L'ami du défunt

Un jeune traducteur au chômage, que sa femme vient de quitter, noie son chagrin dans des litres de thé, de café et de vodka.
Le désespoir et l'alcool aidant, il décide de programmer sa propre mort et engage un tueur professionnel. Lorsqu'il reprend goût à la vie, il est trop tard : le tueur à gages est déjà à ses trousses... Mais, à Kiev, les solutions extrêmes peuvent prendre des détours inattendus !

(quatrième de couverture)


Né à Kiev en 1961, Andreï Kourkov, écrivain de langue russe vivant entre Londres et la capitale Ukrainienne. Diplômé en langues étrangères (Il en parle entre huit et onze selon les sources). Kourkov est aujourd'hui scénariste pour le cinéma et le théâtre. Il a publié, à ce jour six romans et un recueil de nouvelles. Son premier succès est aussi son premier livre : Le pingouin [1996] qui raconte la vie commune d'un journaliste et d'un pingouin.
En 2002. Il reprend le personnage (humain) principal du Pingouin dans une suite : Les pingouins n'ont jamais froid. Son dernier roman sortit en France est Le laitier de nuit. Un roman que je possède (et qui devrait donc apparaître incessamment, sous peu, sur ce blog) et qui se déroule juste après la révolution orange ukrainienne et raconte du point de vie de différents personnages, la vie d'après ce fameux mouvement populaire. Le style d'Andreï Kourkov est facilement reconnaissable à ses descriptifs d'un quotidien très ordinaire et de situations cocasses. Dans Le laitier de nuit par exemple, le chat du narrateur, après avoir bu un lait "enrichi" saute par la fenêtre se prenant pour Superman.

Le résumé de l'éditeur pourrait porter à confusion. Il donne à celui qui acheté L'ami du défunt l'illusion qu'il s'agit d'un roman noir. La vodka, le héros loser et dépressif, le tueur à gages autant de clichés du genre, qu'appuient une couverture arborant argent et vodka. En bref, je me suis fait avoir. Il s'agit en réalité d'un roman du quotidien avec des éléments de roman noir. Andreï Kourkov décrit un homme qui aimerait être reconnu dans sa mort de son ex-femme et de ses rares proches. Pourquoi ? Simplement parce qu'il n'a pas l'impression de vraiment exister et qu'il s'imagine qu'une mort violente obligera ses connaissances à se poser des questions sur cet homme moins ordinaire qu'ils n'auraient cru. Enfin c’était l'idée, jusqu'à ce qu'il rencontre une jeune prostituée qui va lui donner de quoi s'accrocher à la vie. Un sentiment que les optimistes appellent l'espoir.
Il va donc passer une partie du livre à tenter d'échapper à "son tueur" et finir par trouver une solution logique, mais hilarante, à son problème. 
J'ai beaucoup aimé le héros se mettant bien malgré lui dans une succession de situations délicates mais beaucoup moins apprécié qu'Andreï Kourkov lui donne les solutions deux pages plus loin. Malheureusement le problème est là, tout est beaucoup trop simple pour le narrateur, l'intrigue du tueur se termine en milieu de volume et puis plus rien. Enfin si, le narrateur se cherche mollement une autre femme, mais comme il est un rien paresseux, il choisit la facilité.
Il y a les ingrédients dans ce récit pour un très bon roman mais rien ne fonctionne. La première partie de L'ami du défunt, avec le tueur, est inquiétante, mais tourne vite court, pour laisser sa place a du remplissage relativement désintéressant.
L'ami du défunt n'est probablement qu'une nouvelle rallongée pour lui donner la taille de roman. L'écriture de Kourkov est agréable et son humour depressif est amusant. Aaaaaah le régime alimentaire de son sans le sou de héros à base de pommes de terre et de fromage. Probablement donc pas le livre de l'année, mais une bonne entrée en matière au style de l'auteur.

L'ami du defunt, Andreï Kourkov, Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs, Éditeur Points [04/2003], Édition et titre original : Milyï drug, tovarichtch pokoïnika [1999], 130 pages.

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