne contient pas une histoire principale mais une multitude d'histoires formant les débuts très ambitieux de la série. Chaque histoire étant liée à un des membres de l'équipage de l'Excalibur. La fin de ce volume verra le capitaine (voir le paragraphe suivant) prendre ses fonctions à bord. Les membres de l'équipage étant nombreux, ce prologue durera quatre volumes qui  seront réuni dans une édition ultérieure, à celle que je vous présente aujourd'hui.

En premier lieu dans House of cards, il est question de l'histoire de Mackenzie Calhoun, le futur capitaine. Son histoire se déroule, il y a 20 ans, alors qu'il n'était qu'un jeune résistant sur la planète Xenex (en vo) et qu'il tentait de survivre à l'invasion Danteri (en vo). La Fédération envoya une mission diplomatique pour tenter de régler le conflit de manière pacifique. La mission était menée par Jean Luc Picard.
La seconde s'intéresse à la métisse Soleta, mi-Vulcaine mi-Romulienne, et sa rencontre, il y a 10 ans, avec l'ambassadeur Spock lors d'une mission scientifique sur la planète mère de l'empire Thallonian (en vo). Elle deviendra l'officier scientifique de l'Excalibur.
La dernière plus intime raconte le retour sur sa planète du Dr Selar pour se marier. Un événement heureux qui va tourner au drame et laisser la future docteur Vulcaine de l'Excalibur traumatisée.

L'équipage de l'Excalibur est constitué de personnages secondaires de la série Star Trek tng (apparus lors d'un épisode ou deux) comme le Dr Selar, second médecin de l'Enterprise, d'autres de romans écrit par Peter David, Soleta provient de Starfleet académie (une quadrilogie de romans pour adolescents, racontant la jeunesse de plusieurs personnages phares de Star Trek tng). Les personnages originaux dans House of cards sont pourtant nombreux à commencer par capitaine Calhoun et tout ceux lié de près ou de loin à  l'empire Thallonian.
Comme vous pouvez le voir sur la couverture, les parrains de l'équipage sont Jean Luc Picard, capitaine de l'Enterprise (Star Trek tng) et Spock dans son rôle d'ambassadeur de la Fédération, histoire d'ancrer les personnages de Star Trek nf encore plus dans la continuité.

L'empire Thallonian régnait depuis 250 ans sur des centaines de planètes, un règne de terreur qui apportait pourtant un semblant de paix, mais aujourd'hui l'empire est en ruine (pour diverses raisons, mais certains soupçonnent le voisin, l'empire Danteri, d'y être pour quelque chose), la totalité de la famille royale a été exécutée et pour la première fois depuis longtemps des centaines de mondes se retrouvent libres. De vieilles querelles ayant plus de 200 ans refont surface et certaines planètes commencent à s'armer. La Fédération jadis tenu à l'écart par l'empire Thallonian, tente aujourd'hui d'empêcher que tout ce secteur de la galaxie s'embrase. Elle décide d'envoyer une mission diplomatique et humanitaire depuis leur base voisine Deep Space Five.

Mais avant cela il faut d'abord constituer un équipage et Peter David va s'y atteler dans les prochains volumes et moi aussi par la même occasion.
(second volume à la fin du mois pour plus de détails)
Mise à jour (02/2011) : En fait non dans deux ans... (je vais me cacher)

Star Trek New Frontier Book One House of Cards, Peter David, Editions Pocket Books[1997], 176 pages