Challenge Télérama : conclusion et Kobayashi maru


C'est fini ou presque (voir un peu plus bas) et ça me soulage à un point que vous n'imaginez pas. J'ai l'habitude de varier mes lectures, varier mes plaisirs en quelque sorte et ce challenge à eu des effets secondaires inattendus. Du roman noir du polar pendant huit semaines cela a été parfois très dur pour moi, le genre noir est en général plutôt déprimant. Traditionnellement je contrebalançait un livre "noir" par un livre léger. Le challenge ne m'a  permit d'avoir recours à cet artifice, les huit semaines se sont transformé en sept et au huit livres d'origine se sont ajoutés les quatre livres de l'Usine. Plongé dans un océan de roman noir, malgré la qualité de la collection de Télérama et avec les ennuis qui s'accumulaient (voir Couacs en vracs), j'ai fais une micro-déprime. Je sais que ce que je vous raconte la n'est pas essentiel pour vous, mais il me permet de vous annoncer qu'a partir de la publication de cet article, je pars en vacances pour deux mois. 
Je vous rassure. Je ne m'absente pas de ce blog mais je m'éloigne du roman noir pour une longue période. Au programme de ces prochaines semaines, du n'importe quoi, du rigolo et surtout des récits positifs (avec le volume deux d'une série commencée il y a un an).

Quelques précisions sur les articles du challenge. Certains vont subir durant cette période quelques corrections de ma part comme je n'en suis pas satisfait, des petits liftings ne seront pas superflus. Autre détail, le cinquième volume de la série de l'usine est manquant, pas parce que je n'ai pas envie de le lire mais parce que, bien que commandé il y un mois, je ne l'ai toujours pas reçu. Je le publierai donc à la fin de ma période de vacances.

Scarface

Après l'avoir perfectionné dans toutes les branches du bel art du meurtre, le gouvernement relâchait Tony Guarino avec sa bénédiction, sous la forme d'un diplôme de bon soldat. Tony rentrait avec un nouveau visage et un tas d'idées qui s'exerceraient inévitablement lors de leur mise en pratique, au détriment de la communauté. Cette atroce nuit de bataille dans les bois qui lui avait rapporté ses médailles lui avait laissé aussi une longue cicatrice livide sur le côté gauche du visage. Les muscles et nerfs qui entouraient sa bouche avaient dû être impliqués dans l'affaire et, à présent, le coin gauche de ses lèvres tirait en permanence vers le bas. Quand il souriait, ce coin-là refusait de sourire et conférait à son visage un aspect étonnamment sinistre. Désormais on le surnommerait Scarface.
(résumé du quatrième de couverture) 


Armitage Trail, de son vrai nom Maurice Coons, est né en 1902 au Nebraska. Dés l'âge de 17 ans, il commence a publier, sous différents pseudonymes, des nouvelles policières dans les magazines de l'époque. Il déménage pendant quelques années à Chicago, ou il se mêlé au milieu et fait ami-ami avec des mafieux. C'est à cette époque qu'il amasse du matériel pour écrire son Scarface. Il s'éloigne par la suite de  Chigago et s'installe à  New York pour pouvoir écrire de nouveaux romans et des scénarios pour Hollywood. Obèse et en mauvaise santé, il meurt d'une crise cardiaque à l'âge de 28 ans. Scarface était le surnom d'Al Capone et le héros idu livre est plus ou moins basé sur lui. Maurice Coons ne l'a pourtant jamais rencontré.
De nos jours, seuls deux de ses romans sont parvenu jusqu'à nous : Scarface et The Thirteenth Guest (qui n'a malheureusement jamais été traduit en français). Scarface a connu deux adaptations au cinéma, l'une direct : Scarface d'Howard Hawks [1932] (Imdb), une autre indirecte, beaucoup plus connue, de Brian de Palma [1983] (Imdb) qui est un remake du premier film.

