Star Trek New Frontier : End Game

As the Thallonian homeworld faces catastrophe , Captain Calhoun must confront his own bloody past in a life-or-death struggle for survival et honor. But when the planet's ultimate secret is revealed, only Captain Calhoun and the U.S.S. Excalibur can save the last remnants of the empire from total destruction!


Voici enfin le grand final du prologue en quatre parties de Star Trek New Frontier. Cette série de Peter David, commencée il y a trois ans sur ce blog, termine enfin son introduction en quatre volumes aujourd'hui.  Comme toujours, les couvertures sont des scans de mes livres, car il ne m'a pas été possible de trouver des images de bonne qualité (et à la bonne taille) pour illustrer mes articles. Cela explique aussi les petits défauts parcourant les couvertures. Les livres n'existant plus en neuf au format physique, mes livres sont des occasions à petits prix (0,01 cts pièce une affaire !) trouvés sur un site de vente très connu.


L'hospitalité Nelkarite était un piège. Les réfugiés du Cambon sont maintenant pris en otage sur Nelkar. Laheera vient de trancher la gorge de l'un d'entre eux pour montrer au Capitaine Calhoun qu'elle ne plaisante pas. Ses exigences sont simples, elle désire s'accaparer l'armement et le système de propulsion avancée de l'Excalibur sinon elle exécutera le reste des réfugiés.
Elle considère que comme l'Excalibur est en mission humanitaire dans l'espace Thallonien, il n'est que normal que Calhoun partage sa technologie avancée avec son peuple. Calhoun lui fait remarquer que la sacro-sainte Prime Directive l'oblige à ne pas se mêler des affaires des peuples aliens et que la décision des réfugiés de s'installer sur Nelkar, sans même écouter ses réserves, les a placés hors de sa responsabilité.
L'ambassadeur Si Cwan et Zack Kebron devraient être morts après l'explosion du Kayven Tyin, mais c'était sans compter un vaisseau Xénexien qui était dans les environs. Sauvés de justesse du froid de l'espace par D'ndai le frère ainé de Mackenzie Calhoun, leurs vies ne sont pourtant pas encore hors de danger. D'nDai, en tant que leader de la planète Xenex, est l'allié des Danteri qui soutiennent le nouveau gouvernement Thallonien. Celui-ci ne souhaite qu'une chose : de voir disparaitre tous les membres de la famille royale Thallonienne une bonne fois pour toutes. D'ndai se rend justement sur la planète Thallon pour y retrouver ses alliés.
 Le Dr Selar connait maintenant la vérité sur son état et la raison de ses sauts d'humeur. Les avances inappropriées de l’ingénieur en chef Burgoyne sont un symptôme de son problème.  Elle se décide à le confronter et à lui faire connaitre le fond de sa pensée.

"I had no feelings about it one way or the other," he said quietly. "I couldn't afford to."
"And you have no feelings about this hostages now ? These people trapped below us on Nelkar ?"
"None"
"I don't believe that, " she said flatly. "The Mackenzie Calhoun i know wouldn't be uncaring. Wouldn't be writing them off,"   
He had looked away from her, but now he turned to face her and said in a very quiet voice, "Then I guess you didn't know me all too well."
Elizabeth Shelby et Mackenzie Calhoun, page 11/12

