Il est mort les yeux ouverts

A l'Usine, surnom du commissariat de Poland Street, personne n'aime le Service des décès non éclaircis. Ni les personnels en uniformes, ni la Police Judiciaire et encore moins les brigades spéciales. Le seul fait que cette unité soit la plus impopulaire de toutes celles de la police de Londres prouve aux yeux du sergent qui y travaille seul qu'elle du être créée depuis longtemps. Lui enquête sans budget ni promotion sur les meurtres obscurs et sans mobile. Aucune chance pour que ces chasses à l'homme ne fasse la une des tabloids. Ce vieil homme méthodiquement brisé, membre par membre, et laissé mort dans une rue ne peut déroger à la règle. Il reste pour le sergent un compagnon de misère à qui l'on doit justice ; un homme étrange qui avait raconté sa vie sur des cassettes et des bouts de papier...
(Résumé éditeur)


Il y a quelques années (un euphémisme pour une bonne décennie), j'avais lu un livre de Robin Cook titré On ne meurt que deux fois. Et bien croyez le ou non sous ce titre James Bondien se cachait : Il est mort les yeux ouverts. C'est donc avec une nouvelle traduction que je relis aujourd'hui de He died with his eyes open (titre vo). Ce polar est important car il inaugure la pentalogie de l'Usine et  pour l'auteur sles débuts de son pseudonyme littéraire. En outre une film à été adapté de ce livre en 1985 par Jacques Deray et dialogué par Jacques Audiard (Imdb) sous le titre d'On ne meurt que deux fois.
En 1983, Robin Cook découvre qu'il possède un homonyme américain. Un Robin Cook spécialisé dans le thriller médical de piètre qualité. Par peur de la confusion, il choisit le pseudonyme de Derek Raymond et c'est sous ce pseudo que les livres de l'anglais Robin Cook sont connu.
Vous avez probablement remarqué que la couverture du livre que je vous présente aujourd'hui est signé Robin Cook et pas Derek Raymond. La France est le seul pays au monde ou Robin Cook est publié sous son vrai nom et c'est le seul pays au monde ou il est possible de se tromper en achetant un Robin Cook, votre serviteur en a fait les frais, il y a quelques années.
La carrière de Robin Cook n'a pas commencer en 1983 mais en 1962 avec un premier polar, Crème anglaise parait en 1962. Il publie par la suite, en alternant avec des petits boulots (plus ou moins légaux), six autres polars ( Vices privés vertus publiques, Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre, etc), En 1983, il commence sa série de L'Usine (The factory en vo), Le deuxième volume Les mois d'avril sont meurtriers (The devil's home on leave) arrive en 1984 puis Comment vivent les morts (How the dead live) en 1986, J'étais Dora Suarez (I was Dora Suarez)en 1990 et se termine avec Le mort à vif (Dead man upright)en 1996. 
C'est avec J'étais Dora Suarez, en 1990, qu'il connaît le succès auprès du grand public. En 1992, il publie une autobiographie Mémoire vive (the hidden files) et décède deus années plus tard, le 30 juillet 1994.

La plupart des gens vivent les yeux fermés, mais moi,  j'entends mourir les yeux ouverts. Nous essayons tous instinctivement de nous rendre la mort moins difficile, je crois.
(extrait page 108)


La série de l'Usine (surnom du commissariat ou travaille le héros) possède une caractéristique un peu particulière, celle de ne jamais nommer son personnage principal. A peine sait on, qu'il est sergent, qu'il n'apprécie pas de recevoir des ordres et qu'il aime par dessus tout son métier. Il est mort les yeux ouverts se déroule pendant la période Tatcheriennne et ses réformes impopulaires. Le sergent, narrateur du récit, est pessimiste sur l'avenir de son pays et son enquête l'amènera à croiser toute une galerie de petites gens écrasés par la pauvreté ambiante de l'époque.
J'ai particulièrement aimé la méthode que Robin Cook a de présenter l'entourage de la victime, un par un, chacun apportant un détail sur la vie dissolue de Charles Staniland. Plus que la recherche du coupable, c'est la personnalité de la victime qui fascine. Scénariste génial, chômeur sans le sou, alcoolique misérable, amoureux d'une garce frigide, beau père attentif mais père raté, Chales Staniland est un homme complexe.
Il est mort les yeux ouverts est un polar impeccable, un flic dur à cuir, des suspects tous plus louche les uns que les autres et une femme fatale terrifiante (mais pas forcément la meurtrière).
Une très bonne lecture donc.
Je vous donne rendez vous la semaine prochaine pour le deuxième tome, les mois d'avril sont meurtriers.

Le paragraphe du C.L.A.P. : Mercredi soir, 19h 35, salle de Dans ton sommeil (Allociné) dans une cinéma de Province, Cultiste est seul dans la salle et ouvre son livre pour lire. 19h40, Cultiste toujours seul dans la salle ,  continue à lire. 19h45 la lumière s'éteint, les bandes annonces commencent. 19h55 la lumière se rallume et Cultiste reprend son livre. 20h de nouveau la lumière s'éteint cette fois le film commence.
20h01, Cultiste doit faire face à l'évidence, il est seul dans la salle avec 169 places vides. Le jour des sorties cinéma... le cerveau de Cultiste hurle intérieurement : Je viens de passer dans la quatrième dimension...nooooooooon !!!!!!!

Il est mort les yeux ouverts, Robin Cook, traduit de l'anglais par Jean-Bernard Piat, titre original, He died with his eyesEdition Gallimard [1983], Editions Folio Policier [04/09], 248 pages

5 commentaires:

Geoffrey a dit…

attention quand tu emploies le mot "décade",il signifie plus souvent une période de 10 jours qu'une période de 10 ans, son usage en tant que synonyme de décennie est encore sujet à caution. ;-)

Vance a dit…

langage hérité de l'anglais (chez qui ce mot signifie justement "décennie"). Mais je préfère te remercier pour cet article, enrichissant et prometteur d'une possible future lecture. Ton aventure clapesque était digne de l'intro d'un film d'horreur...

Cultiste a dit…

@Geoffrey : oui tu as raison le mot décade employé de cette façon porte à confusion. D'après mon Larousse ( et Vance) ce n'est pas vraiment une faute mais je vais changer le mot tout de même.
Ça m'apprendra a tenter de publier trois articles en moins de 24 h :p

@Vance : J'ai toujours un peu de mal à remplir le paragraphe du C.L.A.P. alors j'ai choisi l'approche humoristique.

Cachou a dit…

J'ai rigolé tout plein au pragraphe C.L.A.P.!!!
Ca m'est arrivé une fois d'avoir une salle pour moi toute seule, c'est en effet surréaliste, à la fois très jouissif et un peu décevant, parce que personne ne profite du film avec nous!

Cultiste a dit…

Comme je vais voir des films parfois très confidentiels, cela m'arrive régulièrement mais jamais un mercredi soir et dans une des trois plus grandes salles de mon cinéma ^^