The Assassination Game

When a terrorist attack rocks Starfleet Academy, it’s clear someone has a very serious—and very deadly—secret agenda.
The rules are simple: Draw a target. Track him down and “kill” him with a spork. Take your victim’s target for your own. Oh, and make sure the player with your name doesn’t get to you first. No safe zones. No time-outs. The game ends when only one player remains.
     James T. Kirk is playing for fun. Leonard “Bones” McCoy is playing to get closer to a girl. But when a series of terrorist attacks rock the usually placid Starfleet Academy campus, it becomes clear that somebody is playing the game for real. Is it one of the visiting Varkolak, on Earth to attend an intergalactic medical conference? Or could it be a member of a super-secret society at the Academy dedicated to taking care of threats to the Federation, no matter what rules they have to break to do it?
 (Résumé éditeur)


Challenge je lis en anglais : Huitième livre 


Vous avez lu ? "the usually placid Starfleet Academy campus" qu'il dit le résumé. A croire que le responsable de ce texte n'a pas lu les précédents volumes de Starfleet Academy. Non vraiment il aurait dû les lire parce qu'entre les serials killers provenant d'un autre quadrant de la galaxie, les espions aux grandes oreilles venue de l'autre côté de la zone neutre et les morts inexplicables d'étudiants lors des épreuves sportives, l'académie est loin d'être un lieu tranquille (placid en anglais...).

"When I catch you, Kirk, I'm gonna stick this spork where the sun don't shine!"
 
Alan Gratz est un auteur de fiction pour adolescents. Sa passion pour le baseball, lui a inspiré son premier roman Samourai Shortspot (2006) ainsi que Brooklyn Nine (2009) et Fantasy baseball (2011). il publie aussi deux thrillers, toujours pour adolescents, Something Rotten (2007) Something Wicked (2008). Il écrit aussi des pièces de théâtre et des spots commerciaux. Il n'a jamais été publié en France et il ne le sera probablement jamais. Vous venez donc de lire et moi d'écrire, un paragraphe absolument inutile...

"Cadet Kirk! If you do this, your career is over. Do you understand? You won't just be kicked out of the Academy. You'll be court martialed for going AWOL* during a state of war. "
*Absent without leave/Absent sans autorisation ou plus simplement déserteur

Une Spork (cliquez pour commander)

Vous vous demandez surement ce qu'est une spork. Moi aussi pendant un bon quart d'heure je me suis demandé la même chose. Spork est un mot valise pour cuillère (spoon) et fourchette (fork). Chez nous cet instrument se nomme simplement une cuillère-fourchette parce que nous autres les français on va à l'essentiel et on ne va pas créer des mots bizarres pour des ustensiles d'amerloques texans. Chez nous monsieur,  c'est une cuillère ou une fourchette, pas un machin entre deux, on est civilisé dans notre beau pays.


"Come on, Bones. You don't have to quit. They're going to court-martial us out."

Après cet interlude franco-américain, revenons à notre livre d'aujourd'hui. Commençons par les bonnes nouvelles. The Assassination Game est le dernier de la série à sortir cette année. Le prochain roman est annoncé pour aout 2013 soit après la sortie du prochain film Star Trek. Ce qui va me laisser le temps pour parler d'une autre série de romans. Quand il n'y a plus de Star Trek il y en a encore plein dans mes cartons (j'en vois trois entrain s'enfoncer un spork dans la gorge...).
Parlons du roman d'Alan Gratz maintenant. Commençons par les poncifs de cette série Starfleet Academy pour adolescents. Kirk incarne toujours l’emblème de l'étudiant qui a du mal avec le règlement et jongle entre ses cours, ses conquêtes féminines et ses aventures extraordinaires en compagnie de ses amis.
Dans The Assassination Game, la vie d'étudiant se résume au fameux jeu de l'assassinat, à jouer les guides touristiques pour Lartal un Varkolack (loup-garou en bulgare) et à défier (gentiment) l’autorité du recteur. Comme dans les précédents romans, le malheureux Kirk est toujours la cible d'une brute. Après l'Andorien, le Russe, voici le rouquin Irlandais. Comme les autres, Jake Finnegan est une   photocopie physique et caractériel de ses prédécesseurs et n'a qu'un but irréalisable : casser du Kirk. Tikhonov le russe fait aussi un bref caméo dans ce volume.
Parlons un peu des autres personnages réguliers. McCoy est amoureux (deuxième fois dans la série), Uhura et Spock passent enfin aux choses sérieuses (je vous laisse deviner), Pavel Chekov fait deux apparitions, l'une pour rencontrer son nouveau meilleur ami (un indice, il parle japonais) et servir d'hacker génial pour un Kirk en détresse. Hikaru Sulu fait enfin son entrée dans la série, humiliant au passage Tikhonov.
The Assassination Game se focalise sur l'existence de la Gravitation Society, une société secrète d'étudiants et d'officiers de Starfleet qui ont juré de protéger, par n'importe quel moyen, la fédération contre tout danger la menaçant.  Spock, toujours sous les ordres de Christopher Pike, est chargé de l'infiltrer et de la détruire de l’intérieur. Pour l'aider dans cette mission, il demande à deux brillants étudiants de devenir des membres de la Gravitation Society, Uhura et Sulu. Comme dans les précédents volumes, Kirk est le héros de l'intrigue secondaire pendant les cent premières pages, pendant que ses amis s'occupent de l'intrigue principale et lui laisse le beau rôle pour conclure durant vingt-cinq dernières pages.