Je n'ai bizarrement que peu de choses à dire sur ce livre. Le livre de Trail/Coons est très ressemblant à ses versions cinéma dans le destin de son héros et sa psychologie (une brute sans coeur). La ou il se démarque c'est dans son ambiance année trente, incroyablement réaliste, faisant même du massacre de la St Valentin, (?) un évènement du livre. J'ai presque cru lire une version gangsters de Gatsby le magnifique. Une chose m'étonne tout de même, c'est la grande importance de la famille de Tony dans le récit du livre, une place qui ne me semble pas avoir été transposée au cinéma (Le personnage du frère est uniquement dans le livre). A noter, tout de même une fin des plus abrupte, qui celle ne gâche pas l'histoire, donne l'impression d'avoir été un peu vite expédiée par Trail/Coons.
Scarface est définitivement une curiosité, à la fois moderne dans ses personnages et fleurant bon les années folles, la prohibition et le son des mitraillettes "camembert"(Tompson avec un chargeur en forme de).


Scarface, Armitage Trail, traduit de l'américain par Frank Reichert, Édition Rivages/Noir [1992], 215 pages.

Nightfall

James Vanning est poursuivi jusque dans son sommeil par la vision obsessionnelle d'un revolver d'un "noir lugubre, d'un noir total", de scènes de violence et d'un meurtre qu'il aurait commis. S'il n'arrive pas à oublier cet épisode angoissant, il ne parvient pas non plus à le relier à un moment de sa vie. Dessinateur dans une agence de publicité, il n'a rien d'un tueur et n'aspire qu'à se marier et à se consacrer à sa vie de famille. C'est le hasard qui a mis sur sa route une sacoche contenant trois cent mille dollars, des gangsters endurcis et ce revolver qui le hante. Dès lors, il est pris au piège d'un engrenage fatal...

David Goodis aime torturer ses personnages, les confronter au gouffre de l'injustice, après avoir tourmenté un honnête policier dans La police est accusée, c'est au tour d'un  dessinateur publicitaire au passé trouble (et vétéran de la Navy)  d'être mis sur la sellette.
Comme toujours avec Goodis, l'intrigue est claire et ne laisse que peu de temps à ses personnages pour souffler. Elle possède pourtant quelques défauts, des situations inexplicablement faciles et prévisibles qui prouve que l'auteur n'a pas apporter  tout le soin nécessaire à son récit. La psychologie des personnages secondaires est réduite au strict minimum, voir purement  fonctionnelle  Une vision simple des personnages donc, que je me garderais bien de  lui reprocher, car elle issue de la tradition des années 50 (le livre a été publié pour la première fois en 1947). 
Le personnage principal  contrairement à l'intrigue, est l'objet de toute l'attention de David Goodis, sa psychologie est le centre du récit. Amnésique, James Vanning tente de retrouver la mémoire tout en étant poursuivi par des gangsters voulant récupérer leur argent (sans oublier un agent du FBI fouineur).  C'est d'ailleurs avec Ben Fraser, l'agent du FBI, que Goodis introduit un peu d'humour dans son récit car quel agent sérieux appellerait sa femme en pleine enquête pour lui demander conseil et en lui donnant tous les détails sur l'affaire ?
Ce livre a été adapter au cinéma par Jacques Tourneur (Imdb) avec Aldo Ray et Anne Bancroft (dans le rôle de la petite amie)
Nightfall est un roman noir classique, avec quelques défauts mineurs mais qui reste néanmoins une lecture agréable mais pas indispensable

Nightfall, David Goodis, Traduit de l'Américain par ChristophePayot et Rivages [2009], Titre original : Nightfall, Édition originale [1947], 240 page

les six jours du condor

A l’entrée d’un petit immeuble blanc de Washington D.C., une plaque anodine annonce: « Société Américaine de Littérature Historique ». Le bâtiment abrite en fait des bureaux de la CIA. Un matin, l’agent Ronald Malcolm, alias le condor, y découvre ses collègues baignant dans leur sang. Il comprend qu’il n’a échappé au massacre que par miracle et que désormais sa vie ne vaut pas cher. 
(résumé éditeur) 

Après les romans noirs (La bête contre les murs et les morsures de l'aube), les polars (merci pour le chocolat et j'étais Dora Suarez), la collection Perles Noires de Télérama s'aventure dans le genre espionnage avec Les six jours du Condor. 

