Star Trek Section 31 : Cloak

They are the self-appointed protectors of the Federation. Amoral, shrouded in secrecy, answerable to no one, Section 31 is the mysterious covert operations division of Starfleet, a rogue shadow group committed to safeguarding the Federation at any cost.
Once, in order to preserve the galaxy's fragile balance of power, Captain James T. Kirk carried out a dangerous mission to capture a cloaking device from the Romulan Star Empire. Months later, while investigating a mysterious disaster aboard a Federation starship, Kirk discovers that the same technology he obtained for the sake of peace is being put to sinister purposes. What the crew of the Starship Enterprise uncovers will send shock waves through the quadrant, as Section 31 sets in motion a plan that could bring the major powers of the galaxy to their knees.
NO LAW.
NO CONSCIENCE.
NO STOPPING THEM.

Star Trek est univers utopique, un univers ou l'exploration spatiale est poussée par une volonté de découverte où l'humanité fraternise avec des civilisations extra-terrestre. Une humanité qui ne connait plus la faim ou la pauvreté et qui ne cherche qu'à s'enrichir intellectuellement. Dans l'espace pourtant, l'hostilité existe toujours et malgré les bons sentiments et les grands idéaux des membres de Starfleet, tout le monde n'a pas envie de vivre l'utopie de la fédération. Ça c'était le joli rêve des séries Originale et The Next Generation, car avec l'arrivée de DS9, les choses ont changé. Dans la saison 6, un membre de l'équipage est sur le point d'être recruté par une agence de Starfleet, jusque là inconnue.
 La section 31. A mesure de ses apparences dans la série, on apprend que c'est une agence secrète non reconnue officiellement par Starfleet ou la Fédération. Elle est liée officieusement à Starfleet Command (organisme supervisant science, armée et exploration) et Starfleet intelligence (services secrets). Le but de la section 31 est simple, éliminer les ennemis potentiels de la Fédération avant qu'ils ne frappent. Lavage de cerveaux, assassinats, manipulations en tous genre et génocides ne font pas peur à cette agence. Dans DS9 puis dans Enterprise, la section 31 est l'ennemi venu de l'intérieur de la fédération qui place les héros face à un conflit moral. S'ils peuvent vivre selon les grands idéaux de la Fédération, c'est parce que des hommes, ceux de la Section 31, ont accepté de se salir les mains pour les protéger.
Le concept de la section 31 fut un tel succès chez les fans qu'il fut rétroactivement inclus dans les séries de Kirk et Picard. Un amiral louche dans un épisode de TNG ? C'est un membre de la section 31 ou un allié de celle-ci. Une sorte de rafistolage scénaristique à posteriori plutôt malin qui rajoute un aspect conspirationniste qui manquait à l'univers Star Trek (du côté des humains) 
Star Trek Section 31 : Cloak est le premier volume d'une tétralogie consacrée à cette agence de très (mais alors vraiment de très) basse moralité. Chaque volume raconte une histoire indépendante et est consacré à une série Star Trek particulière. C'est donc avec un grand plaisir que je commence avec un livre se déroulant durant la série originale.

"McCoy looked back at the dead captain and his killer, the chill of his flesh nothing compared with the chill of apprehension that run up his spine. "

L'Enterprise intercepte l'appel de détresse automatique de l'U.S.S. Sphinx. Tous les membres de son équipage sont morts et le vaisseau est laissé, ses propulseurs au maximum, dans une course folle attendant qu'un obstacle ne l’arrête. Un drame en favorisant un autre, l'U.S.S Sphinx se dirige vers une zone habitée de l'espace.  Pour éviter que l'U.S.S Sphinx ne s'écrase sur une planète, Kirk à l'idée de stopper le vaisseau fou à l'aide du rayon tracteur de l'Enterprise. Quelques calculs de Spock et quelques suées de Sulu et Chekov à la navigation plus tard. Le vaisseau est stoppé net. Kirk ordonne de commencer une investigation et prévient Starfleet de sa découverte. Le spectacle qui attend l’équipe charger d’enquêter sur la passerelle du Sphinx est des plus étrange. Le capitaine semble s'être entre-tué avec un de ses ingénieurs alors que le reste de l'équipage est mort de froid suite à l’arrêt volontaire des systèmes de survie.
De retour à bord de l'Enterprise, Uhura informe Kirk que Starfleet a ordonné d’arrêter l’enquête sur l'U.S.S Sphinx. Le vaisseau devra être remorqué jusqu’à la base stellaire M-20 et Kirk remettre tous les indices concernant cette affaire à un groupe d’enquêteurs plus compétents. Kirk prend très mal cette nouvelle et compte bien demander des explications sur place. Spock découvre des traces résiduels d'un système d'occultation Romulien sur la coque du Sphinx.
Dans l'infirmerie, le Dr McCoy est en proie à l'anxiété. Il vient de découvrir qu'il est atteint d'une maladie incurable.