<< He stood over to Uhura leering at her.
"Now here is an earth woman worthy of a Varkolak warrior. A bit less ... ample than a Varkolak woman, perhaps. 
Hairless and thin, like a shaven Katu but that would just make her easier to mount." >>

The Assassination Game est le moins bon livre de la série. Il n'est pas mauvais dans l'ensemble, mais pour se démarquer des autres, il prend des libertés désastreuses avec l'univers et commet maladresses sur maladresses en voulant jouer au plus malin.
Je vous en cite quelques-unes de "ses maladresses". The Gravitation Society est un clone d'une société secrète sécuritaire et hors-la-loi existante dans l'univers classique : La section 31 (déjà mentionnée, en plus,  à demi mots dans The Gemini Agent ).
Kirk aime les femmes c'est un fait. Kirk dans The Assassination Game rêve de passer à l'action avec une Deltane... Ce qui ne poserait pas de soucis si les contacts intimes avec les Deltans, race apparue pour la première fois dans le film Star Trek the motion picture (Imdb), rendaient les humains dépendants et que pour servir dans Starfleet, les Deltans devaient prêter serment de célibat pour éviter de propager la folie chez les humains (c'est aussi le cas dans cet univers, mais Kirk s'en fiche...). Autre ajout de sa part, moins grave, la présence d'un Orion mâle chez les cadets (en plus de Gaila).
 Il y a aussi multiples références aux autres séries Star Trek, la mention d'un Vin "Château Picard" (insinuant que la famille du capitaine français de Star Trek TNG existe aussi dans cette réalité), Un discours du capitaine Archer (série Enterprise) est mentionné, un tapis d'origine Bajoranne est décrit lors d'une scène (Planète Bajor, de la série DS9, qui était, avant l'occupation des Cardassiens, réputée pour son artisanat). Je vais m’arrêter là, mais y a encore beaucoup de petites choses.

La chose qui me fait regretter la lecture de ce livre, c'est la bêtise d'une scène. Lors d'un des derniers chapitres, Kirk demande des comptes à Uhura concernant son comportement durant la crise avec les Varkolaks et la Gravitation Society. Une question fuse : Pour qui tu travailles Uhura ?
La réponse est évidemment Spock, mais comme Kirk ne le rencontre que dans le film et qu'Alan Gratz se doit de respecter la chronologie de celui-ci, il doit trouver une solution cohérente ou tout du moins acceptable pour sortir du pétrin. Apparemment manquant de temps ou d'idée, sa Uhura répond par un silence. Ce qu'il y a de terrible dans cette réponse c'est que non seulement Uhura paye pour les carences de son auteur. Une bonne maitrise de son intrigue et surement plus d'attention sur son sujet, aurait permis de ne pas acculer un de ses personnages dans une telle situation. Jusqu’à cette confrontation, il n'y  avait aucune raison objective pour elle, de lui cacher l'existence de Spock. L'auteur a voulu jouer au plus malin avec le personnage du Vulcain et c'est la crédibilité du  personnage d'Uhura qui paye les pots cassés.

Terminons sur un petit bilan de la série. Elle est globalement bonne si l'on ferme les yeux sur les changements pour l'instant inexpliqués de l'univers de J.J. Abrams comme les Orions sur le campus ou les révélations étonnantes de The Edge
 J'ignore si la série va garder son statut canon pour l'univers, après The Edge ou The Assassination Game, l'univers d'Abrams commence à partir, dans les romans, dans toutes les directions piochant çà et là dans l'univers classique (ou prime) des éléments pour se donner de la contenance sans se soucier d'une cohérence future. Avec la série de comics en cours de publication qui multiplie révélations sur révélations, les inventions contenues dans Starfleet Academy ressemblent maintenant à un obstacle pour le futur de l'Abrams-verse.
Bien sur je ne fais ici que des suppositions, mais il y a de fortes chances a mon avis que la série ne dépasse pas son illustre ancêtre de l'univers classique avec sa trentaine de volumes. 

The Assassination Game, Alan Gratz, Simon Spotlight (26/06/2012), 305 pages.

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