James Grady est un ancien journaliste et l'ancien assistant du sénateur de son état d'origine, le  Montana.
Aujourd'hui il écrit en parallèle de ses romans d'espionnage, des scénarios pour Hollywood et pour la tv. Les six jours du Condor est son livre le plus connu et l'un de ses plus gros succès en librairie. Son dernier livre traduit en France Mad Dogs est bien partie pour suivre le même chemin (les douze salopards version ex-agents de la CIA en gros).
Les six jours du Condor a connu une version cinéma, adapté en 1975 par le grand Sydney Pollack et avec dans les rôles principaux, Robert Redford, Faye Dunaway et Max von Sydow (Imdb)

Si vous avez pensé au film en voyant le titre de cet article, alors comme pour moi, la lecture de ce livre sera surprenante voir déstabilisante. Les multiples références du livre au Vietnam et à la drogue ont été censurées dans le film pour être remplacé par du pétrole et des "moyen-orientaux", sûrement plus politiquement correct à l'époque.
L'action du film se déroule à New York (Washington pour le livre) et l'action a été condensée, le film se déroule sur trois jours, le livre sur six.

Je ne vous étonnerais donc pas en vous disant que le livre est supérieur à sa version cinéma.
Le héros gratte papier de la CIA propulsé contre sa volonté dans un complot qui le dépasse complètement, la fuite éperdue dans les rues de la capitale américaine sans personne à qui se fier, la paranoïa ambiante, autant de moments très noir qui explique la présence du livre de James Grady dans la collection Télérama.
Comme pour l'édition classique, l'édition Télérama contient la nouvelle Condor.net, une nouvelle reprenant le personnage du condor dans une Amérique post 11 septembre. C'est un agréable ajout au roman mais l'histoire manque cruellement de développements pour être réellement passionnant.
Une très bonne lecture donc et c'est quelqu'un qui n'aime pas les romans d'espionnage qui vous le dit.

 Les six jours du Condor, Condor.net, James Grady, traduit de l'Americain par Jean rené Major et Sylvie Messinger, Édition Rivages/noir [2007], Titre original The six Days of the Condor [1974], Condor.net [2006], 285 pages.

Comment vivent les morts

Où donc est-elle allée, la belle Marianne qui réjouissait par ses chansons la bonne société de ce patelin de la campagne anglaise ? Et pourquoi reste-t-il invisible, ce chef de la police locale ? 
Et quel jeu joue-t-il, ce chef d'entreprise de pompes funèbres ? Serait-ce que, dans les petites villes, les malfrats valent largement ceux des grandes métropoles ?
Une étrange et romantique histoire d'amour fou.

(résumé du quatrième de couverture)


Des quatres livres de la série de l'usine que j'ai lu celui ci est mon préféré et malheureusement pour moi, celui ou une tentative d'explication sans spoiler les surprises de l'intrigue est quasiment mission impossible. Commençons par le début. Le personnage principal est un nouveau personnage, il n'est ni celui de Il est mort les yeux ouverts, ni celui de les mois d'avril sont meurtriers mais comme ce dernier il souffre de problèmes personnels. Toujours sans rien dévoiler, ses problèmes personnels sont beaucoup plus graves et le personnage en est resté traumatisé. La disparue (et supposée victime), Marianne Mardy, une Française et épouse du très aimant Dr William Mardy, tout le monde semblait l'aimer et l'apprécier et pourtant  elle reste introuvable. Heureusement, l'inspecteur de l'A14, lui n'est pas dupe, la police locale ne veut rien faire et les habitants de Thornhill lui semble tous plus louches les uns que les autres. Louches oui mais coupables pas forcément.
Un flic très urbain dans la campagne de Christie ou de James (P.D.), il n'en fallait pas plus pour me plaire.
Si il fallait vous révéler un détail croustillant de l'intrigue, pour vous forcer à lire ce livre, je vous dirais que l'une des clés de l'intrigue de ce livre est lié à la seconde guerre mondiale.
Intrigués ? Je ne vous en dirait pourtant pas plus (même si je crève d'envie de tout vous raconter ^_^ ) et je vous convie à foncer chez votre libraire pour acheter ce livre.

Comment vivent les morts, Robin Cook, Traduit de l'anglais par Jean-Bernard Piat, Gallimard [1986], Folio Policier [2003], Titre original : How the dead live., 355 pages

J'étais Dora Suarez

Voici le troisième livre de mon challenge Télérama

Mes livres sont pleins de gens qui, sachant qu'ils ont été abandonnés par la société, la quittent d'une façon si honteuse pour elle qu'elle ne fait jamais mention d'eux. Et c'est pourquoi J'étais Dora Suarez n'est pas seulement un roman noir, et qu'il va encore plus loin, pour devenir un roman en deuil."
[Robin Cook]
extrait du quatrième de couverture.

