Fables

<< La petite porte de la cage était restée ouverte. Le petit oiseau d’un bond léger fut sur le seuil et de là, il regarda le vaste monde d’un oeil d’abord, puis de l’autre. Son petit corps fut traversé par le désir frémissant des grands espaces pour lesquels étaient faites ses ailes. Mais ensuite, il se dit : « Si je sors, on pourrait refermer la cage, et je resterais dehors, prisonnier. » La petite bête rentra et peu après, non sans satisfaction, elle vit se refermer la petite porte qui scellait sa liberté.>> 
(Quatrième de couverture, Fable pour Letizia page 41) 

Fables est un recueil de textes de provenances diverses et déjà publiés séparément entre 1891 à 2004. Certains d'entre eux n'avaient jamais été traduit en français et encore moins rassemblés dans un livre thématique. Les fables d'Italo Svevo ne sont pas, en grande partie,  destinés à un public enfantin, il vaut mieux considérer ce livre comme les tentatives d'un auteur dans un genre particulier. A moins, bien sur, de vouloir traumatiser sa progéniture et  devoir passer des heures à calmer une crise de larmes. Pour cette dernière hypothèse, je tiens à préciser que je ne parle pas d'expérience =)


Un lièvre stupide vit passer une automobile. << Oh ! s'écria-t-il. Les hommes ont inventé la roue >>
(Courtes fables pages 40)

Fables fait la part belle aux animaux. Du conte philosophique sur la vie des oiseaux ou d'un chat (Petits secrets, La Mort du chat), à la leçon de vie cruelle sur les rapports de voisinage entre humain et animaux (Rapports difficiles et L'âne et le perroquet ), Italo Svevo raconte aussi sur un ton plus professoral, l'évolution de la relation homme/éléphant dans (L'apologue du Mamouth). La deuxième partie du livre est consacré aux petites fables, d'un paragraphe ou d'une ligne (voir extrait ci dessus), sommairement numéroté et encore plus sommairement rassemblés dans des chapitres au noms basiques (Sans nom ou Courtes Fables). Le livre se termine par deux notes, l'une bibliographique ou vous trouverez des informations sur les textes (première publication, provenance, etc) et l'autre biographique.  
Le registre est familier et ressemble parfois à la nouvelle d'Alphone Daudet : La chèvre de monsieur Seguin. Le ton de ce livre est donc joyeux et le final plein de vie.
Vu la taille mini du livre et la petitesse du prix (3€) vous comprendrez pourquoi j'ai fait main basse sur ce livre et un autre du même auteur  le mois dernier (voir cet article : Ma paresse)

Fables, Italo Svevo, traduit de l'Italien par Dino Nessuno, édition Sillage (2010), 47 pages.

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