End Game est l'apogée du prologue à la série New Frontier. On y découvre que le final était déjà en préparation dès House of cards et que Peter David y avait placé des indices de manière imperceptible. Si l'intrigue "médicalo-sentimentale" du Dr Selar est le point noir de ce long prologue et se révèle à peine digne du pire des soap-opéras. Le petit twist final, la concernant, est fort réussi. Une ligne réussie dans le dernier volume ne rattrapera pourtant pas les dizaines de pages ennuyeuses des précédents livres.
L'intrigue avec les réfugiés (commencée dans Into the Voïd) est clairement là pour donner aux fans de Star Trek leur dose habituelle de vaisseau, d'aliens et de discours philosophico-moraux avec une bonne dose d’interactions entre les personnages auquel la série les a habitués. Cette partie de End Game remplie sa fonction avec brio. Il reste donc ma partie préférée, celle digne d'un buddy movie Hollywoodien qui est aussi la plus originale car on y découvre l'histoire de ce coin de la galaxie ou navigue l'Excalibur. Je vous avais déjà parlé des interactions entre Lord Si Cwan et de Zack Kebron (voir l'article sur The Two-Front War ) qui mélangeaient bons mots et petites phrases assassines. Depuis le volume précédent, Peter David confronte les deux personnages au passé de l'Empire Thallonien et aux ennemis (nombreux) de Lord Si Cwan. Les petites histoires du passé de l'Empire finisse, dans ce volume, par rejoindre le passé de Mackenzie Calhoun  et dans une moindre mesure de deux des membres de l'équipage (Soleta et Burgoyne 172).
Calhoun, toujours lui obtient son moment "à la Kirk". Un combat à l'épée et à mort contre un alien.  Toujours dans les petits moments amusants de ce volume, l'hommage de David à Gene Roddenberry. Aguiché dès The Two-Front War et David le rappelle une autre fois au début de End Game avant de faire d'introduire véritablement son hommage dans le récit. Grossièrement introduit dans son intrigue, l'hommage reste touchant.Il y a encore beaucoup de choses à dire sur ce volume, mais je vais en rester là pour vous laisser la joie de les découvrir.
Moins lisse et plus violente que les séries classiques adaptés en livres, New Frontier est une série moderne encore aujourd'hui. Bien qu'héritière de Star Trek TNG, elle a développé sa propre identité et se place comme une série cousine et un peu rebelle.
Je retrouverai la série New Frontier en 2013 avec une histoire en deux volumes.

Star Trek New Frontier : End Game, Peter David, Pocket Book (1997), 190 pages. 

HPL bloc d'éternité

«Ce fut durant un mois d'octobre, lors de ma mille cent soixante-sixième nuit dans le désert de Rûb-al-Khâlid, que j'eus pour la première et la dernière fois l'obsédante vision des Autres Dieux, des Dieux Ultimes et des Archidémons dansant et virevoltant dans les grand-salles inconcevables et obscures de l'innommable Sultan… Pourquoi moi? Pourquoi suis-je le seul être humain à avoir eu cette insoutenable vision de démons et de divinités dansant et tournoyant bien au-delà du vide le plus infini, de la ténèbre la plus éternelle?...»
(Extrait éditeur d'Al Azif (fragment))

Il me faut reconnaître que j'achète tout et (presque) n'importe quoi quand il s'agit de Lovecraft. Je suis faible particulièrement quand le produit est original. Aujourd'hui le malheureux livre à subir les approximations de mes critiques est un recueil de poésie. Christophe Lartas est déjà auteur de deux autres livres toujours chez La Clef d'Argent (Saturne et Satanachias). Je n'ai pas lu ses précédents ouvrages, car ce sont des recueils de poésie et voyez vous je n'aime pas la poésie... Logique implacable de mon dégoût naturel contre HPL bloc d'éternité qui rend un hommage en proses à un auteur de (entre autre chose) poésie. Mes connaissances en poésie se limitant à des souvenirs scolaires (les terribles et ô combien honnis par moi-même Jacques Prévert et Maurice Carême), je me dédouane des bêtises que je risque de raconter dans le second paragraphe. Je ne suis pas à une contradiction après tout. 



