La tentation de la bicyclette

« Je dis les amertumes que me procura la bicyclette, afin d’apporter, je l’espère, un réconfort à ceux qui les ont éprouvées, et pour aider les autres à les éviter ou à s’en libérer. »
Lorsque l’on sait qu’aller à bicyclette développe la maturité intellectuelle et dissout la mélancolie, lorsque le monde entier sombre dans le péché vélocipédique, lorsque résister est un si pénible combat… comment ne pas céder à La Tentation de la bicyclette

(Quatrième de couverture)




Récit autobiographique d'un auteur italien peu connu en France, La tentation de la bicyclette est l'histoire de sa résistance à une mode. Le récit dépressif d'un vieil homme dépassé et qui se sent menacé par un moyen de locomotion populaire. Publié en 1906, soit deux années  avant sa mort, dans un recueil de nouvelles malheureusement inédit en français. De Amicis teinte sa narration de sa peur de la mort et de sa nostalgie pour son ancien métier de journaliste. Bien que pouvant être lu comme triste, La tentation de la bicyclette est avant tout un conte joyeux ou le narrateur, sombre et mélancolique, critique avec véhémence la petite reine tout en tentant de résister aux nombreuses sollicitations de ses amis (aussi vieux que lui). Edmondo de Amicis à des amis qui lui veulent du bien, veulent le sortir de sa noirceur quotidienne, lui faire faire de l’exercice physique.
Un horreur pour notre écrivain italien qui ne voit en ce sport que la vulgarité de la posture qu'oblige sa pratique, de la tenue indécente qu'elle oblige de porter (surtout pour les femmes) et cette transpiration dégoulinante... Une horreur !
va t-il résister ou craquer ?  C'est une question qui n'obtiendra de réponse que sur la dernière page de cette nouvelle.
Un petit livre pas cher qui contient aussi un paragraphe sur l'histoire du vélo et l'habituelle biographie de l'auteur par l’éditeur (voir Le vice de la lecture).
A lire sans modération au mois de juillet pour se révolter, avec humour, contre notre Tour de France national.

La tentation de la bicyclette, Edmondo de Amincis, Les éditions du sonneur (03/2009), titre original : La tentazione della bicicletta (1906), 45 pages.

Queen Betsy -1 : Vampire et célibataire

Pour le bien de ma santé mentale, enfin le peu qu'il m'en reste, je vais laisser une blogueuse mode, devenir blogueuse littéraire le temps de ce billet. Elle va vous dire pourquoi Queen Betsy est la série chic et sexy qu'il faut lire quand on est une fille.
En clair, ceci est un article humoristique pour vous parler d'un livre que j'ai détesté et qui m'est tombé des mains.
Cultiste

"Mourir, ça fait réfléchir… Par exemple, cette semaine, j’ai perdu mon boulot, je suis morte dans un accident et, quand je me suis réveillée à la morgue, j’étais devenue une vampire. Bon, il y a des côtés positifs : je suis désormais super forte et les hommes semblent bien plus sensibles à mon charme de suceuse de sang. Il faut juste que je m’habitue à mon nouveau régime liquide…
Autre problème : mes amis du monde de la nuit disent que je suis une sorte de reine annoncée par une prophétie ridicule. Ils ont besoin de moi pour renverser un vampire assoiffé de pouvoir, au look trop ringard ! Le cadet de mes soucis ! Sauf qu’ils ont des moyens de pression efficaces, comme la nouvelle collection Manolo Blahnik ; une fille qui se respecte ne peut pas dire non…"
 (quatrième de couverture)

