La double disparition

Lors de mon exploration du rayon jeunesse de ma librairie habituelle (en décembre dernier voir ici), je suis tombé sur cette série. A l'époque j'avais noté son existence car j'ignorais que la série de Nancy Springer existait aussi en édition poche (moins cher pour un essai). Bien que ma curiosité, à l'époque, ai été piquée. Ça ressemblait trop à une série banale pour filles exploitant le mythe Holmesien pour que je m'y attarde. 
Dans mon imagination de macho primaire (Bière, Foot et Bobonne à la cuisine), je voyais déjà les personnages de Conan Doyle s'occupant d'une jeune fille, sorte de boulet chouineuse,  tout en enquêtant sur divers crimes (pas trop violent hein, car il ne faut pas faire fuir le lectorat). Il parait pourtant qu'il ne faut pas juger un livre sur sa couverture.

<< Ma mère m'a appelé Enola, qui, à l'envers, se lit alone, " seule " en anglais.
Et lorsque Mère disparaît, le matin de mon quatorzième anniversaire, c'est bel et bien seule que je me suis retrouvée. Appelés à l'aide, mes frères Mycroft et Sherlock Holmes - oui, le célèbre détective - n'avaient en fait qu'une idée en tête : m'envoyer en pension pour faire de moi une lady. Mais, me refusant à accepter ce sort, je décidai plutôt de prendre mon destin en main et de me lancer, seule, à la recherche de ma mère. >>

Quatrième des couverture 


Nancy Springer, auteure américaine spécialisée dans les livres pour la jeunesse et plus particulièrement dans la création de personnages inspirés de grands classiques de la littérature. On lui doit notamment deux livres inspirés par les chevaliers de la table ronde, racontant les aventures de Morgan. Elle a aussi écrit les aventures de la fille de Robin des bois : Rowan Hood. Ces deux séries sont, pour l'instant, inédites en France.
Sa seule série traduite en France et qui est toujours en cours actuellement, Les enquêtes d'Enola Holmes a remporté deux fois le prix Edgar Allan Poe du roman policier pour jeune adulte.

<< Ah ! j'allais les obliger à réviser leur opinion sur la capacité crânienne réduite d'une petite soeur née sur le tard et par erreur. >> 
Enola parlant de ses frères et luttant contre une idée machiste bien victorienne .

Dans la bio de l'auteure présente dans ce premier volume (et les suivants), on apprend que Nancy Springer a dévorée les histoires de Sherlock Holmes étant plus jeune. Dans un autre cas que le sien, je penserai qu'il s'agit d'un enjolivement de la réalité pour faire vendre une série médiocre. En réel fan de l’œuvre de Conan Doyle pourtant elle ne se permet pas de réécrire ni les personnages ni leur univers, mais de les faire vivre en parallèle de sa création. Elle aborde notamment "les dépendances" de Sherlock et les démunis, si nombreux dans les rues de Londres à cette époque. Si Holmes, Lestrades et Mycroft apparaissent dans ce volume, ils ont égaux à eux-même et en tous points les personnages de leur créateur original. Note très spéciale à la première rencontre Enola/Lestrade drôlissime. Elle greffe l'histoire de son Enola dans la marge de leurs histoires connues de manière vraisemblable et en n'oubliant pas de mentionner la place que les femmes tenaient à cette époque.

Enola Holmes est une jeune fille rebelle, un brin garçon manqué qui préfère le pantalon au corset pourtant de rigueur.  Adepte, comme son aîné, du déguisement et des enquêtes, elle possède aussi son physique élancé et son nez.
 La petite enquête (la disparition d'un enfant) de ce premier volume sert de fil conducteur pour nous faire découvrir les origines de notre héroïne. Beaucoup moins scientifique que Sherlock et n'ayant pas l'aide de son médecin attitré, elle utilise des méthodes plus simples, filatures, déguisement et discussions avec les témoins/victimes.  Plus mystérieuse que l'enquête de ce volume, il y a la disparition de sa mère. Sorte de suffragiste bohème avant l'heure. Enola découvre et déchiffre des codes laissés par sa mère dans la maisonnée familiale. Jeu de chiffre ou message codé en langage des fleurs en guise d'appel vers la liberté pour notre jeune fille. Sherlock et Mycroft possède bien un avis sur cette disparition, mais Enola reste sourde à la rationalité de ses frères. Abandonnée par sa mère, promise au pensionnat et au mariage par ses frères, Enola prend son destin en main et fuit vers Londres.

Cette série me surprend par sa qualité d'écriture (et de traduction), le langage est raffiné et de nombreuses notes en bas de pages donnent des renseignements sur la société Victorienne. La lecture est aisée et fluide et je me suis surpris à vouloir acheter le second tome dès la dernière page tournée. Enola va-t-elle retrouver sa fugueuse de mère ? Sherlock et Mycroft vont-ils retrouver leur soeur pour la coller dans un pensionnat de jeunes filles ? Tant de questions pour si peu de réponses. Vite le second volume. Je ne tiens déjà plus.

Les enquêtes d'Enola Holmes : La double disparition, Nancy Springer, Traduit de l'américain par Rose-Marie Vassallo, Nathan Poche Policier (2009), Titre original : The case of the missing Marquess - An Enola Holmes Mystery (2006), 265 pages.

2 commentaires:

Olivier LOËB a dit…

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Sont bizarres tes lectures ! (lol)

Cultiste a dit…

C'est corrigé !

Pourtant avant publication il y avait bien les << >> (not lol)