Rafael, derniers jours



"Il est illettré, alcoolique, père de trois enfants, sans travail ni avenir. Il survit près d'une décharge publique, quelque part dans le sud-ouest des Etats-Unis. Mais l'Amérique ne l'a pas tout à fait oublié. Un inconnu, producteur de Snuff films, lui propose un marché : sa vie contre trente mille dollars. Il s'appellle Rafael et il n'a plus que trois jours à vivre... "
Résumé du quatrième de couverture




"Tu vas voir Gregory Mcdonald c'est génial ; tu vas aimer" me prédisait avec insistance un ami... Oui et bien il faut se méfier de ses amis. Ils ont parfois de drôle de lectures.

Gregory McDonald est un journaliste écrivain comme il y en a temps, son domaine de prédilection est le polar, bien qu'il ne dédaigne pas le roman noir, ce Rafael, derniers jours fait partie de la seconde catégorie (selon mes critères). Dans les pays anglo-saxons, il est surtout connu pour sa longue série de polars ayant pour héros le détective Fletcher (dit Flech).
En France, son cas est un peu différent, car seul ce livre est actuellement traduit (première traduction en 1996) et depuis plus rien. Sa série Fletch a été traduit il y a 20 ans (chez 10/18) mais n'a jamais été rééditer depuis. Rafael, derniers jours à quand même permit à son auteur de gagner en France le trophée 813 (?) et de se faire un peut connaître dans notre beau pays (mais visiblement pas assez pour retraduire et republier ses polars).
Un film a été tourné d'après le livre : The Brave avec Johnny Depp dans le rôle titre (Imdb).

"Ce roman américain est, en pesant les mots un très grand livre. (...) Ce roman Brûle les boyaux. Il est à lire d'un seul trait. Et d'urgence."
André Rollin, Le canard enchaîné


"Ce roman vous clouera sur place et déclenchera dans votre tête un hurlement qui ne s'achèvera pas avant la dernière page tournée."
France-Soir


Une jolie couverture et une quatrième de couverture qui en rajoute dans les superlatifs... je me suis fait avoir comme un bleu.
Rafael, derniers jours prétend redonner une dignité à un population pauvre (le héros est issu de la population White Trash américaine (?) et bien ce n'est pas le cas.
C'est même plutôt l'inverse, jamais je n'ai compatis avec la situation tragique de Rafael, tellement l'auteur donne dans le misérabilisme et accable son pauvre personnage jusqu'à l'écoeurement (le mien en tout cas). Pire Gregory Mcdonald cache mollement l'aspect christique de son personnage qui tel Jésus Christ, subit le délit de faciès, l'incompréhension de l'homme de la rue, l'acharnement des autorités et la trahison d'un être proche.
Le traitement manichéen de ses personnages est lui aussi risible (les gentils sont pauvres, les autres, ceux qui ont-un-travail sont méchants et racistes). Il y aussi dans ce livre, un discours sous jacent très condescendant envers la pauvreté et ses victimes qui m'a mis très mal à l'aise.
Un livre à éviter donc.

Rafael, derniers jours, Gregory Mcdonald, Traduit Jean-François Merle, Édition 10/18 [2005], Titre original The Brave, Édition originale [1991], 191 pages.

7 commentaires:

Vance a dit…

Moi c'est par ton accroche que je me suis fait avoir ! Je devrais te haïr, tiens... Mais merci pour ta sincérité et ta clairvoyance.

Cultiste a dit…

"Du snuff movie dans la bibliotheque" ?
Je ne l'ai même pas fait exprès... ^^

Ps : j'ai beau trouvé ce livre médiocre voir puant, Je vais probablement donner une seconde chance à l'auteur en lisant un de ses polars (et donc forcément en anglais).

Gromovar a dit…

Sur le fond, ce que tu dis est bien dans le livre, mais je trouve à l'inverse de toi que le traitement est réussi, justement parce que je trouve qu'il évite le pathos facile.S'il avait versé dans le pathos, je l'aurais pas aimé ce livre (je crois ne pas être réputé pour mon amour des bons sentiments).

Sur l'aspect christique, tu oublie le chemin de croix avec ses enfants dans les bras ;-)

Cultiste a dit…

Je ne demande pas non plus de bons sentiments juste des personnages moins manichéens et un sujet traité avec moins de clichés hollywoodiens absurde. La scène d'adieu à sa femme sur fond de couché de soleil au sommet de "la montagne" est juste risible alors qu'elle devrait être poignante et que dire de la révélation finale tellement prévisible.

Gromovar a dit…

Je trouve justement que le côté unilatéral des adieux évite le ridicule ^_^

Et plus globalement que le côté unilatéral du livre est ce qui le sauve.

Ftagh'n

Cultiste a dit…

Je trouve que dans le même style Précious est bien meilleur et beaucoup plus unilatéral. Ftagh'n aussi :)

Gromovar a dit…

Je le mets dans la LAL