Bons Baisers de la Grosse Barmaid

Cher éditeur
[...] La prochaine fois qu'on se rencontre cher pignouf de sous-homme d'éditeur et que je te soumet un texte Je pourrais peut-être sauter sur ton bureau et presser le canon d'un flingue entre tes yeux écartés qu'on ait une conversation authentique sur ce que je fais en tant qu'artiste a savoir me découper la bidoche et en recouvrir de morceaux sanglants [...]

Avoir un père célèbre est parfois un bon moyen pour certains de ce tracé un avenir sans faire d'efforts. Un petit coup de main de papounet et on se retrouve propulsé futur président d'un organisme public, ou pour une actrice sans talent mais à grande gueule (comme son paternel d'ailleurs) couronnée d'un César. Je vous laisse deviné qui est qui ^^.

Dan Fante lui à choisi la voie de la difficulté, après ses études, il navigue entre plusieurs boulots (chauffeur de taxi, serveur, etc) et alcoolisme. De Los Angeles à Nex York, 20 ans de galères.
A l'âge de 45 ans, après une fréquentation régulière des Alcooliques Anonymes et le choc de la mort de son père, il se décide enfin à écrire un premier roman (Les anges n'ont rien dans les poches). Son écriture est évidemment dans la droite ligne de celle de son père ( John Fante pour ceux qui n'aurait pas encore compris) et on le considère généralement comme meilleur écrivain. Il compte parmi ses admirateurs et amis ce "vieux dégueulasse" de Charles Bukowski.
Je ne vais pas trop entrer dans les détails biographiques de la famille Fante car j'ai encore deux livres signés Fante dans mes brouillons (un du père et un autre du fils).
Les éditions 13e Note ont décidé d'éditer les romans (anciens et nouveaux) de Dan Fante. Cerise sur le gâteau, l'éditeur publiera aussi ses recueils de poésies (deux à ce jour, celui ci est le premier).

Ma précieuse sécurité nationale est préservée
par un monsieur à la voix douce persuadé que faire cramer
quelques centaines de milliers de bébés
c'est pas cher payé pour un indice de popularité de 58 %

La poésie ce n'est vraiment pas quelque chose que je lis habituellement mais l'extrait qui orne la quatrième de couverture (premier extrait de l'article) m'a convaincu de mettre la main au portefeuille (15 €).
Plus de 80 poèmes rédigés en vers libres ou Dan Fante aborde des thèmes familiers de ses romans, l'alcool, le sexe voir les deux en même temps.
Les poèmes qui m'ont le plus touchés sont justement ceux qui n'abordent pas ses deux sujets . Trop prévisibles et attendus à mon goût.
Ceux ou Fante fait partager au lecteur son monologue intérieur sont clairement au dessus du lot.
Dans ses poèmes autobiographiques, j'y ai découvert un type plus sensible que d'habitude, un homme faillible qui se demande si il est capable d'aimer réellement ou ses peurs de détruire le bonheur que lui apporte son récent mariage (ses problèmes avec l'alcool lui ont coûtés les précédents) .
Dans un autre registre mais tout aussi personnel, Dan Fante rend hommage à son père par deux fois puis à son frère dans un unique poème particulièrement cru.
Certains poèmes sont consacrés à ses amis/pères spirituels, Hubert Selby Jr, Jack Kerouac, décédés trop tôt des effets secondaires d'une maladie qu'il connaît trop bien (l'alcoolisme encore et toujours).
Ce recueil de poésies est un complément agréable aux romans de Fante et préfigure son autobiographie, actuellement en cours d'écriture.

Bon baisers de la grosse barmaid, Dan Fante, Traduit de l'anglais par Patrick Carrer, 13e note Édition [08/2009], Édition Originale : Sun Dog Press [2008], 220 pages

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