Confessions d'une accro du shopping

Les avant-premières au cinéma c'est toujours formidable, le prix de la place est moins chère et le cinéma organise toujours un petit tirage au sort avec des lots à gagner.
Quand je suis allé voir confession d'une accro au shopping (Imdb) au mois de mai dernier, je pensais me changer les idées avec une comédie légère mais lors du remplissage de mon bon de participation, je me suis aperçu que le premier lot du tirage au sort national était plus qu'intéressant. Rendez vous compte, un séjour à New York !. Il n'en fallait pas plus pour me faire espérer, alors imaginez ma mine déconfite quand j'ai vue que mon prix, c'était ce "joli" petit livre rose.

Rebecca Bloomwood, Jeune journaliste de 25 ans s'ennuie ferme dans son travail et pour combler son ennui, fait chauffer ses cartes bleues dans les boutiques chics de Londres. Malheureusement pour elle et malgré sa bonne volonté, elle est incapable de gérer un budget et se retrouve criblée de dettes, un comble pour une journaliste financière chargée de conseiller ses lecteurs dans la gestion de leur argent. Bien vite les huissiers sont à ses trousses, leurs lettres d'amours s'accumulent.
Rebecca va devoir réduire ses dépenses ou trouver un emploi mieux payer et faire face à ses créanciers. Plus facile à dire qu'a faire surtout quand on ne possède pas la moindre volonté et que l'on est toujours prête à se trouver des excuses pour continuer à dépenser.

Jamais je n'aurais cru apprécier un livre pour filles mais force est de constater que Sophie Kinsella, de son vrai nom Madeleine Wickham, est vraiment douée pour rendre son personnage principal attachant et cela malgré son matérialisme et sa superficialité à fleur de peau.
Comme son héroïne, Kinsella est londonienne et ancienne journaliste financière mais rien ne confirme qu'il s'agit d'un autoportrait.
Rebecca Bloomwood est doter d'une imagination débordante mais aussi d'une naïveté confondante, capable de se mettre dans des situations gênantes et de continuer à les faire empirer encore et toujours. heureusement elle est très vive pour esquiver les ennuis à l'aide d'un petit arrangement avec la vérité. Elle est aussi incapable de faire fasse à son problème de dépenses compulsives, pour elle, le shopping est devenu aussi naturel que de respirer. Entre chaque chapitres, Sophie Kinsella pousse le vice jusqu'à montrer des fac-similés des lettres de relances que reçoit Rebecca et les petites astuces qu'elle tente pour les faire patienter (ex : envoyer une boite de chocolats à son banquier)

Avec ce personnage d'incorrigible godiche, il ne surprendra donc personne que madame Kinsella ai écrit 4 suites à ce roman et qu'elle est participée au scénario du film (c'est une compilation des deux premiers volumes de la série).
J'ai préférer illustrer cet article avec l'affiche américaine du film, celle ci étant plus belle que la française.
Voilà maintenant que j'ai confessé cette lecture insolite reste une question non résolue, vais-je, oui ou non, oser lire la suite (vos pronostiques dans les commentaires ^^)

Confessions d'une accro du shopping, Sophie Kinsella, Traduit de l'anglais par Isabelle Vassart, Editions Pocket[2004], Titre original : The secret dreamworld of a shopaholic, Edition original : Black Swan Books [2000], 370 pages

Comment j'ai fumé tous mes livres

Il y a dans les polars un luxe de détails sur le vêtement, les voitures, les caractéristiques morales et physiques des personnages. Autant de détails qui rendent presque réelle l'immersion dans un milieu, celui des malfrats, des détectives, des policiers ou des laissés pour compte.

