Travailler avec des cons

Travailler avec des cons Nous en avons tous rencontré un jour ou l'autre... et ce n'est pas un privilège ! Ils nous perturbent, bousillent notre vie et celle de millions de salariés. Oui, il était temps de vous donner les astuces permettant de survivre à ces individus : Comment les reconnaître ? les comprendre ? Comment gérer efficacement votre con de bureau « préféré » et transformer l'enfer d'hier en de réjouissants et multiples pièges à cons ? Devenez un très redoutable et très redouté bourreau des cons au travail. (quatrième de couverture)

Une journée au bureau

9h  : Je m'assois à mon bureau et regarde la pile de dossiers qui attendent d'être traités. je retrousse mes manches et empoigne le premier document.
9h01 : You got mail ! Je regarde l'écran de mon ordinateur et me dis qu'aujourd'hui encore je n'y échapperais pas. L'expéditeur ? Mon ami Roger. J'ouvre le mail. C'est une image d'un bodybuilder chevauchant une créature siliconée de sexe indéterminé. Roger à entouré de rouge la bouche de la créature pour bien me montrer l'ombre d'une barbe mal rasé. Pour bien ponctuer la blague, il a écrit en caractère gras en dessous de l'image L.O.L.
9h02 : Je ne rigole pas, je décide de demander l'avis d'un personne plus sophistiquée que moi et je fais suivre le mail à mon patron.
10h00 : Roger vient me voir. Visiblement il s'ennuie et à décider de me raconter le match de foot d'hier soir en détail.
10h45 : je ne tiens plus et lui demande une mi-temps. Je me demande vraiment si il y a autant de PD que le dit Roger dans l'équipe adverse. L'arbitre aussi serait un enculé d'après lui. Une vague histoire de penalty dans une surface de réparation. Je ne comprend pas. Le monde du football me semble avoir bien changé depuis la coupe du monde de 98.
11h30 : La jeune étudiante en stage, préposée au café et aux photocopies, passe à proximité de mon bureau. Roger toujours dans son match de foot s'arrête de raconter et la reluque de haut en bas. D'un geste très classe, il soulève et tâte, au travers de son pantalon, son service trois pièces et déclare qu'il se ferait bien la petite stagiaire sur la photocopieuse. Je lève un sourcil d'indignation mesuré. J'aperçois la malheureuse qui s'enfuit sans demander son reste.
11h45 : Je retrouve ma stagiaire en pleurs assise sur un tabouret entre la machine à café et le ficus en plastique. Je lui propose mon oreille compatissante pour se soulager. Avec tact, je lui dis qu'elle ne doit pas se laisser faire par Roger et qu'elle doit contre-attaquer. Je sors de ma poche un dépliant sur le harcèlement au travail et lui demande de le lire.
 12h30 Je décide de prendre mon déjeuner à mon bureau (carottes râpées en entrée et thon émietté au jus de citron  en plat de résistance, le Yaourt 0% aux fruits rouges sera mon dessert). Oui j'ai des poignées d'amour mais je me soigne. je savoure ce moment de tranquillité quand j'entends dans le couloir : Toujours avec ton repas de femmelette !. Roger m'a trouvé et décide de partager sa pause déjeuner avec moi. Son chiche-kebab dégouline de sauce sur mon bureau. Roger s'excuse poliment et commence à nettoyer avec son mouchoir. Bizarre.
12h45 : Mon repas est fini, celui de Roger aussi. Il se propose gentiment de m'offrir un café. Bizarre.
12h50 : Tout s'explique. Roger veut jeter un oeil sur mon travail. Il agrippe les dossiers que j'ai traités ce matin et les emporte à son bureau.
12h51 : Je souris. Il ignore visiblement que le patron a déjà connaissance du travail que j'ai effectué ce matin. Le premier jour ou j'ai rencontré Roger, il s'est approprié mon boulot.Depuis je fais suivre à la direction tous les dossiers que je traite dés qu'ils sont terminés. On peut tromper mille fois une... euh non c'est pas ça. On peut tromper mille fois mille per... c'est pas ça non plus. Enfin vous avez compris l'idée.
14h : J'aperçois la stagiaire dans le bureau du patron apparemment elle plaide sa cause.
14h30 : C'est au tour de Roger de rencontrer le Big Boss. Mes dossiers sous le bras, il a l'air heureux.
14h45 : Roger sort du bureau du patron. Il fait la gueule. Je viens de gagner ma tranquillité pour l'après midi.
15h45 : Roger ne boude plus et décide de venir me faire la conversation. Ma tranquillité à été de courte durée finalement.
15h49 : Roger me parle de ses plans pour l'avenir. Bien sur, il se voit calife à la place du calife. Il me promet qu'il me nommera son bras droit, le jour ou il obtiendra sa promotion. Moi je pense, que ce jour là, je préférerai  être écrasé par un troupeau d'éléphants d'Asie.
16 h30 : Roger quitte son bureau précipitamment. Il a rendez vous chez le coiffeur comme toutes les semaines à la même heure. N'allez pas croire que Roger tient à sa coupe de cheveux. Non. Il à surtout rendez vous avec la jeune shampouineuse à qui il a fait croire monts et merveilles. En plus il débauche avec une demi heure d'avance.
16h31 : Pour bien finir ma journée, j'appelle madame Roger et je l'informe que son mari à rendez vous chez le coiffeur dans une chambre d'hôtel. La malheureuse s'en doutait.
17h : Enfin la débauche. Je quitte mon travail avec le sentiment du devoir accompli.

