La piste sanglante

Deuxième volume des aventures de la détective Canadienne, Vicki Nelson qui après un premier volume presque uniquement consacré à présenter les trois personnages principaux, se décide enfin à mener une enquête digne de ce nom.

<< _ Le mois dernier, deux membres de notre famille ont été tués. Nous avons besoin de vous , mademoiselle Nelson, pour trouver qui a fait ça.
_ La police a-t-elle des pistes ?
_ Ils ne sont pas vraiment au courant.
_ Qu'entendez vous par "ils ne sont pas vraiment au courant">>
(extrait éditeur)

Des mois ce sont écoulés depuis que Vicki s'est vu confrontater  a un sorcier à peine sortie de la puberté. Son agence de détectives continue toujours de péricliter et ses problèmes de santé lui cause toujours des soucis. Alors que l'ennui était sur la point de la submerger, le vampire, Henri Fitzroy fait de nouveau irruption dans sa vie pour lui demander de l'aide, non pas pour lui mais pour des amis. De nuit, elle se rend donc à son appartement pour rencontrer ses clients : Rose et Peter deux jumeaux appartenant à une famille de loups-garous vivant près de London  dans la région d'Ontario. L'une des leurs vient d'être abattue d'une balle dans la tête, par ce qui semble être le travail d'un sniper professionnel.  Depuis le meurtre, la meute sent une présence menaçante autour du territoire familiale. Impossible pour eux de laisser la police humaine faire une enquête, sous peine de voir leurs secrets être révélés, c'est donc vers un détective privé qu'ils se tournent pour demander de l'aide. 


Personnages principaux :

Le casting de la série tv Blood Ties : Christina Cox (Vicki Nelson),
Kyle Schmid (Henry Fitzroy), en bas Dylan Neal (Mike Celluci) 
_Vicki Nelson : Cette grande femme de 1m78 athlétique, intelligente et volontaire à quitté la police suite à la découverte de sa Rétinite Pigmentaire* (sans certains effets secondaires trop handicapant...). Autrefois elle  était le petit génie de la police de Toronto, aujourd'hui elle gère seule sa propre agence de détective. Elle entretient une relation tumultueuse avec son ex (au choix) petit ami et coéquipier Mike Celluci. Sa rencontre avec le vampire Henri Fitzroy à quelque peu chamboulé sa vie amoureuse. A noter que Vicki à des problèmes avec sa  possessive de mère et qu'elle n'a que très peu connu son père.

*Pour en savoir plus : IRRP (Association  pour l'information et la recherche sur la rétinite pigmentaire)


_Henri Fitzroy : un des fils bâtard d'Henri VIII, il est devenu vampire par amour pour une femme et par rejet de la société dans laquelle il vivait. Henri possède, en apparence, un caractère froid et distant voir paternaliste  durant le premier livre. Lors du second, le masque se fissure et laisse apparaitre son véritable caractère. Il possède en plus de ses capacités vampirique (force, rapidité, etc) quelques connaissances en magie. Henri mesure 1,68 m et est bisexuel. Il est très attiré par Vicky Nelson mais un précédent échec amoureux le rend prudent. Mysterieux et secret, Henri est le personnage qui fait le lien entre Vicky et le surnaturel. Je rajouterais aussi que c'est le personnage central du premier volume et que dans le second il se contente de faire de la figuration. Un autre détail, sur lequel je ne ferais aucune vanne (trop facile !), il écrit des romans sentimentaux.
Oui j'ai une paire de lunettes et une queue de cheval et alors ?
_Mickael Celluci :  Si Vicki possède un fort caractère, c'est aussi le cas pour Mike, Ils partagent en outre un esprit de compétition qui provoque généralement entre les deux de monumentales disputes et des joutes verbales particulièrement savoureuses. Ancien coéquipier de Vicki avant que celle ci ne quitte la police. Ce grand et costaud inspecteur de police (1,98m) est aussi son ex-petit ami. Un rien balourd dans son comportement, il est néanmoins un très sérieux policier et rivalise d'intuition avec Vicki. Depuis le premier volume et sa première rencontre avec Henri Fitzroy (dans le dernier chapitre du premier volume), il tente d'être "cool" avec l'idée que son ex à un nouveau petit ami. Il ne sait pas encore que Henri est un vampire mais La piste de sang devrait lui fournir quelques indications mais pas forcément la réponse.

_Tony Foster: Ce jeune homme est un SDF, un prostitué occasionnel et un indic que Vicki tente de sortir de la rue depuis des années (à l'époque ou elle était dans la police). Il est le deuxième humain à connaître la véritable nature d'Henry Fitzroy ce qui lui à permis de devenir son amant occasionnel. Dans le deuxième volume, on apprend que ce dernier lui à trouvé un appartement et un travail ce qui rend Vicki légèrement jalouse (Et elle ne sait  pas encore qu'il partage avec elle le lit de Fitzroy !). Ce personnage est le héros de la série spin-off de Vicki Nelson : Smoke and Shadows (3 volumes non traduits). 

