Epilez-vous !

Boris Boillon (dit Brugnon) vu par Pénélope Bagieu

"Alors qu'Indignez vous est devenu un véritable phénomène de société avec plus de 1.800.000 ventes, Aristophane Aisselle et Pénélope Bagieu ont eux aussi souhaité lancer un grand cri de révolte : Épilez vous !!
Cette parodie, à mettre entre toutes les mains et sur toutes les tables, offre un contrepoint farceur et ludique au best-seller de Stéphane Hessel.
Aristophane Aisselle : derrière ce double malicieux, se cachent d'insolents satiristes, nourris par les idéaux du vrai Hessel, mais sans illusions sur l'exploitation médiatique du phénomène
C'est cette manière de se racheter une conscience à bon compte qu' « Epilez-vous ! » tourne en dérision.

Au-delà du pastiche façon « société de consommation », ce petit manuel hommage et pied-de-nez permet de rester indigné et éveillé.
Le tout est délicieusement illustré par Pénélope Bagieu."

(Texte de présentation de Dargaud)



Après Enfilez-vous ! la parodie anarchistico-gauchiste qui vendait du lubrifiant social pour régler les problèmes d'une France frustrée. Après le livre réponse d'un activiste de droite qui s'exclamait d'un J'y  crois pas flirtant dans ses propos avec les extrêmes de son parti. Stéphane Hessel peut se vanter d'avoir excité les opportunistes de tout poils avec son indignation (voir mon article : Indignez-vous !). Je continue donc de collectionner les parodies de son livre. Epilez-vous ! est, contrairement aux deux exemples cités plus haut, une parodie apolitique.
Il se rapproche pourtant d'un Enfilez-vous ! dans son besoin de combler l'espace entre les paragraphes par des illustrations. Les dessins de Pénélope Bagieu sont pour beaucoup dans l'impression de légèreté de cette satire et font dans l'humour bon enfant ( "Ici l'ombre" proclame un Stéphane Hessel à Londres d'un parasol sur le quatrième de couverture).
Les propos d'Indignez-vous ! sont détournés de la même manière. La situation Israélo-palestinienne est l'occasion d'un récit comparatif de vacances sur les habitudes épilatoire des deux pays. L'auteur n'oubliant pas de faire une allusion  à la lettre de Guy Moquet (rebaptisé Moquette) dans ce paragraphe. Dans le second chapitre Épilez-vous ! aborde le sujet des injustices sociales et la société capitaliste qui étonnement fleurent bon le Chanel n°5.

<< Ce qui est rare est cher : un neurone de Johnny Hallyday est rare, un neurone de Johnny Hallyday est cher >>  Camus (il parait !) page 23

Le livre se termine sur un recours aux armes de destructions massives et la présentation de la charte universelle des libertés dite "Plan C.U.L".

 Le plus amusant dans ce pamphlet gentillet reste l'utilisation systématique du vocabulaire et du style d'écriture de Stéphane Hessel donnant aux textes d'Epilez-vous ! un arrière goût trompeur mais pas déplaisant de déjà lu. Outre le sujet pastiché principal on trouve dans ce petit livre des piques lancées à des inconnus de notre politique nationale (Hortefeux, MAM, etc) ou du people hasbeen (Bruni, Galliano, etc). En guise de bonus de fin de livre , on trouve aussi de fausses publicités de l'éditeur comme par exemple : Du même auteur Mazarine Le Pen, biographie d'une fille cachée ou bien Dans la même collection Humiliez-vous ! par Stéphane SM. 
Je terminerais en disant que ce livre m'a fait sourire, mais ne m'a pas déclenché de fou rire. L'humour présent dans ce livre reste très convenu et attendu. Les blagues, quoique amusantes, recycle de grosses ficelles  et ne s'en cachent pas. Si le livre de Stéphane Hessel fut qualifié par certain de livre populiste, Epilez-vous! est son digne pendant humoristique. Mission donc réussi pour l'éditeur Dargaud.

Epilez-vous ! – Manuel d’indignation à lire sur la plage, Aristophane Aisselle (textes) et Pénélope Bagieu (dessins), Dargaud (22/04/2011), 3€, 30 pages.

May Da Funk Be Wit Cha

Tous les films visionnés ici l'ont été en version originale sous-titrée sauf mention contraire.
En fin de cet article vous trouverez également les dix meilleurs films selon les contributeurs du palmarès interblogs de cinéma pour le mois de juin.