Fin : Je suis chez moi et j'observe ma pile de livres à lire. Sur le sommet trône Travailler avec des cons. Un livre que je ne croyais pas apprécier. Un livre écrit sous pseudonyme sur un sujet démagogique au possible. Rien qui n'aurait pu me plaire. Un livre que j'ai trouvé dans un bac de livres d'occasions chez mon bouquiniste (0.50€).  Non seulement, il contient de bons conseils pour résister à la connerie ambiante sur le lieu de travail mais l'ensemble est écrit avec un humour féroce. Il permet grâce à de savoureux profils psychologiques de savoir quel genre de con l'on fréquente et comment l'empêcher de nuire. Le dernier chapitre énumère des prières au cons (utilisant la psychologie inversée) pour subtilement les manipuler.

Bien sur il serait facile de résumé les conseils contenu dans ce livre  par une seule phrase : ne pas se laisser faire !  Travailler avec des cons est plus un livre d'humour qu'un véritable guide to life orienté chasse aux cons. Malgré tout dans sa dernière page, il donne les coordonnées de différentes organisations luttant contre le harcèlement moral sur le lieu de travail. Comme quoi, on peut rire un peu et finir sur une note plus sérieuse et utile.

PS : Une journée au bureau est une fiction qui ne contient aucun élément biographique (quoique...). C'est juste un texte mettant en situation les conseils que l'on trouve dans ce livre.

Travailler avec des cons, Tonvoisin Debureau, J'ai Lu [03/2009], 124 pages.

Passeront-ils le millénaire ?

J'aime bien regarder les grands de ce monde et les vedettes à la télévision. Voir leurs mines réjouies ou déconfites dans un hebdomadaire. Elles me font rire le plus souvent, pitié aussi de temps en temps. A force de les observer en photo et à travers l'écran, d'apercevoir les gros titres des journaux et d'entendre les commentaires à leurs propos, je me suis fait ma petite idée sur chacun et chacune de ses célébrités. Politique, sport, cinéma, musique, littérature, économie, média et folklore : j'en ai compté un peu plus de 400. Eh bé...
(Résumé du quatrième de couverture)