Ce volume tient les promesses que Le prix du sang (mon article par ici) n'avait pas tenu. Une enquête, une vraie, avec des indices, des témoins et quelques suspects inquiétants. Comme le premier livre, cela reste du polar léger agrémenté de fantastique mais contrairement à celui-ci, l'histoire se tient de la première page à la dernière sans temps morts. Je trouve le personnage de Henry Fitzroy de plus en plus antipathique, Tania Huff se sert de ce personnage comme d'un couteau Suisse.Il est capable de tout faire, sait tout et vient à la rescousse dés que le moindre danger  menace (ruinant du même coup toute la tension d'une scène). Dans ce volume on le voit pourtant peu et c'est le couple d'humains qui est en vedette. Vicki Nelson mène l'enquête d'abord seule puis elle est rejointe par Celluci (pour une raison très personnelle que je ne spolierais pas). La confrontation direct entre Mike Celluci et la meute de garous est un grand moment de drôlerie. La relation Nelson/Fitzroy devient plus clair et le rôle de Celluci auprès de Vicki est aussi mieux defini. Il laisse présager d'un futur clash entre lui et le nouveau petit ami vampire de son ex.
Tania Huff réussit avec ce second volume le parfait mélange de fantastique, de polar et d'intrigues amoureuses.
 Prochain Volume : Frontière sanglante avec un nouveau genre de monstre  

Piste sanglante, Tania Huff, Traduit de l'américain par Patricia Ranvoisé, Edition J'ai Lu [06/2010],  Edition et titre original : Blood Trail [1992] , 315 pages

Ps : J'ai édité le premier article sur la série et réecrit la présentation des personnages pour le second volume.

Le Maître ou le tournoi de Go

Je remet de l'ordre dans ma montagne de brouillons et je retrouve ce joli livre de Yasunari Kawabata que j'avais acheté l'année dernière suite à la lecture d'un livre du même auteur.

" La plupart des professionnels du Go aiment aussi d'autres jeux, mais la passion du Maître présentait un caractère particulier : l'incapacité de jouer tranquillement, en laissant les choses suivre leur cours. Sa patience, son endurance s'avéraient infinies. Il jouait jour et nuit, pris par une obsession qui devenait troublante. Il s'agissait peut-être moins de dissiper des idées noires ou de charmer son ennui que d'une sorte d'abandon total au démon du jeu. " (Résumé Editeur)

 Yasunori Kawabata est un écrivain nostalgique de sa jeunesse (comme dans Les belles endormies) et du Japon avant son ouverture aux occidentaux. L'ère Meiji (1868-1912) n'a pas fait que lancer la modernisation du pays, elle a aussi apportée aux japonais les valeurs occidentales. L'ancien Japon à alors laissé sa place à un nouveau plus moderne. C'est ce que raconte Le Maitre ou le tournoi de Go, utilisant le Goban (le nom de la table utilisée pour jouer au Go) comme métaphore pour parler des regrets de l'auteur. Mieux encore, Kawabata oppose deux conceptions (véridique) du jeu de Go, la moderne qui professionnalise ses joueurs et celle du Maître ou le Go était vu comme un art de vivre. Pour écrire son livre, Kawabata chronique une partie qui s'est  réellement déroulé en 1938 (sur une période de huit mois) entre un joueur d'une trentaine d'année et un vieux Maître sur le point de prendre sa retraite. Reporter à l'époque, il se donne aussi dans ce livre le rôle du narrateur/journaliste.
Si il est bien question du Japon dans Le maitre et le tournoi de Go, le livre ne fait pas qu'aligner les métaphores géopolitique, il est aussi beaucoup question de GO. Le narrateur est un novice dans ce jeu et c'est par ses yeux, ses questionnements parfois naïf, que Kawabata réussit le tour de force d'initier son lecteur. Le récit est régulièrement illustré de schémas pour permettre au lecteur de suivre les coups décisifs de la partie. Un autre point très positif dans ce livre est la non linéarité de l'histoire. L'auteur égraine, tout au long  de ses 41 chapitres, les événements lié au résultat de cette partie. Les petites histoires passées et futures se mélangent avec une telle virtuosité que jamais Kawabata ne perd son lecteur. Le gagnant de cette partie à beau être connu dés le premier chapitre, c'est le comment et le pourquoi qui pousse à la lecture durant les quarante chapitres suivants.
 le maître ou le tournoi de go est un livre prenant qui raconte avec finesse le destin de d'un homme et la fin d'une époque. Tout simplement sublime.

Lien utile : Fédération française de GO


Le Maitre ou le tournoi de Go, Yasunari Kawabata, traduit du Japonais par Sylvie Regnault-Gatier, -Edition  Albin Michel [1988], Collection Le Livre de Poche [2008], 157 pages