Le vice de la lecture

<< Peu de vices sont plus difficiles à éradiquer que ceux qui sont généralement considérés comme des vertus. le premier d'entre eux est celui de la lecture. >> (quatrième de couverture)

Edith Wharton (1862-1937) est une romancière américaine. Elle commence sa carrière d'auteur à l'adolescence avec des poèmes et une nouvelle. A l'âge de 23 ans, elle perd son nom de jeune fille, Newbold Jones pour prendre le nom de son premier mari Edward Robbins Wharton. C'est un mariage difficile, Les problèmes financiers du couple et les infidélités de son mari se soldera par un divorce en 1913. Une chose rare à l'époque qui répugnait Edith. Elle ne se remariera jamais. Sa carrière littéraire elle, heureusement se porte bien. En 1891, elle rencontre Henri James avec qui elle liera une grande amitié. Durant l'année 1902, elle fréquente le milieu littéraire parisien et s'entoure d'écrivains et d'artistes, André Gide et Jean Cocteau notamment. C'est en 1905, qu'elle écrira son chef d'oeuvre : Chez les heureux du monde. Un film à été réalisé d'après ce roman en 2000 avec Gillian Anderson et Dan Aykroyd dans les rôles principaux (titre original : House of Mirth : IMDb). L'année suivante, elle s'installe à Paris qu'elle ne quittera plus jusqu'a sa mort. Lors de la première guerre mondiale, elle fait paraître un livre : La France en guerre qui lui vaudra de recevoir la légion d'honneur. En 1920, elle publie Le temps de l'innocence et se voit remettre le Pulitzer (pour la première fois décerné à une femme). Pour une biographie plus complète que ce modeste résumé, Miss Wharton a publié une autobiographie en 1934 : Les chemins parcourus.

<< Lire n'est pas une vertu, mais bien lire est art, et un art que seul le lecteur-né peut acquérir. >> (page 12)


Dans ce texte paru à l'origine dans une revue littéraire (en 1903), Edith Wharton s'attache à faire une distinction entre deux types de lecteurs. Celui qui lit pour son plaisir (le lecteur né) et celui qui ne lit que par conformisme social (le lecteur mécanique). Le vice du titre de cet essai ne fait pas référence au lecteur passionné mais bien au lecteur mécanique et à son mode de consommation du livre. Lire un livre par obligation social est selon Edith Wharton, nocif  à l'écrivain et à son éditeur. La lecture mécanique provoquant selon elle, une corruption involontaire de la littérature. Une uniformisation de la création et un appauvrissement de thèmes.
Curieusement je trouve ce petit texte toujours d'actualité.


Le vice de la lecture, Edith Wharton, Traducteur Shaïne Cassim, La petite collection, Edition du sonneur, 44 pages

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