Deux victimes, Dora Suarez et Felix Roatta une jeune femme et le propriétaires d'une boite de nuit  sont retrouvés mort  le même soir, l'une à été sauvagement mutilée, l'autre a eu la tête explosé. Aucun lien apparemment entre eux. Pourtant une photo arrive en possession de la police qui  prouve que la jeune femme travaillait  dans le club de Roatta et les résultats de l'autopsie de Dora Suarez révèlent qu'elle était entrain de mourir du sida.
"Interrompu par la vieille, venue voir ce qui se passait dans la pièce d'à côté, alors qu'il n'en avait pas encore terminé avec la fille, le tueur se rua sans un mot sur l'intruse, l'empoigna comme un paquet de linge sale, puis l'expédia à travers le panneau frontal de son horloge à balancier, située à l'entrée de l'appartement, avec une violence dont lui-même ne se savait pas capable. Il vit tout de suite qu'il avait bien travaillé ; la vieille mourut sous le choc."
(extrait)

On retrouve dans ce roman, le flic, héros, du livre Les mois d'avril sont meurtriers, toujours aussi dur à cuir et toujours empêtré dans ses problèmes familiaux (sa femme surtout...). Robin Cook explore, ici, le monde de la nuit et ses travers, ses anges désenchantés et ses démons cupides. Il utilise la même astuce scénaristique que dans Il est mort les yeux ouverts, l'enquêteur suivant les mots laissés par la victime pour résoudre son affaire, les petits papiers du premier roman faisant place à un journal intime.
On assiste aussi dans ce roman, a un attachement plus poussé de la part du sergent pour sa victime, elle était jeune, jolie et elle lui rappelle sa femme, sa fille, etc. Quand je vous dis, qu'il a des problèmes familiaux...
Plus violent et beaucoup plus sombre que ses précédents épisodes de l'usine, Robin Cook a écrit, la, un chef d'oeuvre de noirceur. L'auteur ne nous épargne pas grand chose des souffrances de sa victime et de celle de sa vie passée. L'identité du meurtrier est aussi une (mauvaise) surprise, surprenante et triste à la fois.
Je n'ai vraiment rien de mal à dire sur ce livre que je conseillerai sans aucune réserve.

J'etais Dora Suarez, Robin Cook, Traduit de l'anglais par Jean Paul Gratias, Editions Rivages [1990], Titre original : I was Dora Suarez 265 pages

Les mois d'avril sont meurtriers

<<... Tout ça a été bouilli, dit Bowman, et puis ne nous étendons pas sur le sujet , d'accord ? Surtout en roulant, ça me donne envie de dégobiller, et j'ai vu presque tout. Voilà pourquoi il n'y a pas d'empreintes, il n'y avait plus de peau sur les doigts - on l'a fait bouillir, on l'a fait cuire, tu vois ? >>

Un sergent dont on ne saura jamais le nom travaille toujours seul sur des crimes non résolus, sordides, peu médiatisés et dont tout le monde se moque. Quatre sacs ont étés retrouvés  bien alignés dans un entrepôt de Londres, au bord de la Tamise. Ils contiennent des restes humains et annoncent la traque implacable d'un psychopathe à l'étrange bonne conscience...
(Résumé quatrième de couverture)

Nouvelle enquête du bureau A 14 (vrai nom de l'usine) avec un nouveau personnage principal et un enquête beaucoup plus sombre que la précédente. Le sergent est mentalement une copie carbone de celui d'Il est mort les yeux ouverts, épris de justice, indiscipliné, borné et totalement désabusé. La principale différence vient de ses ennuis personnels (sa femme, sa fille) qui viennent le perturber. La femme du narrateur prenant, ici, la place de la garce de service.Autre différence par rapport au précédent roman, l'identité du tueur, très rapidement découverte par le sergent (et le lecteur)  mais qui faute de preuves ne peut l'arrêter immédiatement. Le policier se voit obliger de le confronter en face à face et de le pousser à la faute. Un duel s'engage tout au long du roman et donne parfois de réels frissons.
Les mois d'avril sont meurtriers est un Robin Cook, un peu expérimental, ou l'enquête se teinte d'une dose de politique et d'espionnage sans que cela n'apporte quoi que ce soit au récit. La politique et l'espionnage seront d'ailleurs abandonnés, par Cook, dans les volumes suivants de la série au profit d'un polar plus brut et plus pur.
La qualité des polars de Robin Cook ne se dément pas, enfin, pas par moi.