Pierre-Yves Roubert est écrivain (pour lui même), écrivain public (pour les autres) et éditeur (pour les deux activités précédentes). Cet ancien diplômé de sciences-politiques à créé en 1995 sa propre micro entreprise qui possède d'ailleurs une site sur la toile (Maison d'édition Ecritures) ou il promeut ses livres et ceux des écrivains amateurs qu'il édite. En 1999, il édite Passeront-ils le millénaire ? une compilation d'avis plus ou moins drôles et méchants sur les grands et petits (morts ou vivants) de ce monde. Un livre forcément daté aujourd'hui, qui n'est intéressant de lire que pour l'image qu'il donne de notre société médiatique d'il y a une décennie.. Pour tout vous dire je n'ai pas payé ce livre, mon bouquiniste me l'a offert après un achat conséquent (non, je ne donnerais pas le montant...). Je vous propose en guise d'avis, un extrait et un commentaire sur chaque catégorie.

Politique : De Charles de Gaulle à César.
De loin la catégorie la plus amusante. Pierre-Yves Roubert est en terrain connu et cela ce sent. Il se lâche le coquin !  

Ségolène Royale : Je commencerai par une galoche et je terminerai par une fessée.

Sport : De Fabien Barthez à Neil Armstrong... Neil Armstrong ?
Un catégorie ou P.Y.R n'est pas très à l'aise. Beaucoup de vieux sportifs (même pour 1999) et beaucoup d'américains (Fosbury, Deamon, Johnson...).

Eric Cantona : Footeur de merde.

Cinéma : De Béatrice Dalle à James Dean.
Toujours Coquin, Pierre Yves Roubert cite une belle brochette d'actrices françaises. Il y a des hommes aussi surtout des grands (Ventura, Delon, Belmondo...)et deux/trois américains pour le quota international.

Brigitte Bardot : Son esprit était déjà si faible qu'il n'a pas pu, à l'instar de sa beauté, décliner. On ne peut même pas la qualifier de Simone Signoret des bébés phoques.

Musique : De Céline Dion à Bernard Lavilliers.
Beaucoup de "vieux" de la chanson française et quelques jeunes et internationaux pour faire bonne mesure.

Michael Jackson : De bonnes jambes, une voix moyenne et une toute petite couille.

Littérature (et autres arts) : De Marcel Proust à Agatha Christie et de Pablo Picasso à Sylvie Guilhem. Comme pour la musique, beaucoup de grands noms et peu de contemporains.

Simone de Beauvoir : Beark ! l'anti-femme.

Auguste Rodin : Il a un musée, c'est déjà bien. 

Economie : De John Ford à Al Capone... Al Capone ?
Un mélange pas très homogène de grands industriels, couturiers et de "commerçants" en tous genres.

Yves Saint-Laurent : Qu'est-ce qu'il fabrique avec des femmes ?

Médias : De Patrick Poivre d'Arvor à Pierre Bellemare.
Probablement la catégorie qui a le plus mal vieillie, elle n'est presque uniquement constituée de présentateurs télé aujourd'hui sans emplois ou disparu dans les méandres d'une chaine de la TNT.

Jean-Pierre Pernault : Il parle des vaches, et les boeufs n'aiment pas ça.

Folklore : Du Prince Charles à son beau frère.
La catégorie fourre-tout par excellence ou Pierre-Yves Roubert tape sur la religion (catholique mais pas les autres) , des comiques et des présentateurs télé (il y a une catégorie médias pourtant...)

Dieu : N'existe pas

Passeront-ils le millénaire ? Les célébrités vues par un esprit simple, Pierre-Yves Roubert, Maison d'édition Ecritures [10/1999], 95 pages.

Le fait du Prince

Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate.
(Quatrième de couverture)

Il y a des choses qui ne changeront jamais, Amélie Nothomb qui sort un livre chaque année (et à chaque fois pour la rentrée littéraire de septembre) et votre serviteur qui se moque (gentiment) d'elle sur internet. Madame Nothomb fait partie de mes trois écrivains/piñatas préférés. Trois écrivains qui ont des égos surdimensionnés (et les ventes de livres qui vont avec) ainsi qu'une couverture médiatique importante. Je reconnais, bien évidemment leurs talents pour l'écriture mais leurs insupportables égos beaucoup moins. Je n'ai plus lu de Nothomb depuis Stupeur et tremblements [1999] que j'ai détesté avec passion.  Les années ont passées et je suis, plus ou moins, resté sur l'idée qu'elle n'était l'auteure que d'un seul livre : Hygiène de l'assassin [1992]. 