"Sir, I request permission to leave at once for Starbase 23 and speak with the Romulan Commander"
The captain raised his eyebrows. "you think she'll talk to you?"
Spock hesitaded, considering what he knew of her. "I believe it's quite possible."

Stephani Danelle Perry aime l'équipage de l'Entreprise originale cela se sent dans la mise en valeur méthodique de chacun de ses personnages. Les Kirk, Spock et McCoy sont  les stars de ce livre, mais Chekov, Sulu, Uhura, Scotty ainsi que l'infirmière Chapel ont droit à un traitement équivalent aux trois piliers de la série. Chacun à droit à son moment de gloire et son paragraphe de narration à la première personne. C'est suffisamment rare dans les romans Star Trek pour être signalé. Les personnages ont aussi droit à leurs tiques bien connus de tous. Que ce soit les disputes Spock/McCoy, le patriotisme de Chekov, Kirk et sa petite amie jetable ou l'empathie de l'infirmière Chapel. S.D. Perry nous narre une histoire qui aurait pu être dans la série tv originale.
Pour ne rien gâcher et lier son livre au canon Star Trek, Cloak est la suite d'un épisode, curieusement appelé en vf, Le traitre (s 03 Ep 02 : The Enterprise Incident en vo). Cet épisode voyait l'équipage de l'Enterprise en conflit avec les Romuliens pour la possession d'un bouclier d'occultation (Cloaking device en vo). Un épisode surtout resté dans les mémoires pour une scène de drague entre une commandante Romulienne et un Spock habituellement plus réservé. La Commandante Romulienne fait d'ailleurs une apparition dans l'histoire de S.D. Perry pour prendre sa petite revanche sur Spock. Le titre Cloak fait référence au bouclier d'occultation obtenu par la Fédération durant cet épisode, même s'il n'est pas le centre de son intrigue.
Un épisode (de Voyager cette fois)  est lié à ce livre, mais il m'est impossible d'en révéler son titre sans spoiler intégralement (mais alors complètement) la véritable intrigue. Cloak raconte un événement qui est souvent mentionné dans les séries modernes (TNG, DS9 et VOY), mais jamais montrer durant TOS. 
L'ambiance de cette aventure de l'équipage de l'Enterprise est celle d'un roman d'espionnage. Pas ou très peu d'action (Kirk torse nu se battant contre un alien ce sera pour un autre livre...). Une enquête en eaux troubles et quasiment à l'aveuglette ou le véritable ennemi est bien différent de ce que l'équipage imagine. La Section 31 n'est finalement qu'une menace bien présente, mais encore diffuse à l'époque du Capitaine Kirk.
Star Trek Section 31 :  Cloak est une franche réussite dans sa fonction secondaire de madeleine de Proust involontaire qui nous fait revivre la gloire de l'équipage de Kirk. Mieux ce livre pourrait être, s'il était traduit dans notre langue, un parfait point de départ pour ceux qui auraient envie de lire de nouvelles aventures de l'Enterprise. Comme je le mentionne un peu plus haut ce livre est lié au suivant, mais uniquement via son dernier chapitre. La Section 31 n'intervient que très peu dans ce livre, il s'agit pour S.D. Perry de nous montrer les conséquences de son existence plutôt que de la mettre en scène. Un pari réussi, mais un peu décevant si l'on s'attend à un récit réellement centrer sur elle. Cela viendra assurément dans un prochain volume.
  
Star Trek Section 31 :  Cloak, S.D. Perry, Pocket Books, 244 pages

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