Garfield, 30 ans de rires et de lasagnes


Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Garfield, il a été créé le 19 juin 1978 sous la plume de Jim Davis, je vous propose de commémorer cet anniversaire avec le livre édité, l'année dernière, pour ses trente ans (si cela ne vous suffit pas, vous pouvez jeter un oeil sur Garfield minus Garfield). J'ai rajouté dans l'article des strips en vo, allant de la première apparition de Garfield en passant par ses strips anniversaires (de haut en bas, pour les 10 ans, 20 ans, 30 ans). L'intégralité des strips présent dans le livre sont traduits en français.


"La philosophie de Garfield, c'est - Moi d'abord ! -
Il est égoïste mais ça ne le gêne pas. Il se goinfre et dort jusqu'à midi sans jamais s'excuser. Je pense qu'il symbolise ce que nous sommes tous au fond de nous-mêmes.
Mais Garfield peut se le permettre c'est un chat.
Si c'était un humain, il serait méprisable".
Jim Davis



En trente ans, les choses ont changées pour le chat orange, que ce soit en terme de design et de popularité, ce livre anniversaire est une compilation de planches classées par décennies (1978-1988, 1988-1998, 1998-2008) et mélangeant strips en noir et blanc et d'autres en couleurs, une mise en forme idéal pour découvrir les évolutions récentes ou passées.
Chaque décennie est préfacée par Jim Davis, le dessinateur, expliquant ce que la période a signifié pour lui.
La première décennie et ses débuts difficiles (Jim Davis a attendu 8 ans avant de trouver un éditeur pour Garfield), la deuxième décennie, le début des publications à l'étranger et la confirmation du succès aux Etats-Unis, la troisième ou le personnage se confronte aux nouvelles technologies (cinéma, internet, télé...) et la confirmation de son succès planétaire.
En suppléments de ces trois témoignages, l'éditeur a disséminé des dizaines petits textes de l'auteur entre les planches, ces textes (entre quatre et six lignes) sont des sources d'informations étonnantes et parfois précieuses sur Garfield (les deux premières esquisses du chat Garfield, reproduites dans le premier chapitre, sont incroyablement... ratés mais reste des curiosités marrantes).

A partir du deuxième chapitre, le livre propose une présentation des personnages par Davis, lui même. On apprend d'ailleurs dans ces présentations que la famille de John Arbuckle est inspirée par la propre famille de Davis. La plus gros faiblesse de ce livre se trouve justement dans ces "présentations" car elle ne présentent pas tout les personnages de Garfield, juste ceux qui apparaissent actuellement dans la série, exit donc, Lyman l'ancien colocataire de John et premier propriétaire d'Odie (deuxième personnage en partant de la gauche sur le strip anniversaire juste au dessus).
Garfield, 30 ans de rires et de lasagnes comporte un quatrième chapitre ou Jim Davis commente certaines de ses planches, une idée fascinante mais développé sur, seulement, une petite trentaine de pages. Frustrant.

Ce livre n'est pas la bible parfaite sur Garfield mais elle s'en rapproche grandement, il manque juste quelques éléments biographiques sur l'auteur et une présentation plus complète des personnages. Les livres anniversaires sur Garfield sortant au rythme de un tous les cinq ans, la prochaine édition sera peut être parfaite.
Une édition cartonnée solide, une impression sur papier glacé classieuse, Garfield, 30 ans de rires et de lasagnes est un beau livre qui mérite amplement vos 20€ (environ).

"J'ai reçu des milliers de lettres de gens me racontant les histoires de leurs chiens et de leurs chats. J'ai ainsi appris que les amoureux des chats ont davantage d'humour que ceux qui aiment les chiens.".
Jim Davis

Ps : Le dernier tome des aventures de Garfield traduit en France est le tome 48 Garfield au travail ou il fête ses 27 ans, Dargaud l'éditeur Français a donc 4 ans de retard sur la parution Américaine.

Garfield 30 ans de rires et de lasagnes, Jim Davis, Traduit de l'Américain par Tom D. Belthomas, Editeur Dargaud[2008], Edition originale Paws [2008], 288 pages.

J'aime pas les autres

J'aime pas les autres est un récit autobiographique romancé.
L'auteur a choisit de ne proposer au lecteur qu'une sélection de moments de sa jeunesse avec en guise de fil rouge, ses confrontations avec "les autres".

"Il faut dire que, dés que les autres se retrouvent à plus de trois mâles dans un lieu clos, leur niveau de conversation à tendance à se réduire au minimum (et même en deçà du minimum, si la conversation porte sur une femme ou les femmes), qu'ils soient généraux, cardiologues ou chefs de chantiers."


Jacques André Bertrand est un écrivain Français (originaire d'Ardêche). Journaliste de formation, une carrière qui durera 12 ans, mais qu'il abandonnera finalement pour accomplir son rêve d'enfance, être écrivain (dix huit livres publiés à ce jour). Il est aussi l'un des participants de l'émission Les papous dans la tête sur France Culture.

