Guerre à Harvard

Guerre à Harvard Alors que gronde la guerre en Irak, son écho feutré résonne dans les couloirs de Harvard. Mark, fondateur de Facebook, Will, engagé comme réserviste, Quinn et Izzy, jeune couple à problèmes, Jenny, la fille aux cheveux roses et Nick, notre narrateur, nous entraînent dans la réalité de ce prestigieux campus. Entre la CIA qui vient débaucher des cerveaux et les soirées arrosées.
(Quatrième de couverture)

Fils d'une scénariste de télévision et de l'éditeur d'un journal sportif. Nick McDonell publie son premier livre, en 2004, à l'âge de dix sept ans, Douze, et c'est un succès critique et public. Nick, en bon garçon responsable, continue ses études et rentre à Harvard (excusez du peu). Il publie, en 2006,  de nouveau un livre Le troisième frère et de nouveau le succès est au rendez vous. Nick McDonell devient  reporter aux Times et en 2009, il publie un autre livre : An Expensive Education (non traduit en français pour le moment). Et en 2010, il abandonne la fiction pour publier un livre sur son séjour en Irak : The End of Major Combat Operations.
Encore en 2010, un film basé sur son premier livre, Twelve (IMDb) et réalisé par Joel Schumacher sort dans les cinémas. Ne l'ayant pas vu je ne vous en dirait rien.

Vous l'aurez remarqué Guerre à Harvard n'apparaît pas dans ma présentation de l'auteur car ce livre est, pour le moment, une exclusivité française. Guerre à Harvard est une fiction, une vision d'un campus prestigieux à un moment donné de notre époque, celui de la guerre en Irak. Pas d'histoire principale mais  un ensemble de petits récits raconter par un narrateur/observateur. 

En première année, dans les toilettes des filles au sous sol du bâtiment des sciences, des graffitis parlaient de viol. Sur la porte de l'une des cabines s'étalait une liste : << J'ai été violée au SPEE, automne 02 ; J'ai été violée  au fox, printemps 01 >>, etc.  Tous les prestigieux du campus y passaient. (page 13)


Le portrait de la faune d'Harvard, dressé par Nick McDonell est à la fois touchante et cynique. Les chapitres se suivent mais ne se ressemblent pas. Certains évoquent avec humour et légèreté, le problème lié au poids des étudiants et le personnel "exotique" de la cantine. D'autres racontent avec lourdeur et beaucoup de clichés l'amour difficile de Quinn et Izzy à trois stades de leur relation. Alors que certains parlent avec beaucoup de sensibilité, de la rencontre du narrateur avec un étudiant en particulier. Il y a aussi les chapitres d'atmosphère ou les protestations contre la guerre en Irak et les souvenirs de Mark Zuckerberg (Fondateur de Facebook et de la même promo que l'auteur) se mêlent pour donner plus d'ampleur au livre. Vraiment dommage pour Nick McDonell qu'il n'ai pas partagé, contrairement à un des ses amis, la chambre de Zuckerberg en première année, celui ci a investit dans Facebook dés le départ et aujourd'hui est un homme riche...

Il y a même un réseau Irak sur Facebook, qui compte huit cent vingt et un membres. Les émissions préférées des membres de ce réseau sont 24 heures chrono, Family Guy, Lost, les Simpson, Scrubs. Les mêmes que dans le réseau Harvard. (page 67)

 
La guerre en Irak est l'ombre qui plane sur tous ce livre, un ombre qui plane sur des étudiants oisifs, friqués et destinés à devenir l'élite d'une nation. Un livre qui pourrait être amoral mais qui trouve dans sa conclusion une grandeur et un patriotisme inattendu. Rien de puant, je vous rassure. L'auteur, comme la grande majorité du campus d'Harvard n'apprécient pas la politique de Georges W. Bush. L'éditeur compare, sur le quatrième  de couverture,  l'auteur à Bret Easton Ellis ce que je trouve exagéré. Ce livre à des défauts rédhibitoires comme les trois chapitres d'Izzy et Quinn  qui ressemblent à un mélo pour adolescentes et n'ont vraiment rien à faire là. Passé ce détail, ce livre est une bonne lecture ou on y trouve à boire et à manger. Je l'ai dévoré en une soirée. Ce livre donne envie d'en connaître plus sur l'auteur ce qui tombe bien car j'ai acheté ce livre pour découvrir un nouvel auteur.
"Guerre à Harvard", Nick McDonell, Traduit de l'anglais -américain - par Samuel Sfez. Flammarion [2008], 95 pages. 

Le paragraphe du C.L.A.P : The Social Network  
Je pourrais dire que j'étais déjà vendu au film avant de le voir, dire que mon admiration, sans bornes, pour Fincher m'aveugle (sauf pour horriblement chiant Benjamin Button _mais on l'a probablement obligé à faire le film, un flingue sur la tempe_ ^^). Mais voilà, j'ai adoré le film. Sa pléthore de thèmes (film sur l'amitié, la revanche social, l'informatique, film de (et deux) procès, film sur l'asociabilité, film sur le succès comme en raffolent les américains. Autant de niveaux de lecture absolument fascinant pour un film qui n'aurait pu être un biopic de plus. Dire que j'ai envie de lire la biographie donc s'inspire le film est un euphémisme. 
Pour ceux qui souhaiterait lire une critique plus détaillée du film (et moins fanboy !), je les convie à se rendre sur le blog d'Alexandre Mathis : Plan-c.

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