<< Les lecteurs d'Amélie Nothomb sont des femmes entre 14 et 28 ans... >>
Remarque gratuite de ma part qui reste à confirmer =)

Baptiste Bordave mène une vie monotone dans son appartement parisien quand un jour un Scandinave vient frapper à sa porte.  Sa voiture est en panne et le malheureux souhaiterait utiliser le téléphone. Baptiste trop content de venir en aide à un voisin européen lui laisse passer l'appel. A peine a t-il composé le numéro que le Suédois s'écroule, mort. Par peur d’être accusé de meurtre, Baptiste ne prévient pas la police et à l'idée lumineuse d'échanger son identité pour celle du mort. Lui qui voulait changer de vie, le voilà comblé. Il faudra dorénavant l'appeler Olaf Sildur. Passé l'excitation de se baptême improvisé, Baptiste Bordave se rend compte que son Suédois lui à mentit. Sa voiture, une Jaguar, fonctionne parfaitement. Sans que cela ne l’inquiète outre mesure, il décide de prendre aussi possession de la maison du mort, un pavillon dans la commune aisée de Versailles. A son arrivée il est accueillit à bras ouvert par Sigrid,une jeune blonde, qui se présente comme la femme d'Olaf. Choyé et dorloté par une hôtesse plus que prévenante, Baptiste se laisse aller au farniente en oubliant un peu vite qu'il n'est qu'un imposteur. Quelqu'un va finalement le lui rappeler.


<< Étonné d'avoir passé une si bonne soirée, je rentrai chez moi. On est jamais déçu quand on parle de la mort. Je dormis d'un sommeil de survivant. >> (page 11)

Quelle est la vrai raison qui a amenée Olaf Sildur chez Baptiste Bordave ? Pourquoi Baptiste Bordave fuit-il sa vie ? Qui est l'homme qui fait surveiller la villa ? Pourquoi n'y a t-il que du champagne a boire dans la cave d'Olaf Sildur ?  Pourquoi la cave d'Olaf Sildur ressemble t-elle a une discothèque ? Autant de questions qui ne trouverons jamais de réponses. La (légère) trame de roman noir de ce livre n'est qu'un prétexte utilisé par l'auteure pour parler d'un fantasme des plus communs. Celui de changer de vie. Comme elle l'avoue dans son interview au magazine Lire (n°388, 09/2010), Miss Nothomb aime le Champagne et les mets fins, comme par hasard Baptiste Bordave, lui, boit de grands millésimes et picore de la nourriture de qualité à longueur de roman. je n'irai pas jusqu'à dire que le héros (fort peu viril) de ce livre est une extension de son auteure mais il y a des indices troublants. Le fait du prince est un livre ou il se passe peu de choses. Passé vingt pages et l'installation dans la villa Sildur, le roman s'enlise dans le quotidien et le monologue intérieur très monotone de son héros. Sigrid, cliché sur pattes de la blonde superficielle, ne fera rien non plus pour réveiller l'histoire.  Il faudra attendre la quasi-fin du roman pour qu'un peu de tension s'installe et qu'enfin l'histoire commence à devenir palpitante.  Un début de tension, visiblement insupportable,  pour Amélie Nothomb qu'elle l'annihile en une phrase dans le dernier chapitre. Heureusement pour ce livre le faible nombre de pages et les petites piques sur la vie quotidienne (et les suédois-un festival !-), chères à l'auteure, font que l'on ne si ennuie jamais vraiment. Un livre réservé aux fans de l'auteure et à eux seulement

Le fait du prince, Amélie Nothomb, Editions Albin Michel (2008), Livre de Poche (05/2010), 145 pages