Les mois d'avril sont meurtriers, Robin Cook, traduit de l'anglais par Jean-Bernard Piat, Editions Gallimard [1984], collection Folio Policier [2000], Titre original  The devil's home on leave, 310 pages

Rouge est ma couleur

Quand son équipier est abattu sous ses yeux, David Nolane - le meilleur flic de Barbès - déprime un maximum et se met à picoler. Puis sa fille rentre à la maison, avec ses drums, sa came, et oriente David dans le sens de l'histoire. Rongé par l'esprit de vengeance, il part en chasse avec Big Brother en ligne de mire. Mais le Brother est protégé, très protégé, et commence à faire le vide dans son périmètre pour pouvoir respirer à l'aise.
(Résumé éditeur) 


Marc Villard est arrivé sur le tard dans le milieu du roman noir. D'abord intéressé par ses travaux de poésie et ses multiples participations à des anthologies. Ce n'est qu'au début des années 80 avec un recueil de nouvelles Nés pour perdre et la même année un roman Légitime défense qu'il se lance dans le roman.
Villard est aussi scénariste pour le cinéma : Neige (Imdb), la Bd (l'adaptation de Rouge est ma couleur) et pour la Tv Sa mère la pute (Imdb). Mélangeant les diverses passions de l'auteur (la poésie et la musique), ses romans noirs sont facilement identifiables.

les livres de Marc Villard se focalise sur une galerie de personnages que leurs faiblesses à transformés en perdants et que son récit fait se rencontrer.Rouge est ma couleur en est un bon exemple. Le flic David Nolane est plus déprimé par la mort de son collègue que par le départ de sa femme, sa fille Zoé est une camée qui tente de décrocher, tout en faisant, en secret, des livraisons de came.
Les romans noirs ont généralement tendance à compenser leurs tendances déprimantes par un humour noir salutaire. Rouge est ma couleur ne fait pas partie de cette tendance et accumule la noirceur sur chacun de ses personnages. La fin du livre ne surprendra d'ailleurs personne, tellement elle semble n'être que la résolution logique de toute la dépression dans laquelle nage le livre.
Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les deux seuls romanciers Français dans la collection Perles Noires de Télérama ont en commun d'être parisiens et de situer l'action de leurs romans dans la capitale Française...

Rouge est ma couleur, Marc Villard, Editions Payot/ Rivages [1996], 185 pages.

Le paragraphe du C.L.A.P : Un bar dans une ville de province après la séance de cinéma :
Abigail : C'est quand même un beau nanar ce Choc des titans !
Marius : Ouaip et ce n'est pas très mythologiquement correct, le Kraken est une créature d'Hadès alors qu'elle vit dans l'eau et a des tentacules.
Abigail : et puis Zeus qui donne à son fils un sabre laser et lui fait un remake de Dark Vador : Persée, je suis ton père.
Cultiste : Mais qu'est que c'était drôle ! On y retourne ? 

Il est mort les yeux ouverts

A l'Usine, surnom du commissariat de Poland Street, personne n'aime le Service des décès non éclaircis. Ni les personnels en uniformes, ni la Police Judiciaire et encore moins les brigades spéciales. Le seul fait que cette unité soit la plus impopulaire de toutes celles de la police de Londres prouve aux yeux du sergent qui y travaille seul qu'elle du être créée depuis longtemps. Lui enquête sans budget ni promotion sur les meurtres obscurs et sans mobile. Aucune chance pour que ces chasses à l'homme ne fasse la une des tabloids. Ce vieil homme méthodiquement brisé, membre par membre, et laissé mort dans une rue ne peut déroger à la règle. Il reste pour le sergent un compagnon de misère à qui l'on doit justice ; un homme étrange qui avait raconté sa vie sur des cassettes et des bouts de papier...
(Résumé éditeur)


