La bête contre les murs

Voici le second livre de mon challenge Télérama.

Lorsqu'il arrive à San Quentin, Ronald Decker est "jeune et paraît encore plus jeune qu'il ne l'est en réalité". Earl Copen, lui, y purge sa troisième peine d'emprisonnement. Emu par Ron, en qui il se retrouve, il lui apprend à survivre dans un lieu où la raison du plus fort est toujours la meilleure, où la haine raciale est exploitée par une administration défaillante et où la mort paraît la seule issue possible.

Adolescent perturbé en révolte contre ses parents divorcés, Edward Bunker fugue de son internat et commet de menu délits (vols, bagarres). A 17 ans, il se retrouve finalement à St Quentin, l'une des prisons les plus violentes. Dés lors il fait se succéder les séjours en prison et les tentatives de réinsertions. Il faut dire qu'entre les vols à mains armées et les deals de drogues, Bunker est un multirécidiviste. C'est durant ses années d'emprisonements qu'il commence à écrire. Son premier livre : No beast so fierce (Aucune bête aussi féroce en vf) et publié en 1973 lors de sa dernière sortie de prison. Quatre ans plus tard il publie Animal Factory (la bête contre les murs), largement inspiré par son premier séjour à St Quentin. Le cinéma s'intérresse de plus en plus à lui avec une adaptation de son premier roman rebaptisé Straight Time, le récidiviste en vf (Imdb) . On lui offre aussi un second rôle dans le film ce qui lui permet de faire ses premiers pas devant la caméra. Depuis cette première expérience, les seconds (voir troisièmes ) rôles se suivent, Running Man (Imbd), Tango et Cash (Imdb) mais c'est son rôle en 1999 dans le Reservoire dogs (Mr Blue c'est lui) de Quentin Tarentino qui le révèle en France. Né en 1933, Eward Bunker nous a quitté en juillet 2005. Son autobiographie est parue en 2001 sous le titre L'éducation d'un malfrat (Education of a felon en vo).
La bête contre les murs à connu une adaptation cinématographique, en 2000, sous son titre original Animal Factory (Imbd) réalisé par Steve Buscemi avec Edward Furlong, Mickey Rourke, Dany Trejo (meilleur ami de Bunker) et Willem Dafoe.

J'ai passé un bon moment avec ce livre mais je n'ai pas été impressionné La bête contre les murs est un livre qui a vieillit. le cinéma (un prophète) et la télévision (La série télé Oz en tête) lui font accuser son âge.
Pourtant le livre est bon, les personnages sont réussis, la violence physique ou psychique est bien présente. La description des tensions raciales entre prisonniers est inquiétante et l'amitié entre Earl et le jeune Ronald est touchante.
Mais non, rien n'y a fait je n'ai pas accroché à ce livre et ce n'est pas les meurtres sanglants ou les promesses de viols sous les douches qui aurait pu susciter en moi un intérêt autre que poli. J'ai eu l'impression d'assister à une énième histoire sur les prisons américaines.
En bref, La bête contre les murs est un livre daté qui à eu le malheur de tomber entre mes mains bien trop tard. Ce qui faisait son originalité dans les années 70 est aujourd'hui devenu monnaie courante. Il se savoure pourtant comme un bon film, il fait passer un bon moment mais il ne vous marquera pas.

Prochain article du challenge : J'étais Dora Suarez de Robin Cook


La bete contre les murs, Edward Bunker, Traduit de l’Américain par Freddy Michalsk, Edition Payot, collection Rivage/Noir[1994]. Titre original : Animal Factory, Edition Original [1977], 296 pages

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