Le mystère des pavots blancs

<<  Mon prénom, Enola, me va comme un gant.
J'enchaîne pourtant les pseudonymes, afin d'échapper à mes frères, Mycroft et Sherlock Holmes, qui souhaitent m'expédier en pension pour faire de moi une lady. Ainsi, par un frais matin de mars 1889, à Londres, je me cherchais un nouveau nom quand je tombai sur ce titre du Daily Telegraph : MYSTÉRIEUSE DISPARITION DE L'ASSOCIÉ DE M. SHERLOCK HOLMES : LE DR WATSON INTROUVABLE ! J'endossai aussitôt ma nouvelle identité pour le retrouver...  >>


 C'est une catastrophe, Sherlock Holmes a découvert les messages d'Enola dans la presse quotidienne. Il a même osé faire semblant d'être sa mère pour lui tendre un piège. Le cahier offert à Enola par sa mère et oublié dans la maison familiale l'y a aidé. Enola est resté prudente et malgré l'espoir (faible) de revoir le visage maternel. Le stratagème grossier n'a donc pas fonctionné. 
Autre sujet d'inquiétude, Enola a été imprudente, elle a signé une de ses annonces du prénom d'Ivy. Une erreur d'autant plus idiote quand le meilleur ami de son frère vient lui demander son aide (voir L'affaire Lady Alistair). Si le bon docteur se confie un jour à Sherlock (si ce n'est pas déjà fait...) et mentionne le nom de la secrétaire du Dr Ragostin, il ne tardera pas à faire le lien avec elle. Seule solution prudente : fermer le cabinet de recherche. Abandonner l'identité d'Ivy Melsh ainsi que celle de la jeune épouse du bon docteur et se faire toute petite en attendant de voir comment les choses évolues. 
Alors qu'elle se cherche une nouvelle identité, elle découvre que le Dr Watson a disparu. Bien décidé a faire cette nouvelle enquête au nez et à la barbe de Scotland Yard et de son frère. Enola va jouer avec le feu et tenter de reprendre l'avantage sur celui ci.

<< Mais alors même que je me retournais pour interroger Mary Watson, la porte du petit salon s'ouvrit brusquement et, sans attendre d'être introduit par la bonne, un gentleman grand et svelte, élégant mais impétueux, surgit dans la pièce tel un aigle fondant sur sa proie - et de l'aigle il avait le profil. Sherlock Holmes. >> 
Miss Viola Everseau rencontre Sherlock Holmes chez les Watsons

Les choses continuent d'évoluer dans le petit monde d'Enola. Nancy Springer indique dans ce volume que huit mois séparent La double disparition de ce livre. Elle mentionne aussi le fait que son héroïne attend ses 21 ans pour refaire surface car à cet âge elle est enfin affranchie de l'autorité de ses frères.  Autre surprise elle indique enfin ou se cacherait la mère des enfants Holmes. J'espère que Miss Springer a d'ors et déjà prévue de longues explications plausibles, car le pourquoi (si ce n'est celui de faire durer la série d'Enola le plus longtemps possible) est pour le moment très mercantile. 
Pour revenir sur l'intrigue de ce volume,  Enola continue de faire montre de ses talents de jeune femme d'action. Une poursuite sur les toits et une autre tous jupons à l'air dans les rues de Londres et pour couronner l'ensemble une effraction dans le bureau d'un célèbre détective (devinez qui ?).
Le mystère des pavots blancs marque aussi les prémisses pour Enola d'un pardon envers cette mère qui l'a abandonnée. Enola passerait-elle enfin à l'âge adulte ?.  

Un troisième volume tout aussi captivant que les deux précédents, mais qui peine pourtant à faire de son héroïne une véritable détective en jupon. L'indice qui permet à Enola de découvrir l'identité de celui qui a enlevé le Dr Watson est un pur hasard. Un lapsus dans une conversation anodine. Pourtant, bien visible au lecteur. Il faudra un chapitre pour qu'Enola le réalise. C'est un petit détail énervant dans ce pourtant bon livre. 
Avec ce volume je termine ma série d'articles sur Enola Holmes. L'envie ne m'a pas quitté de connaitre la suite de ses aventures, mais tous les volumes en poches ont été chroniqué. La série compte actuellement six volumes en français (6 en grand format, 3 en poche) et elle est toujours en cours aux États-Unis. Je me laisse donc un peu de marge pour faire durer le plaisir. 
Prochain article je reparle de Sherlock Holmes, mais pas d'Enola.

Les enquêtes d'Enola Holmes : Le mystère des pavots blancs, Nancy Springer, traduit de l'américain par Rose-Marie Vassallo, Éditeur Nathan, Collection Nathan Poche (06/2011), 216 pages. Titre original : The case of the Bizarre Bouquets

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