J'aime pas les autres

J'aime pas les autres est un récit autobiographique romancé.
L'auteur a choisit de ne proposer au lecteur qu'une sélection de moments de sa jeunesse avec en guise de fil rouge, ses confrontations avec "les autres".

"Il faut dire que, dés que les autres se retrouvent à plus de trois mâles dans un lieu clos, leur niveau de conversation à tendance à se réduire au minimum (et même en deçà du minimum, si la conversation porte sur une femme ou les femmes), qu'ils soient généraux, cardiologues ou chefs de chantiers."


Jacques André Bertrand est un écrivain Français (originaire d'Ardêche). Journaliste de formation, une carrière qui durera 12 ans, mais qu'il abandonnera finalement pour accomplir son rêve d'enfance, être écrivain (dix huit livres publiés à ce jour). Il est aussi l'un des participants de l'émission Les papous dans la tête sur France Culture.

"Quand on se sent seul, il vaut mieux, être seul tout seul que seul en groupe."

Dés son plus jeune âge, Anatole Berthaud subit la pression des autres, la première de son enfance, celle de son père, un maître d'école rigide qui semble tenir plus à sa réputation qu'a son fils.
Avec l'âge la pression du père s'estompe, pour laisser la place à d'autres moins familiales, comme ce séjour à l'hôpital traumatisant ou il a l'impression que des menuisiers l'opèrent du genou avec des scies sans oublier le pion sadique du pensionnat, la terreur de son adolescence, qui provoque son renvoi pour faire un exemple (alors qu'il est innocent).
Après le collège, le lycée et son initiation à la sexualité par une
gentille "professionnelle" qu'il fallut tout de même payer, le service militaire ne sera pas forcement une période plus brillante pour lui car le narrateur (Anatole Berthaud = Jacques André Bertrand) est très vite catalogué comme tête de turc, Anatole n'a pas l'esprit de groupe et n'a pas envie de l'avoir. Des problèmes, il en aura encore plus avec le beau sexe, mais ça, c'est une histoire que je vous laisse découvrir.

Le narrateur raconte son enfance, sa rencontre avec les autres, cette bouchère qui lui parlait génétique ou cette petite fille qui voulait jouer au docteur mais qui refusait d'être ausculter (maligne la gosse !). Le narrateur fait parfois preuve d'un mauvais esprit confondant devant les petites misères que lui fait la vie. Heureusement pour le lecteur, l'auteur fait aussi preuve d'une grande dérision, ce qui lui permet d'inviter Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir pour commenter , dans les derniers chapitres, ses déboires avec les femmes et son manque jugeote pour gérer ses relations avec elles.
J'ai bien aimé cette trop courte biographie romancée d'un écrivain soixante-huitard (Bertrand avait 22 ans au moment de mai 68) et je crois que vais m'intéresser un peu plus à ses livres à partir d'aujourd'hui.

J'aime pas les autres, Jacques A. Bertrand, Éditions 10/18 [03/2009], Édition originale Julliard [2007], 125 pages

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