Scarface

Après l'avoir perfectionné dans toutes les branches du bel art du meurtre, le gouvernement relâchait Tony Guarino avec sa bénédiction, sous la forme d'un diplôme de bon soldat. Tony rentrait avec un nouveau visage et un tas d'idées qui s'exerceraient inévitablement lors de leur mise en pratique, au détriment de la communauté. Cette atroce nuit de bataille dans les bois qui lui avait rapporté ses médailles lui avait laissé aussi une longue cicatrice livide sur le côté gauche du visage. Les muscles et nerfs qui entouraient sa bouche avaient dû être impliqués dans l'affaire et, à présent, le coin gauche de ses lèvres tirait en permanence vers le bas. Quand il souriait, ce coin-là refusait de sourire et conférait à son visage un aspect étonnamment sinistre. Désormais on le surnommerait Scarface.
(résumé du quatrième de couverture) 


Armitage Trail, de son vrai nom Maurice Coons, est né en 1902 au Nebraska. Dés l'âge de 17 ans, il commence a publier, sous différents pseudonymes, des nouvelles policières dans les magazines de l'époque. Il déménage pendant quelques années à Chicago, ou il se mêlé au milieu et fait ami-ami avec des mafieux. C'est à cette époque qu'il amasse du matériel pour écrire son Scarface. Il s'éloigne par la suite de  Chigago et s'installe à  New York pour pouvoir écrire de nouveaux romans et des scénarios pour Hollywood. Obèse et en mauvaise santé, il meurt d'une crise cardiaque à l'âge de 28 ans. Scarface était le surnom d'Al Capone et le héros idu livre est plus ou moins basé sur lui. Maurice Coons ne l'a pourtant jamais rencontré.
De nos jours, seuls deux de ses romans sont parvenu jusqu'à nous : Scarface et The Thirteenth Guest (qui n'a malheureusement jamais été traduit en français). Scarface a connu deux adaptations au cinéma, l'une direct : Scarface d'Howard Hawks [1932] (Imdb), une autre indirecte, beaucoup plus connue, de Brian de Palma [1983] (Imdb) qui est un remake du premier film.

Je n'ai bizarrement que peu de choses à dire sur ce livre. Le livre de Trail/Coons est très ressemblant à ses versions cinéma dans le destin de son héros et sa psychologie (une brute sans coeur). La ou il se démarque c'est dans son ambiance année trente, incroyablement réaliste, faisant même du massacre de la St Valentin, (?) un évènement du livre. J'ai presque cru lire une version gangsters de Gatsby le magnifique. Une chose m'étonne tout de même, c'est la grande importance de la famille de Tony dans le récit du livre, une place qui ne me semble pas avoir été transposée au cinéma (Le personnage du frère est uniquement dans le livre). A noter, tout de même une fin des plus abrupte, qui celle ne gâche pas l'histoire, donne l'impression d'avoir été un peu vite expédiée par Trail/Coons.
Scarface est définitivement une curiosité, à la fois moderne dans ses personnages et fleurant bon les années folles, la prohibition et le son des mitraillettes "camembert"(Tompson avec un chargeur en forme de).


Scarface, Armitage Trail, traduit de l'américain par Frank Reichert, Édition Rivages/Noir [1992], 215 pages.

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