Le copiste de Beaumarchais

Dans la bouche des gens du village, les mots Bon marché sont devenus << Beaumarchais >>, alors on dit qu'on va faire ses courses << chez Beaumarchais >>, pour parler du marché de monsieur Sliman.
(Quatrième de couverture)

Écrivain, homme politique de gauche puis de droite (comme les femmes, l'homme politique varie), chercheur en sociologie et en économie. Azouz Begag est un homme multicartes. J'ai tendance à éviter comme la peste  les livres d'hommes politiques. Leurs productions littéraires sont toujours remplis de sous entendus et de petites phrases sur "le camp d'en face". C'est quelque chose qui m'énerve prodigieusement. C'est pourquoi aujourd'hui, je ne vous ferais pas une liste de la vingtaine d'ouvrages de monsieur Begag (des essais politiques pour la plupart) ni de sa quinzaine d'ouvrages scientifiques (qui j'en suis sur, sont d'un ennui mortel...).


Jacques Ferrandez lui est dessinateur. On lui doit les illustrations en couleurs de ce petit livre. Il est surtout connu pour avoir adapté un scénario de Toninio Benacquista en bande dessiné chez Casterman en 2000 : L'outremangeur.

<< Une association charitable suisse a envoyé des livres neufs aux enfants du village sans livres >>
(Première page)
  
J'ai acheté ce mini livre en même temps que Nathalie Sarraute, l'après midi, le petit format et le prix rikiki ont fait flancher le peu de volonté que mon portefeuille possède. Quand je disais, un peu plus haut, que je ne lisais jamais de livres ou de textes d'hommes politiques, c'est vrai. Spécifiquement les vivants. Malgré son faible nombre de pages, ce texte d'Azouz Begag n'est pas exempte de messages. Messages que je ne qualifierais pas de politiques mais d'idéologiques. En une quarantaine de pages Begag fait ce que Gregory Mcdonald à vomit en 200 pages. Encenser la pauvreté noble et pointer du doigt le riche et le puissant. Azouz Begag y rajoute la couleur de peau. Le noir est pauvre, noble de cœur et le riche est évidemment blanc et paternaliste.
Pourtant, cette histoire de jeune copiste qui passe ses journées devant un livre neuf pour le recopier et ainsi enfin posséder son propre exemplaire, avait tout de la belle fable touchante.
A trop vouloir donner un sens à son texte, Begag en a détruit sa simple beauté. Je croyais les militants anti-racisme loin des clichés raciaux, je me trompais.


Le copiste de Beaumarchais, Azouz Begag, Jacques Ferrandez, Collection Livres d'heures, Éditeur Naïve[09/2010], 44 pages.

Nathalie Sarraute, l'après-midi

Elle aurait aimé s'aimer davantage, disait-elle, comme s'aimait Marguerite Duras.
(Quatrième de couverture)

Ancien professeur d'espagnol, Michèle Gazier à abandonner sa carrière dans l'éducation nationale pour devenir, un temps chroniqueuse pour Libération,  puis critique littéraire,  aujourd'hui encore, pour Télérama. Michèle Gazier s'inscrit plutôt dans la veine des romans familiaux avec drame, romance etc.  Le tout bien entendu raconté d'un point de vue féminin.  Un genre peu courant pour moi et mes lectures, que vous ne verrez que rarement ici (je suis un affreux macho bouhou !). Michèle Gazier a publiée une quinzaine de romans et nouvelles. En vrac et dans une liste non exhaustive : Un cercle de famille [1996], En sortant de l'école [1999], Noir Panthère [2008] Abécédaire Gourmand [2008], la fille [2010]. D'origine espagnole Michèle Gazier a aussi collaboré à un ouvrage sur son pays natal : L'Espagne d'hier et de demain [2008].  

Denis Deprez lui est un dessinateur Belge et spécialisé dans les adaptations de romans en bandes dessinées et les biographies en images, Les champs d'honneur [2005] (adapté du roman, du même nom, ayant remporté le Goncourt en 1990), Moby Dick [2007],  Rembrandt [2008] et les illustrations de Nathalie Sarraute l'après-midi [2010] accompagnant le texte de Michèle Gazier.

<< Les gens, le monde ne lui étaient jamais indifférent. Elle pouvait se moquer des uns et des autres sans réelle méchanceté. Avec une sorte de plaisir malicieux, une effronterie semblable à celle des gamins qui tirent les sonnettes et s'enfuient en courant, plus essoufflés par leur propre rire que par la peur d'être rattrapés et punis. >>
 (page 18)

Nathalie Sarraute est une des romancières françaises, les plus importantes du siècle dernier. Il aurait été facile de produire un texte racontant l'amitié entre un écrivain en devenir et un autre sur le point de rencontrer la grande faucheuse, sur le thème de la flatterie et d'une prétendue filiation de plume. Le cas c'est malheureusement déjà vu. Au lieu de cela, Michèle Gazier conte sa rencontre avec la grande Nathalie Sarraute,  sa gêne, son appréhension. Cet entretien raté, pour son journal d'alors, qui tourne à la confession et elle, la journaliste qui se fait consoler par la grande romancière. C'est le début d'une amitié sur le tard (Sarraute à alors plus de quatre vingt-dix ans).
Un récit pudique  fort joliment illustré, une page sur quatre environs, par Deprez. Le livre se termine d'ailleurs sur un magnifique portrait dessiné de Nathalie Sarraute (d'après photo). Une bonne et surprenante lecture.

Nathalie Sarraute, l'après-midi, Michèle Gazier, Denis Deprez , Collection Livres d'heures, Éditeur Naïve, 45 pages.