 Mon avis : Un super héros sans spandex qui est un dieu nordique en armure, Kenneth Brannagh tente de rendre crédible à l'écran, ce que le comic a mis des années a réussir, et manque de peu l'exploit de la faire en deux heures. Si il néglige l’aspect terrestre et ses personnages banals (Portman est le boulet niais du film le reste des humains ne vaut pas mieux). 
C'est bien la grande Asgard qui fascine le réalisateur, et moi aussi par la même occasion. En prenant place sur Asgard, Thor devient un très bon film. Loki (Tom Hiddleston) se révèle un méchant charismatique au point d’être le point central du film et de volé toutes les scènes à ce pauvre Thor (Chris Hemsworth). Déjà que jouer le capitaine Kirk (père de Chris Pine) ne lui avait pas porté chance (5 minutes à l'écran et disparition dans un explosion), voilà qu'il se fait voler la vedette par son frère.
Ma note : 3 (vf/3D)
Pour aller plus loin sur ce film je vous recommande : l'article du mercenaire Wade Wilson sur son blog Talking Wade


 Mon avis : Une famille de gangsters, une jeune homme paumé tente de trouver sa place et la police jamais bien loin. Animal Kingdom est une drame familiale, une tragédie bien noire. Une bonne surprise portée à l'écran par d'excellents acteurs : James Frecheville et Jacki Weaver en tête. 
Ma note : 3
Pour aller plus loin sur ce film je vous recommande la critique de Phil Siné


 Mon avis : Il était une fois un meurtre c'est un peu le meilleur et le pire réuni dans un film. Le meilleur : raconté par le biais des témoins  le meurtre d'une fillette et le choc que provoque un drame similaire quelques années plus tard. Le pire : faire de la police qui mène l’enquête, la source comique du film et sous entendre subtilement que le violeur pédophile est aussi homosexuel. Un film d'un abord glaçant, quasi-documentaire qui se termine en un n'importe quoi des plus pathétique. Les bonnes idées finissent mal en général ?
Ma note : 2 (parce que je suis gentil)

Pour aller plus loin sur ce film je vous recommande l'article d'Alexandre Mathis parce qu'il n'a pas du voir le même film que moi.




 Mon avis : Terrence Mallick est un artiste. Capable de rendre belle la plus horrible des guerres (La ligne rouge) et de faire ses plans de nature, le seul intérêt d'un film  (Le nouveau monde). Pas vraiment étonnant donc quand lui donnant carte blanche pour faire un film. Le résultat soit si contesté. Film sur la vie et la mort, Mallick fait son 2001 l'odyssée de l'espace à lui et tant pis pour ceux que cette expérience visuelle et sonore laisse sur le bas coté. 
Ma note : 4
Pour aller plus loin sur ce film je vous recommande l'article d'Alexandre Mathis sur Plan-C





 Mon avis : Tsui Hark c'est un peu le réalisateur qui n'a pas survécu à la rétrocession de Hong Kong à la Chine. Detective Dee prouve que l'on pouvait encore espéré un retour en grâce. C'est un film en costumes avec des combats tourbillonnants et une variation sur le thème du Sherlock Holmes chinois plus que réussi. Hark maîtrise toujours aussi mal les effets spéciaux modernes (les effets 3D son très mal intégrés au film)  mais on lui pardonne aisément tellement le film reste un bonheur à voir.  
Ma note : 3
Pour aller plus loin sur ce film je vous recommande la critique de Nicolas Gilli sur Filmosphère




 Mon avis : Depuis sa période européenne qui avait épouvanté ses fans historiques, Woody Allen tente de les reconquérir avec des films dans la même veine de ceux qui ont fait sa renommée. Depuis 2009 et Whatever Works, Allen se parodie pour retrouver les bonnes grâces de son public. Bien que je doute qu'il soit dupe. Minuit à Paris sent donc le déjà vu dans ses personnages, ses dialogues et ses situations. Hommage appuyé à l'histoire de notre belle capitale ou besoin de changer le décor pour raconter une énième même histoire, Minuit à Paris sonne creux. Film maîtrisé, agréable mais tellement fade et prévisible.
Ma note : 2
Pour aller plus loin sur ce film je vous recommande l'article de Cachou sur le film


Les dix premières places du Palmarès Interblogs de juin 2011

1     La Piel que habito                  4, 31
2     Une séparation                       4, 15
3     Black Swan                            4, 10
4     Boxing Gym                           3, 97
5     Tom Boy                                 3, 93
6     X-Men le commencement      3, 92
7     Où va la nuit                           3, 90

8     Le discours d'un roi                3, 88
9     Melancholia                            3, 88
10   Avant l'aube                            3, 86

Pour connaître la suite du classement rendez-vous sur le blog de Vance.
           
Titre de cet article : "May da Funk Be Wit' Cha" de Da Brat (qui vient tout juste de sortir de prison...). Chanson tiré de son premier album : Funkdafied [1994]