Septembre c'est le mois de la rentrée littéraire, la rentrée littéraire avec sa brouette de livres publiés, ses écrivains stars et ses fameux livres qu'il faut avoir lus pour être dans le coup., moi je m'en fiche comme de l'an quarante de la rentrée littéraire et d'être in encore plus, je vous propose donc un marché. Plutôt que d'acheter le dernier Nothomb (qui ne plaira à personne à part à ses fans), je vous propose de lire un livre plus léger et original que celui de la japonisante belge et pour le même nombre de pages, l'humour en plus (et la photo d'Amélie en pyjama sur la couverture en moins). En échange de votre sacrifice, je me propose de ne pas le lire non plus ;o) .

Fatma Zorha Zamoun est une romancière d'origine algérienne venu pour la première fois en France pour suivre ses études une Licence d'études Cinématographiques et Audiovisuelles à la Sorbonne obtenue avec brio. depuis la fin de ses études, elle jongle entre son travail "sérieux", elle est enseignante en histoire de l'art à l'université de Marne-la-Vallée (la ville de Mickey et de Spiderman) et des incursions dans le monde du cinéma. De la réalisation à la scénarisation de quelques courts métrages, Fatma Zorha Zamoun est une touche à tout. Comment j'ai fumé tous mes livres est son dernier roman en date (2006).

Parce qu'elle vient de se faire renvoyée de son travail d'attachée-de-presse-en-édition, un poste qu'elle occupait depuis 5 années, une jeune femme décide de mettre sa vie en pause.
Elle trouve un petit appartement en sous location et un job à mis temps de vendeuse en assurance par téléphone. La paye est médiocre et les temps sont dures. Un nouveau départ pour faire le point.
Son ancienne vie est pourtant toujours là au travers de sa bibliothèque, des livres de son enfance qu'elle a aimés, aux livres accumulés pendant ses études de journalisme, tout est toujours là et dans un autre registre son addiction au tabac est, elle aussi toujours présente.
Alors comme l'argent vient à manquer pour s'acheter ses cigarettes. elle décide de vendre ses livres, de les transformer en argent pour s'acheter du tabac.
La narratrice est une femme qui ne fait rien simplement, pour vendre ses livres, elle décide de les classer dans un ordre précis de vente, ses livres devront lui fournir cinq années de tabac, rien de plus rien de moins.

Ce livre conte les cinq années durant lesquelles une jeune femme se cherche. Le récit est rythmé par l'écoulement de ses livres et ses voyages bimensuel entre le libraire, pour transformer ses livres en argent et le buraliste pour acheter son tabac. Entre ses évènements récurrents, l'héroïne parle des hommes qui partagent sa vie et des mensonges qu'elle leurs raconte (une vrai mythomane =) ), du monde littéraire qu'elle connaît bien. Sa haine des journalistes-écrivains et de leurs pseudo-livres sonne très juste.
La narratrice est un personnage touchant pour qui chacune de ses livre est une émotion, un souvenir, une impression ou un voyage.
Chaque vente lui fournit un tabac au goût de livres, pour elle la vente de quelques Conan Doyle donne au tabac une saveur Londonienne qui la transporte dans un Londres élisabéthain (l'extrait plus haut provient du chapitre ou elle se débarrasse de ses polars).

J'aime beaucoup cette héroïne très imaginative probablement parce qu'elle me ressemble un peu (mais moi je ne fume pas et je ne vendrais jamais mes livres, jamais !).
Je conseillerais volontiers ce livre aux grands lecteurs qui ce reconnaîtront forcement dans l'héroïne et aux fumeurs pour les même raisons (ou ceux qui ont récemment arrêtés).

Fumer peut provoquer des maladies graves (mais ça je m'en fiche c'est votre vie !) mais aussi vous obligez à vendre vos livres et là je ne suis pas d'accord donc ne fumez pas ! =o)

Comment j'ai fumé tous mes livres, Fatima Zohra Zamoun, La chambre d'échos [2006], 124 pages

La police est accusée

"... enquète menée au petit bonheur... Incapables soucieux avant tout de se faire mousser... Scandaleuse incompétence... Ballard connait la musique. Conbien de fois lui a-t-on servi ce refrain au cours de sa carrière ? des milliers. Mais le Bureau des Personnes Disparues ne peut plus rien dans l'affaire Nichols. Le malheureux a été retrouvé. Mort sans doute, mais il a été retrouvé. Le dossier est donc clos. Eh bien, la veuve n'apprécie pas. Nichols est vivant clame t'elle. Pourquoi ? Comment ? Que sait elle ? Elle ne dira rien. Le bureau n'a qu'a retrouver son mari. Et vivant cette fois. Ben voyons ! le Bureau n'a qu'à..."
résumé du quatrième de couverture.

