Twixt : deux doigts coupe-faim


La sortie d'un nouveau Francis Ford Coppolla est toujours un événement pour les cinéphiles. Capable de soulever l'espoir d'un bon moment de cinéma comme celui de tomber dans l'ennui le plus absolu, Coppola continue sa carrière de cinéaste avec des hauts et des bas. Après un Tetro moyen, il retourne derrière la caméra pour un film sandwich avec plusieurs niveaux de lecture et un scénario sous influence. 

 "Un écrivain sur le déclin arrive dans une petite bourgade des États-Unis pour y promouvoir son dernier roman de sorcellerie. Il se fait entraîner par le shérif dans une mystérieuse histoire de meurtre dont la victime est une jeune fille du coin. Le soir même, il rencontre, en rêve, l’énigmatique fantôme d’une adolescente prénommée V. Il soupçonne un rapport entre V et le meurtre commis en ville, mais il décèle également dans cette histoire un passionnant sujet de roman qui s’offre à lui. Pour démêler cette énigme, il va devoir aller fouiller les méandres de son subconscient et découvrir que la clé du mystère est intimement liée à son histoire personnelle. "
Résumé AlloCiné

Ça vous fait quoi d'être un Stephen King au rabais ?

Coppola aligne des influences "tendances" et rebattues encore et encore. Inception d'abord avec son histoire de meurtre sur deux époques qui finissent par se mélanger. Il y a aussi le personnage de Hall Baltimore qui se soûle pour rêver de meurtres passés et règle ses problèmes personnels en dormant sous l'effet de drogues (pharmaceutiques).  
Une petite dose de Twilight et de romance gothique pour plaire aux adolescentes (Hall Baltimore écrit de la Bit-Lit avec des sorcières). Vampires amoureux et fantôme adolescent, il y a de tout dans Twixt.
L'autre influence gothique, c'est une sorte d'hommage au maître de Boston : Edgar Allan Poe. Ses apparitions fantomatiques dans Twixt sont un prétexte pour Coppolla pour parler d'écriture, d'influence, du syndrome de la page blanche et de l'importance d'avoir de l'inspiration. Les discussions entre le fantôme de Poe et Kilmer (Hall Baltimore) sont probablement les meilleurs moments du film (avec les cinq premières minutes d'introduction d'Hall Baltimore).
Twixt pose un problème idéologique au spectateur comme tout les films qui abordent plusieurs sujets sans aller jusqu'au bout d'aucun d'entre eux. 
Quel est le véritable sujet du film ? Le mystère entourant les meurtres est survolé et le coupable pas trop difficile à deviner dès le premier quart d'heure du film. Le discours sur le métier d'écrivain est du déjà vu, entendu ou lu ailleurs. En simplifiant il se résume à : Arrêtes de plagier, de te répéter et inspires toi de la réalité. L'histoire personnelle de Hall Baltimore, qui le pousse à boire et à prendre des somnifères, est accessoire et n'apporte aucune empathie du spectateur pour le personnage et ses problèmes. Bien au contraire il le dépeint comme un irresponsable victimaire.
Esthétiquement, le film est un laboratoire d’expérimentation in-regardable. Couleurs saturées durant le jour (caméra DV ?). Noir et blanc lumineux la nuit (avec quelques objets en rouge flashy absolument hideux en guise d'indice visuel pour le spectateur idiot). 
La musique ne m'a pas laissé de grands souvenirs (en fait absolument aucun). 
 Pour résumé Twixt n'est pas un film, mais un laboratoire d’expériences visuelles et narratives ni innovantes, ni intéressantes. Le film plaira sûrement aux étudiants en cinéma qui pourront en parler des heures avant de se rendre compte, des heures après,  qu'ils brassaient de l'air avec des arguments vide de sens (à moins que je ne confonde avec des étudiants en philo...).

2 commentaires:

Vance a dit…

Je te retrouve bien là. Et pourtant, tu m'as encore plus donné envie de le voir !

Cultiste a dit…

Il n'est pourtant pas très bon !