Salut les copines, alors aujourd'hui je vais vous parler d'une série de livres donc je suis trop fan (vraiment trop trop).
Je n'ai lu que le premier volume mais ça me suffit pour être accroc. Alors, voilà Queen Betsy c'est une série qui mélange Chick-Lit et Bit-Lit comme un mariage très classe entre Confession d'une Accroc au shopping et un livre avec des vampires (c'est trop tendance les canines !). La série est écrite par Marie Janice Davidson, une écrivaine américaine qui écrit plein d'autres livres dans le même style mais malheureusement aucune de ses autres séries n'est traduite en français (on va faire une pétition !). C'est trop triste parce que moi j'aurai bien voulu lire des histoires de filles loup-garou qui ont des problèmes amoureux ou des filles cyborgs qui ont des problèmes pour sortir avec des garçons.
Revenons à Queen Betsy. Au pays des Américains la série est super importante de plus de dix volumes. Un onzième est déjà annoncé pour l'année prochaine. Vous imaginez dix livres. Je vais avoir de la lecture pour les dix prochaines années. J'espère que Milady (l'éditeur français) va faire un geste gentil et m'envoyer les volumes suivants parce que dix livres ça fait un sacré investissement (surtout si je compte le prix du dico pour les mots difficiles). Après tout je leur fais de la pub gratuite (hihihi...).

<< _ Je me demande..., reprit-il d'une voix qui ressemblait davantage à un murmure. (Son doigt allait et venait dans ma bouche comme un étrange viol qui me révoltait autant qu'il m'excitait.). Je me demande quel gout tu aurais...  >>
Page 112

Ce que j'aime le plus dans le personnage de Betsy c'est qu'elle est un peu comme nous les filles. C'est une top modèle qui porte des fringues de marques (comme moi) et faisait un métier barbant de secrétaire (comme vous parce que moi mon travail c'est blogueuse mode influente). Elle aime son papa, comme toutes les filles et déteste sa belle-mère (une sacré garce comme la mienne faudra que je vous en parle un jour). Toujours comme nous les filles, elle aime être embrassé de force par un inconnu même si elle dit qu'elle ne veut pas et qu'elle résiste mollement (c'est juste par principe si elle résiste). Betsy est aussi une fille trop cool (elle est blonde comme moi) qui se laisse traiter de p.t.sse sans rien dire. Il faut dire que Betsy à un langage de poissonnière (et encore la mienne est plus distinguée)
Elle a aussi une meilleure amie Black (avec un b majuscule parce que je suis pas raciste) super riche qui fait des blagues racistes sur l'esclavage. C'est trop cool ce genre de blagues. Vous savez aussi que je suis trop fan de Sex and the City (Carry c'est moi, mais avec 30 ans de moins Lol!) et bien dans Queen Betsy c'est pareil. Son meilleur ami est gay (Avoir un ami homo c'est comme avoir un Vuitton, Indispensable les filles !) mais il a quand même envie de coucher avec elle. Ben oui dans Queen Betsy les vampires filles ont un pouvoir qui attirent tous les hommes même les gay ! (et les moches aussi Beuark !). Heureusement dans le livre, il y a le beau Eric Sinclair, un vampire ténébreux qui couchent avec des professionnelles devant un miroir sans tain. IL EST TROP SEXY les filles ! (en plus il en a une grosse... voiture de sport ! vous pensiez à quoi ! hihihi).
Comme l'héroïne, il a des amis trop originaux comme une lesbienne et un majordome anglais et gay (CQFD ! hihihi....). Parlons maintenant du méchant de ce premier livre est comme tous les méchants dans la vie il est vieux, petit, gros et moche.  Heureusement Betsy ne se laisse pas faire et s'en débarrasse assez vite.
Ce qu'il y a de génial dans ce premier volume c'est que Marie Janice (je l'appelle par son prénom parce qu'on est super copines maintenant) a bien fait ses recherches et a placé plein de références totalement naturelles et geek trop sensass, toutes les deux pages (Spiderman, Resident Evil, Buffy, Batman, etc). Autre chose qui revient régulièrement (et de façon tout aussi naturelles) les scènes sexy. Dans le monde de Betsy, les vampires doivent se nourrir de sang sur les humains, mais en contrepartie ils doivent avoir des relations sexuelles avec eux. Et c'est chaud oh la la !.
En plus Marie Janice décrit parfaitement nos petits problèmes intimes par le biais du statut vampirique. Betsy devenue vampire ne ressent plus de plaisir de façon normal. Son poing G s'est déplacé vers ses canines (qui l'a font zozoté d'ailleurs). Comme dis mon mec (Vous savez le mannequin de chez Calvin Klein) c'est un livre très féministe pour nous les meufs (oui mon mec comme un gentleman fermier). J'ai vraiment hâte que Milady m'envoie (gratuitement hein !) le prochain volume de la série. J'ai vraiment envie de savoir comment évolue la relation de Betsy et de Sinclair. Je suis sure que ça va finir par un mariage hihihi.

