Star Trek Nero

Après la sortie de Spock réflexions (voir mon article), j'attendais avec impatience la troisième série de comics IDW autour du film de J.J Abrams. Consacrée au méchant du film : Nero. Sur le papier elle promettait énormément. Malheureusement elle ne tient pas ses promesses. Explications.

Attention spoilers, je dévoile dans cet article des passages clés du film.

L'histoire de Star Trek Nero débute peu après la destruction de l'USS Kelvin qui a entraîné la mort du père de James T. Kirk.
Nero vient de découvrir que Spock qui l'a pourtant précédé dans le trou noir à bord de son Jellyfish, n'en est toujours pas sortit. Obligé de remettre ses plans de vengeance à plus tard, Nero décide d'attendre que le vieil ambassadeur fasse son apparition dans le nouvel univers.
Après avoir réglé par la force un début de mutinerie, son vaisseau, le Narada est repéré par une patrouille Klingonne en maraude. Le vaisseau est en piteux état et est bien vite abordé, l'équipage romulien resiste avec courage mais doit finalement se rendre. Accusés d'espionnage, ils sont envoyés sur la planète prison de Rura Penthe...

Nero : Crucifiez moi ! Ma série est une arnaque !
C'est un peu les larmes aux yeux et le phaser sur la tempe que je vous annonce que la série Star Trek Nero en 4 volumes et réunit ici en Tpb est de qualité médiocre. Ce n'est pas tant l'aspect graphique que je déplore. David Messina réussit encore un fois à se surpasser aux dessins. Le vrai problème de Star trek Nero provient de son scénario, ou plutôt de son manque d'inspiration voir de son manque de couilles. Oui j'ai écrit couilles ! 
Sur les quatres comics contenu dans cet album, deux contiennent du matériel "original". Le premier volume raconte l'arrivée de Nero dans le nouvel univers, les jours qui ont suivit la destruction de L'Uss Kelvin et enfin sa capture par les klingons. Le quatrième volume, lui, narre l'arrivée de Spock (le vieux), sa capture par les Romuliens du Narada et son abandon sur la planète glaciaire de Delta Vega. Pour ceux qui ont vu le film et les scènes coupées du dvd, rien d'original, c'est du déjà vu.

Le Narada dans toute sa splendeur
Le deuxième comic raconte les vingt cinq années d'emprisonnement sur Rura Penthe, et les vaines tentatives des Klingons pour s'approprier les technologies futuristes du Narada. Mise à part les introspections de Nero et les apparitions fantomatiques de sa femme, pas grand chose à sauver dans cette partie. Le troisième comics est emblématique du problème de toute cette série de comic car il ne s'y passe rien mais alors rien. Nero et son équipage s'échappent de prison et vont à la rencontre d'une entité avant de s'apercevoir que cette rencontre ne sert à rien. Je ne vais pas spoiler l'identité de cette entité mais en guise d'indices, je peux vous dire qu'elle a un lien avec les Borgs et que l'équipage de STO la rencontre dans un des films.  Les possesseurs du Tpb Star Trek Countdown (voir mon article) on forcément déjà une petite idée.

 Voilà je crois vous avoir tout dit, le Tpb contient comme d'habitude les croquis de David Messina et les couvertures originales en guise de bonus.
En lisant ce Star Trek Nero, j'ai eu l'impression de me retrouver dans les années 90 ou j'achetais des comics Image. ils étaient beaux, mais les scénarios ne volaient pas très haut. Oh mon Dieu, j'ai dit du mal de Star Trek en rimes.

Star Trek : Nero, Alex Kurtzman et Roberto Orci (scénario), Mike Johnson et Tim Jones (adaptation), David Messina (dessin), Giovanna Niro (couleur), IDW publishing [02/2010], 100 pages.

Cinq fatalités


"Je suis l'un des derniers. 
Après une semaine de lutte épuisante pour rester en éveil, je vais à mon tour céder à la nuit car je n'ai pas le courage de mettre fin à mes jours."
(les endormis page 60)

Les pays Anglo-Saxons ont beaucoup de chance. Il ne se passe pas une année,sans qu'au moins une demi-douzaine de recueils de nouvelles Lovecraftiennes ne sortent. Ses anthologies regroupent généralement des nouvelles écritent par de jeunes auteurs avides de se faire connaître. Il y a souvent du bon, voir du très bon dans ses livres. En France, ce genre d'initiative est beaucoup plus rare. Le dernière anthologie originale publiée, consacrée à  des histoires inspirées par Lovecraft date de 2007. Elle était sortie pour célébrer les soixante dix ans de la mort de celui ci (sic !).
Pour les jeunes auteurs français écrivant dans le style du maître de Providence, il ne reste plus que l'auto-édition pour se faire connaître. C'est le cas de Pierre de Beauvillé qui auto-publie simultanément chez deux éditeurs et avec deux couvertures différentes. Vous trouverez les liens en fin d'article. Mon édition est celle de TheBookEdition que je trouve est plus sobre et donc plus belle. Je ne saurais trop vous recommander cette même édition pour une autre raison, plus patriotique, celle là. Malgré son nom l'éditeur est français.

Cinq Fatalités.
Cinq façons d'en finir avec l'humanité.
Cinq évolutions menées à leur terme.
Cinq nouvelles fantastiques et noires
(résumé du quatrième de couverture)

Ce recueil contient donc cinq nouvelles qui ont pour particularités de se terminer très mal pour l'humanité.

_Les engloutis : La plus longue nouvelle de ce recueil (38 pages) raconte la découverte d'un trou noir en expansion dans le salon d'une maison de Munich. Le propriétaire de la maison, puis des scientifiques et ensuite le gouvernement tenteront de contrôler ce phénomène et d'en minimiser les effets.