Pieds nus sur les limaces

Lily ne fait que des bêtises: dépecer de petits animaux, insulter les gens, coucher avec n'importe qui.
Lily est étrange, sa famille aussi. Sauf Clara, douce et raisonnable, qui s'est sacrifiée pour la folie des autres. Aujourd'hui Clara est fatiguée. Parfois, elle trouve encore la force de prendre sa soeur dans ses bras pour la serrer fort, de plus en plus fort...
(quatrième de couverture)


Fabienne Berthaud cummule les métiers comme beaucoup d'artistes,  actrice (un petit rôle dans une sitcom de TF1), réalisatrice, scénariste et enfin auteure. Elle a publié cinq livres : un premier roman en 1994  : Cafards, puis un roman : Mal partout en 1999. La même année, un polar  chez Fleuve noir : Moi par exemple.
En 2010 sort son quatrième livre : Pieds nus sur les limaces. Son éditeur annonce la sortie d'un cinquième ouvrage pour début 2011 : Un jardin sur le ventre. Le créneau de Fabienne Berthaud aussi bien dans ses livres et des ses films, c'est la folie dans la cellule familiale. Un thème casse-gueule qui peut facilement tomber dans l'outrance et la provocation facile. Après un premier film se déroulant dans une chambre d'hôpital psychiatrique, Frankie (2006). Fabienne Berthault renoue une fois encore avec la folie dans son dernier film, Pieds nues sur les limaces qui n'est pas l'adaptation du livre éponyme, que je vous présente aujourd'hui, mais sa préquelle.  Comme je n'ai pas encore réussi à  la voir,  je vous propose de vous rendre sur le blog Filmosphère pour connaître l'avis d'un cinéphile averti sur le film : La critique de Nicolas Gilli

« Fabienne Berthaud raconte avec pudeur et une inventivité artistique réjouissante le rapport entre deux sœurs. » (Lire sur la quatrième de couverture)
<< Il n'y a rien de pudique et d'inventif artistiquement dans ce livre >>  Cultiste sur son blog  

Le résumé de l'éditeur est encourageant, les 30 premières pages aussi. Comme dans les bons livres et les bons films, Berthault commence fort, très fort. La relation tordue entre les deux soeurs, Lily appelle sa soeur maman. La jalousie de Clara, Pierre, son mari, a des relations sexuelles avec Lily pour calmer cette dernière. Depuis ce dernier événement et bien qu'elle ferme les yeux pour  faire le bonheur  de Lily, une envie de meurtre commence à prendre le contrôle de la sage Clara.
Pieds nus sur les limaces est raconté du point de vue de Clara avec qui l'on partage les pensées et les doutes. Clara n'a pas de vie en dehors de sa soeur. Elle s'en occupe jour et nuit depuis la mort de sa mère. Pour les gens à l’extérieur de la famille, comme Mireille la bonne, elle est une sainte. Sauf que derrière les apparences, Clara est aussi folle que sa soeur.
Florence Berthault en fait des tonnes dans la relation fusionnelle entre soeurs. Elle exagère aussi dans les raisons de cette co-dépendance. Au point de tomber parfois dans le mauvais mélo. Que dire aussi des personnages masculins à peine caractérisés et qui ne sont là que pour victimiser les deux soeurs. Celui qui remporte la palme du personnage masculin le plus ridicule reste le père décédé de Clara. Père incestueux avec Clara, il devient au fil des pages un pédophile/pédéraste qui abandonne sa fille en se suicidant. Clara , aujourd'hui encore, est amoureuse de son papa. Un joli lot de perversions et de comportements qui peut être appliqué à tous les personnages hommes et femmes de ce livre.  Fabienne Berthault accumule donc les perversions et les troubles psychiatrique pour donner du corps à ses personnages. Sauf qu'elle en fait trop au point d'oublier son récit. Au point même que l'on se désintéresse bien vite, de cette histoire et du malaise de ses marionnettes folles. Tellement improbable. 
Un livre que je ne recommande donc pas.

Pieds nus sur les limaces, Fabienne Berthaud, Editeur Points (11/2010), 157 pages

Lovecraft on the web

Je vous propose avec cet article, qui est le premier d'une longue lignée, de vous faire découvrir de nouveaux sites web. Celui ci est consacré à ma madeleine de Proust. Les autres seront très différents.  Il inaugure aussi ma nouvelle page de liens externes (avec images tentatrices pour vous incitez à cliquer). La nouvelle page de liens se trouvera bientôt en dessous du titre de mon blog.

Je commence avec un blog français :



Lancé récemment. Ce blog s’intéresse, avant tout, a la ville fictive de Lovecraft : Innsmouth.
Contrairement à moi, ce blog ne se consacre pas à des lectures des plus douteuses mais à tout ce qui à été créé autour de cette ville : Courts métrages, films, animation, livres, jeux vidéo, blogs, etc. Bonne chance donc à Robert Olmstead qui s'occupe de ce blog. La tache risque d'être rude pour être exhaustif.
Pour vous rendre sur le site, cliquez sur sa bannière !


Un blog américain  pour finir :


Lovecraft a disparu (Lovecraft is missing en bon français) est un webcomic basé sur l'univers de.... devinez qui ? Oui Lovecraft ! L'histoire est des plus simple trois personnages, une farouche bibliothécaire, un écrivain amateur et un prêtre catholique à la recherche d'un certain écrivain Accessoirement ils leur faudra aussi affronter une horde de sectateurs et des monstres tentaculaires. Ce webcomic existe depuis deux ans et devrait connaître six chapitres au final. Pour l'instant, Larry Latham, le dessinateur et scénariste, se consacre a son troisième chapitre. Je vous laisse découvrir le reste.
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