"Quand on se sent seul, il vaut mieux, être seul tout seul que seul en groupe."

Dés son plus jeune âge, Anatole Berthaud subit la pression des autres, la première de son enfance, celle de son père, un maître d'école rigide qui semble tenir plus à sa réputation qu'a son fils.
Avec l'âge la pression du père s'estompe, pour laisser la place à d'autres moins familiales, comme ce séjour à l'hôpital traumatisant ou il a l'impression que des menuisiers l'opèrent du genou avec des scies sans oublier le pion sadique du pensionnat, la terreur de son adolescence, qui provoque son renvoi pour faire un exemple (alors qu'il est innocent).
Après le collège, le lycée et son initiation à la sexualité par une
gentille "professionnelle" qu'il fallut tout de même payer, le service militaire ne sera pas forcement une période plus brillante pour lui car le narrateur (Anatole Berthaud = Jacques André Bertrand) est très vite catalogué comme tête de turc, Anatole n'a pas l'esprit de groupe et n'a pas envie de l'avoir. Des problèmes, il en aura encore plus avec le beau sexe, mais ça, c'est une histoire que je vous laisse découvrir.

Le narrateur raconte son enfance, sa rencontre avec les autres, cette bouchère qui lui parlait génétique ou cette petite fille qui voulait jouer au docteur mais qui refusait d'être ausculter (maligne la gosse !). Le narrateur fait parfois preuve d'un mauvais esprit confondant devant les petites misères que lui fait la vie. Heureusement pour le lecteur, l'auteur fait aussi preuve d'une grande dérision, ce qui lui permet d'inviter Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir pour commenter , dans les derniers chapitres, ses déboires avec les femmes et son manque jugeote pour gérer ses relations avec elles.
J'ai bien aimé cette trop courte biographie romancée d'un écrivain soixante-huitard (Bertrand avait 22 ans au moment de mai 68) et je crois que vais m'intéresser un peu plus à ses livres à partir d'aujourd'hui.

J'aime pas les autres, Jacques A. Bertrand, Éditions 10/18 [03/2009], Édition originale Julliard [2007], 125 pages

Le chat et le diable

Un pont ? Bien sûr que les habitants de Beaugency en voulaient un, mais que leur en coûterait-il ? « Pas un sou, dit le diable, tout ce que je demande, c'est que la première personne qui passera le pont m'appartienne. » Le maire accepte le marché. Le pont est construit en une nuit et, au matin, les villageois, ravis et apeurés, contemplent le prodige. Mais personne n’ose traverser. Le maire arrive alors, tenant d’un bras un seau d’eau, de l’autre un chat...

Exceptionnellement, pour cet article informatif, je ne ferais pas le résumé de ce livre, le petit texte reproduit plus haut racontant déjà une grande partie de l'histoire (les trois quart du livre en réalité).

Pour la première fois édité en France en 1966, le seul conte pour enfants écrit par James Joyce a été réédité cette année dans un fac-similé de l'édition originale.
Cette édition est en tirage limité et dans le cadre d'une offre promotionnelle (2 livres achetés dans la collection l'imaginaire chez Gallimard = un le chat et le diable offert*). On peut aussi le trouver sur des sites d'enchères en lignes, à des prix encore raisonnables (8€).

Bien qu'il s'agisse d'un conte pour enfants, cette édition ne leur est pas destinée, les fins dessins à l'encre de Chine et le style parfois abstrait de Jean Jacques Corres ne rendant pas ce livre très attractif pour les enfants. Je ne parle pas du papier granuleux ,sur lequel elles sont reproduites, très beau, mais fragile. Une édition pour les amateurs de beaux livres à garder hors de portée des petites mains pleines de Nutella.

Les parents soucieux d'offrir à leur progéniture (gavée de Chocapic), un conte de James Joyce se tourneront plutôt vers l'édition moderne et colorée chez Folio Benjamin (ici). Elle est conseillée par l'éducation nationale et date de 1978, mais elle est toujours réédité depuis cette date. Cette édition pour la jeunesse (Pokémon) présente l'avantage d'avoir une préface de Stephen Joyce, à qui son grand père écrivain avait destiné ce conte à l'origine.
Un conte irlandais qui se déroule en France écrit par l'auteur d'Ulysse reste une bonne affaire quelque soit l'édition que vous choisissez.

* Officiellement voilà comment fonctionne cette offre, mais si comme moi, vous connaissez votre libraire, il vous sera offert sans obligation d'achat =p.

Le chat et le diable, James Joyce, Illustration Jean Jacques Corre, Traduit de l'anglais par Jacques Borel, Edition Gallimard [2009], Edition original Faber & Faber [1965], Edition Originale Française [1966]. 64 pages