Il y a quelques années (un euphémisme pour une bonne décennie), j'avais lu un livre de Robin Cook titré On ne meurt que deux fois. Et bien croyez le ou non sous ce titre James Bondien se cachait : Il est mort les yeux ouverts. C'est donc avec une nouvelle traduction que je relis aujourd'hui de He died with his eyes open (titre vo). Ce polar est important car il inaugure la pentalogie de l'Usine et  pour l'auteur sles débuts de son pseudonyme littéraire. En outre une film à été adapté de ce livre en 1985 par Jacques Deray et dialogué par Jacques Audiard (Imdb) sous le titre d'On ne meurt que deux fois.
En 1983, Robin Cook découvre qu'il possède un homonyme américain. Un Robin Cook spécialisé dans le thriller médical de piètre qualité. Par peur de la confusion, il choisit le pseudonyme de Derek Raymond et c'est sous ce pseudo que les livres de l'anglais Robin Cook sont connu.
Vous avez probablement remarqué que la couverture du livre que je vous présente aujourd'hui est signé Robin Cook et pas Derek Raymond. La France est le seul pays au monde ou Robin Cook est publié sous son vrai nom et c'est le seul pays au monde ou il est possible de se tromper en achetant un Robin Cook, votre serviteur en a fait les frais, il y a quelques années.
La carrière de Robin Cook n'a pas commencer en 1983 mais en 1962 avec un premier polar, Crème anglaise parait en 1962. Il publie par la suite, en alternant avec des petits boulots (plus ou moins légaux), six autres polars ( Vices privés vertus publiques, Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre, etc), En 1983, il commence sa série de L'Usine (The factory en vo), Le deuxième volume Les mois d'avril sont meurtriers (The devil's home on leave) arrive en 1984 puis Comment vivent les morts (How the dead live) en 1986, J'étais Dora Suarez (I was Dora Suarez)en 1990 et se termine avec Le mort à vif (Dead man upright)en 1996. 
C'est avec J'étais Dora Suarez, en 1990, qu'il connaît le succès auprès du grand public. En 1992, il publie une autobiographie Mémoire vive (the hidden files) et décède deus années plus tard, le 30 juillet 1994.

La plupart des gens vivent les yeux fermés, mais moi,  j'entends mourir les yeux ouverts. Nous essayons tous instinctivement de nous rendre la mort moins difficile, je crois.
(extrait page 108)


La série de l'Usine (surnom du commissariat ou travaille le héros) possède une caractéristique un peu particulière, celle de ne jamais nommer son personnage principal. A peine sait on, qu'il est sergent, qu'il n'apprécie pas de recevoir des ordres et qu'il aime par dessus tout son métier. Il est mort les yeux ouverts se déroule pendant la période Tatcheriennne et ses réformes impopulaires. Le sergent, narrateur du récit, est pessimiste sur l'avenir de son pays et son enquête l'amènera à croiser toute une galerie de petites gens écrasés par la pauvreté ambiante de l'époque.
J'ai particulièrement aimé la méthode que Robin Cook a de présenter l'entourage de la victime, un par un, chacun apportant un détail sur la vie dissolue de Charles Staniland. Plus que la recherche du coupable, c'est la personnalité de la victime qui fascine. Scénariste génial, chômeur sans le sou, alcoolique misérable, amoureux d'une garce frigide, beau père attentif mais père raté, Chales Staniland est un homme complexe.
Il est mort les yeux ouverts est un polar impeccable, un flic dur à cuir, des suspects tous plus louche les uns que les autres et une femme fatale terrifiante (mais pas forcément la meurtrière).
Une très bonne lecture donc.
Je vous donne rendez vous la semaine prochaine pour le deuxième tome, les mois d'avril sont meurtriers.

Le paragraphe du C.L.A.P. : Mercredi soir, 19h 35, salle de Dans ton sommeil (Allociné) dans une cinéma de Province, Cultiste est seul dans la salle et ouvre son livre pour lire. 19h40, Cultiste toujours seul dans la salle ,  continue à lire. 19h45 la lumière s'éteint, les bandes annonces commencent. 19h55 la lumière se rallume et Cultiste reprend son livre. 20h de nouveau la lumière s'éteint cette fois le film commence.
20h01, Cultiste doit faire face à l'évidence, il est seul dans la salle avec 169 places vides. Le jour des sorties cinéma... le cerveau de Cultiste hurle intérieurement : Je viens de passer dans la quatrième dimension...nooooooooon !!!!!!!