_Les envahis : Dans un futur pas si lointain, la téléportation est devenu un moyen de locomotion comme les autres. Les cabines de téléportations, pourtant sur jusqu'à aujourd'hui, commencent à tomber en panne et à fonctionner seuls.

_Les endormis : Une épidémie de sommeil touche la population mondiale. Il apparaît bien vite que les endormis partagent le même rêve et que celui ci à une fin abominable. L'un des derniers humains encore éveillé tente de ne pas succomber au sommeil en racontant les derniers jours de l'humanité.

_Les exilés : Le soleil terrestre est sur le point de se transformer en géante rouge, la température terrestre augmentant en conséquence, notre planète est devenue invivable.  La population mondiale s'apprête à la quitter.

_Les retirés : Dans un futur proche, la majeure partie de l'humanité vit dans de gigantesques métropoles polluées. Cependant un petit groupe d'humains ont décidés de vivre dans les campagnes devenues désertes et d'y vivre simplement en communion avec la nature.

Que voilà un bon recueil qui fait plaisir à lire malgré le ton très pessimiste du sujet traité. Cinq façons de voir mourir l'humanité, mais qui à l'exception d'une tendent, vers la Sf la plus pure. C'est justement celle qui est la plus fantastique (Les endormis) qui m'a le plus plu. Elle se révèle prenante et ce malgré un nombre de pages réduit (6 pages). L'autre nouvelle que j'ai particulièrement appréciée, elle aussi trop courte, Les envahis,  rappellera  aux cinéphiles le film : La mouche de David Cronenberg. Même si personnellement j'ai surtout pensé aux épisodes existant dans les séries Star Trek ou les fameux téléporteurs de bord, censés être fiables, connaissent des avaries en tous genres. Les trois autres nouvelles sont bonnes mais ont des défauts énervants, Les retirés aurait méritée , au vu de son sujet écologique, un peu plus de pages, à contrario, je trouve la nouvelle, les engloutis, trop longue et sur la fin un brin répétitive. Même constat pour les exilés qui est probablement la moins originale du livre, l'histoire se basant sur une prévision scientifique archi-connue et développant son histoire autour.
J'ai beau critiquer, j'ai passé une bonne soirée à lire ce livre et a tenter de découvrir quel grand ancien ou créatures de Lovecraft était l'élément déclencheur de la fin de notre monde.
Juste un détail encore l'auto-édition produit des livres relativement cher voir les deux liens qui suivent :
Lulu.com : Cinq fatalités
TheBookedition.com : Cinq fatalités


Cinq fatalités, Pierre de Beauvillé, The Book Edition [2010], 83 pages.

Déraison

Ayant fui son pays, un journaliste paranoïaque échoue au Guatemalapages qui voient se succéder tortures, viols et massacres abominables, l'homme perd peu à peu la raison, emporté dans une spirale de démence horrifique. Et ce ne sont pas ses beuveries à la cantina locale, ni ses séance de sexe, surréalistes et dérisoires, qui amélioreront la situation. Une chose est sûre ; Il n'est plus entier de la tête, plongé au coeur d'un Guatemala hanté par le crime. pire, son cauchemar éveiller ne fait que commencer... ou il révise les mille cent feuillets d'un rapport sur le génocide perpétré par l'armée contre les Indiens. Au fur et à mesure que défilent les (résumé éditeur)

Horacio Castellanos Moya est né au Honduras mais à vécu la majeur partie de sa vie au Salvador. Journaliste de profession, il débute sa carrière d'écrivain avec une nouvelle : La diaspora en 1988, qui évoque l'exil des Salvadoriens lors de la première guerre civile du pays. Les écrits de Horacio Castellanos Moya ont toujours pour cadre des pays d'Amérique latine et comme toile de fond une violente critique de leurs gouvernements. La plupart des ouvrages de Castellanos Moya ont été traduit en français : La mort d'Olga Maria, L'homme en arme et Le bal des vipères.
Déraison est son dernier livre paru en français.

 

J'ai adoré ce petit livre qui trimballe le lecteur (et son héros principal) dans un Guatemala ou règne la délation  et les meurtres politiques. La vrai question qui se pose à la lecture de ce livre est de savoir si le héros, que Castellano ne nomme jamais, est réellement fou ou si il a de vraies raisons d'être sur ses gardes (La réponse se trouve en dernière page ^^).  Castellano joue avec les nerfs de son lecteur. Paranoiaque, oui, le héros  l'est dés le début du livre mais c'est une lente progression vers la folie ou son imagination au début inoffensive prend le pas sur sa raison. 
Le lecteur dans tout ça, lui qui au début suivait sur le siège passager une histoire qu'il croyait simple, finit par se demander, les chapitres avançant, si son conducteur de héros est perdu dans sa paranoïa ou si se qu'il voit dans l'obscurité des nuit Guatemaltèque est la réalité. Pour donner à son histoire une atmosphère plus légère voir comique, Castellano confronte son personnage principal à un autre problème, plus primaire celui la, le besoin de sexe. 
 Une sorte de sous intrigue qui finie dans un vaudeville hystérique des plus réjouissant. Pour information, le résumé éditeur enjolive beaucoup en parlant de séance de sexe, par contre pour ce qui est du suréaliste et du dérisoire...
J'ai adoré ce livre et j'aurais voulu qu'il dure beaucoup plus de pages.
 
Déraison, Horacio Castellanos Moya, Traduit de l'espagnol par Robert Amutio, Édition 10/18 [2009], Titre Original : Insensatez [2004], 142 pages.