Pour un auteur de polars et de romans noir, né au début du siècle (1917), les polars de David Goodis sont encore très bon à lire et possèdent encore une noirceur inattendue (y compris ses livres écrient dans la période très prude des fifties).
Tout le monde connaît l'oeuvre David Goodis même ceux qui ne l'ont pas lu grâce aux multiples adaptations cinématographiques donc ses polars ont fait l'objet, Les passagers de la nuit (Dark Passage en vo) avec Bacall et Bogart (imbd), Rue Barbare (imbd), La lune dans le caniveau avec notre Gégé Depardieu national (imdb). Le succès son deuxième roman Dark passage (une traduction française onirique nommera ce même livre : Cauchemar) lui ouvrira les portes des studios Warner d'abord en tant que scénariste sur l'adaptation de son livre puis en tant que collaborateur régulier. Hélas, au début des années 50, des ennuis familiaux et un retour précipité dans sa ville natale vont miner son succès et le plonger dans l'alcoolisme, tout en continuant de publier polars et romans noirs, la vie de David Goodies s'enfonce de plus en plus dans les nuits de Philadelphie entre bars sordides et filles faciles.
En 1967, David Goodis meurt d'une cyrose du foie. Peu de temps après son decès ses livres sont en rupture de stock aux Etats-Unis (Il faudra attendre 1987 pour qu'ils soient tous de nouveau republiés).
Pour terminer sur une note plus legère, le premier travail alimentaire de David Goodis après sa sortie de l'école de journalisme, et en attendant que son premier roman soit publié par un éditeur, fut d'écrire des scénarios de séries radiophoniques dont celle d'un certain Superman.


La police est accusée est un roman très secondaire dans la longue liste des polars de David Goodis, secondaire oui, mais pas inintéressant.
Bien que Goodis se moque clairement de son intrigue policière et de la découverte d'un quelconque coupable (l'intrigue reste très basique du début à la fin et ne réserve que peu de surprises), c'est surtout le portrait de son héros, le chef du département des personnes disparues Ballard, qui scotche le lecteur. David Goodis trace, ici, le portrait d'un flic modèle en apparence, droit dans ses bottes, paré de toutes les qualités d'un bon policier qui va jusqu'à sacrifier sa vie personnelle en multipliant les heures supplémentaires et mettre à mal sa santé pour le bien de la communauté (qui ne le lui rend évidement pas). Un flic parfait, oui mais en réalité il est surtout atteint d'un complexe du messie aggravé. Les ennuis qui s'accumulent, les médias qui mènent une campagne contre lui, ses problèmes conjugaux et l'enquête du bureau du procureur sur ses méthodes de travail finiront par le faire revenir à son statut d'être faillible.

David Goodies préfigure avec 30 ans d'avance dans ce polar mineur ce que seront les scénarios de séries télévisées policières cultes comme Hill Street Blues (imdb) ou NYPD blues (Imdb), tout simplement.

La police est accusée, David Goodis, traduit de l'américain par Jean Rosenthal, Librairie des Champs-Elysées, Collection du Masque [1986], 150 pages, Titre original : Of missing persons, Edition original [1950]

La couverture qui illustre cet article est la couverture de la première édition française [1951] aux editions Ditlitisn dans la collection de La Chouette.

Note : Comme il ne m'a pas été possible de scanner la couverture de mon livre, celle ci ayant subit une restauration très laide de bouquiniste amateur (du Scotch pas vraiment transparent un peu partout).
Je me vois dans l'obligation de vous en proposer une autre (en provenance du net)