Il est mort les yeux ouverts, Robin Cook, traduit de l'anglais par Jean-Bernard Piat, titre original, He died with his eyesEdition Gallimard [1983], Editions Folio Policier [04/09], 248 pages

Challenge Télérama : couacs en vrac


Je pensais que ce challenge se déroulerait d'une manière simple. Le mercredi (date de sortie de Télérama) votre serviteur devait se rendre chez son buraliste et acheter son Télérama accompagné de son livre. Je devais avoir une semaine pour le lire et publier un article le concernant. Simple, oui mais uniquement en théorie.

Premier couac, le cas Robin Cook.


Le troisième livre de ce challenge, J'étais Dora Suarez est le premier problème que j'ai rencontré. Ce livre de Robin Cook est le quatrième volume d'une série en cinq tomes baptisé L'usine (The Factory en vo). J'ai pour principe de ne jamais lire un épisode d'une série de romans sans avoir lu les précédents. Il  ne s'agit pas d'une maniaquerie de ma part mais d'une habitude de lecture, les personnages d'une série de romans ayant tendance à évolués d'un livre à l'autre, j'aurais l'impression de rater quelque chose.
Les livres Télérama sont des éditions spéciales, nouvelles couvertures et expurgées de certains ajouts (voulu par l'éditeur français) de l'édition normale. Pas de biographie, pas de liste des livres précédents de l'auteur.
Un entrefilet sur la quatrième de couverture de l'édition Télérama existe pourtant, indiquant à l'innocent lecteur que le héros de ce livre est aussi le héros d'un roman précèdent mais jamais il ne mentionne la série. Le héros de J'étais Dora Suarez revient même dans le cinquième et dernier volume de la série (mais ça l'édition de Télérama ne le mentionne pas)
Comme je l'expliquais plus haut, je lis les séries de romans dans l'ordre, c'est donc pourquoi je rajoute les quatre livres de Robin Cook (lié à la série de l'Usine) au challenge. En guise de bonus.
Cela complique légèrement mes lectures mais c'est encore réalisable dans les temps.

Deuxième couac, Quelqu'un se fiche de moi !

Quand j'ai commencé ce challenge, j'ai demandé à mon buraliste de me garder toutes les semaines mon Télérama. Manque de bol, la semaine dernière rien, mon buraliste ne l'a pas reçu. L'édition normale, oui, mais celle avec le livre, non. Je décidais donc de faire les autres buralistes de ma ville et là, rien non plus. En désespoir de cause, je fonce au Relay H (dépôts de presse situé dans les gares françaises) et là, on m'annonce qu'il n'ont reçu qu'un seul exemplaire et qu'il était déjà vendu.
Mercredi midi, j'appelle le service clientèle de Télérama et je demande si il est possible de commander ce numéro spécifique et la demoiselle me répond que Télérama ne vend pas au numéro, mais si je le souhaite il est possible de me vendre la collection complète (50€ !!!) à l'unique condition que je m'abonne à leur hebdomadaire (la collection complète est réservé aux abonnés et uniquement à eux).
Je vous épargne, aussi, le passage ou la donzelle m'a expliqué que mes buralistes sont des menteurs et que s'ils n'ont pas mon livre c'est que tout simplement ils ne l'ont pas commandé.
Après avoir raccroché, je me suis rendu dans mon Relay H et la responsable m'a expliqué que depuis Merci pour le chocolat, le tirage des livres Télérama a été réduit,
les buralistes sont donc moins livrés (ou pas du tout).
Il me manque donc Les six jours du Condor de James Grady. Heureusement mon libraire lui est là et me l'a commandé en édition classique.
Cette semaine, j'ai réussi à trouvé le livre ,Rouge est ma couleur de Marc Villard sans aucun soucis. Mon Relay H n'en a reçu qu'un, au lieu des trois commandés).
Oui, Télérama à bien réduit son tirage et il n'a pas prévenu ses clients (ou prévu une solution acceptable pour ceux qui manqueraient un numéro). Ce qui vérifie un comportement bien Français le je m'en foutisme et moi dans tout ça je vais posséder une collection dépareillée.

Alors pourquoi je vous ennuie avec mes petits ennuis domestiques, tout simplement pour vous informer que mon challenge risque de duré une semaine de plus (voir deux).
Ps :  si quelqu'un comprend la référence dans le titre de cet article (sans faire de recherche dans Google), je lui tire mon chapeau.