Queen Betsy 1_Vampire et célibataire, Mary Janice Davidson, Traduit de l'américain par Cécile Tasson, Editeur Milady (18/02/2011). Titre original : Undead and Unwed (2002), 350 pages

Les menteuses

"Les cinq vieilles femmes se séparèrent fort avant dans la nuit.
En sortant, elles étouffaient des rires cassés et se poussaient du coude comme des collégiennes en vacances. Le jeu qu'on leur proposait amenait un dérivatif passionnant dans leurs petite et mornes existences et puis, que leurs maris ne soient pas au courant, que tout dût être mené à leur insu, accordait une espèce de revanche à leur train-train quotidien d'épouses. Que ce jeu décidé par Basilia comportât mort d'homme ne les touchait en aucune façon. Leur grand âge les faisait vivre dans cette zone de pénombre, à la limite de la mort et de la vie. Pourquoi se soucieraient-elles plus de celle-là que de celle-ci ?"
(Résumé du quatrième de couverture)


Basilia Pietrapiana en à gros sur la patate. Son fils Antoine, sa femme Anna et son mari Dominique viennent d'être exécutés par de petits mafieux niçois. Elle se retrouve à soixante-dix ans passée, chef de famille avec pour charge de nourrir et d'éduquer ses petits enfants encore en bas âge. Quand Honoré Cervione, le commissaire chargé de l’enquête et collègue d'Antoine vient lui demander si elle a vu les tueurs. Elle nie. Elle ment.
Basilia est Corse. une Corse à l'ancienne pour qui la protection de sa famille, de ce qu'il en reste, est le plus important. Témoigner signifierait faire d'elle et de ses petits enfants des cibles. Elle va se charger du problème à la manière du bon vieux temps, avec ses amies septuagénaires du quartier. Elles ne sont certes pas de toute première jeunesse, mais elles sont plus malignes et déterminées. Pour Honoré, le commissaire et Corse lui aussi, c'est le début d'un casse tête corsé justement. Les criminels commencent à tomber comme des mouches victime d'une vendetta pas banale. 
Je pourrai résumer ce livre à une histoire de revanche contre la mafia, mais ce serait mettre de côté le talent de Charles Exbrayat pour les personnages hors normes (voir Ne vous fâchez pas Imogène !). Ici plutôt que de nous raconter la vengeance d'une grand-mère, il y rajoute l'affiliation à l'ile de beauté. Tous les policiers menant l’enquête sont des corses expatriés, Basilia et ses copines décaties vivent dans la petite corse (un vieux quartier Niçois ou ne vivent que des corses). Pour ne rien gâcher, il fait même de la police, la complice involontaire de la petite vendetta. Honoré Cervione responsable des deux enquêtes se trouve entre le marteau et l'enclume et au bord d'une crise de nerfs. Tout le monde lui ment, y compris ses vieilles femmes Corse qu'il croyait incapable de mensonges. Il connait les coupables des deux affaires, mais ne possède aucune preuve pour les stopper.
Comme dans le livre de David Goodis, La police est accusée, Ebrayat nous fait vivre les problèmes conjugaux du policier. Madame Cervione, corse elle aussi, ne se gênant pas pour donner son avis sur les enquêtes de son mari et prendre la défense, contre tout bon sens, de la pauvre septuagénaire. Ebrayat se joue des clichés sur les supposés soumises et silencieuses femmes corse avec humour tout en y rajoutant une couche sur les rivalités des corse de Bastia/Ajaccio/Corte, etc. Une scène d'ailleurs hilarante ou le malheureux Cervionne tente de confronter les amies de Basilia (ainsi que leurs maris) se transforme en dispute sur les valeures humaines supposées des Corses selon l'endroit où ils sont nés sur l'ile. Goscinny et Uderzo avec leur Astérix en Corse avaient peut-être raison. Ils sont fous ses Corses !.

Les menteuses, Charles Exbrayat, Club des masques, Librairie des Champs-Elysées (1970), 188 pages.