Christophe Lartas reprend pour son recueil six sujets lovecraftiens avant de le terminer par un poème consacré à l'auteur lui-même. Le Grand Cthulhu, Azathoth rouge et noir, L'incohérent messager Nyarlathotep, Yog-Sothoth temps maudit, Ïa! Ïa! Shub-Niggurath!, Al Azif (fragment) et pour finir Howard Phillips Lovecraft bloc d'éternité. Dans ces sept poèmes, il convient de les séparer en deux groupes. Si le style de l'auteur reste identique d'un poème à l'autre, la longueur diffère selon le poème. Les poèmes longs possède une forme plus longue (plusieurs pages) et un niveau de difficulté de lecture très différents des autres. Difficulté, je lâche le mot. Oui c'est moche à dire, mais les longs poèmes sont difficiles à lire. 
Si leur forme est libre et parfois complexe, les grands poèmes Christophe Lartas sont alourdis de paragraphes qui se répètent comme les refrains d'une chanson. Ce qu'il y a de difficile dans la lecture de ses poèmes, ce sont ses répétitions, qui coupent le corps du texte principal et la lecture du même coup. Il en résulte le besoin de relire le poème depuis le début, tellement l'impression d'avoir perdu le fil de sa lecture est prégnant.  Heureusement pour vous cher lecteur, j'ai trouvé une solution simple : ne pas lire les répétions dans le texte. Pour ne rien vous cachez, l'envie de les raturer à grands coups de feutre noir m'a pris plusieurs fois, c'est dire la pénibilité de la chose. Les poèmes touchés sont (oui je prône la censure et la dénonciation) : Le grand Cthulhu, Azathoth rouge et noir, Ïa! Ïa! Shub-Niggurath!. 
Pour finir sur une note plus positive, les poèmes courts de HPL bloc d’éternité, sont proches dans leurs formes de nouvelles classiques (avec quelques envolées poétiques pour justifier leurs présences). Plus lisibles et moins foisonnantes, elles ne sont néanmoins pas vraiment originales, ni vraiment marquantes. Oui c'est très moyen comme point positif...
HPL bloc d'éternité est un recueil qui navigue dans les eaux troubles des livres très moyens. Bien que parfois parcouru de fulgurances géniales, le livre de Christophe Lartas est plombé par la lourdeur de ses textes et l'impression d'avoir besoin d'aspirine pour finir une page.  Un beau gâchis que j'aurai voulu aimé, vu son sujet, mais cela n'a pas été le cas.

HPL bloc d'etrenité, Christophe Lartas, La Clef d'Argent (09/2012), 52pages, 7€

Jésus contre Hitler : Zombies nazis en Sibérie

Sibérie, fin des années 60. Grâce à la magie noire, le sinistre Adolf Hitler est de retour, plus dément que jamais. Son plan? Ressusciter le plus de cadavres possible et constituer une armée de zombies nazis invincibles! Pour certains, il s'agirait de la Fin du Monde. Pour d'autres, c'est simplement le début d'une nouvelle journée de travail.
Car John J. Christ, chef de l'Agence B, connait bien le problème: il a plus d'une fois affronté le petit moustachu hystérique et sait comment déjouer ses plans démoniaques. À l'aide de son nouveau coéquipier David Goldstein, qui se demande bien pourquoi on a absolument tenu à l'incorporer dans cette unité délirante, John va faire ce qu'il sait faire de mieux: botter les fesses des créatures de cauchemar, des monstres des abysses, des esprits frappeurs et autres méchants en tout genre.
Ha oui, on ne vous avait pas dit? John J. Christ n'est autre que Jésus, le seul, le vrai, l'unique. Et il est en colère.


Avec un titre et un sous-titre comme ceux là, qui sentent bon la grande période du bis, il ne faut pas s'attendre à un de ses livres pompeux de la rentrée littéraire. Neil Josmunsi et les éditions Walrus proposent avec le premier tome de Jésus contre Hitler, une tentative d'hommage à un genre littéraire aujourd'hui devenu désuet : le pulp. Neil Jomunsi est influencé autant par les films fantastiques de séries Z que par les films d'actions à la testostérones des années 80. L'humour y est gras, proche d'un Austin Powers. J'aime l'idée d'une série de pulp publiée à notre époque avec des Nazis pas forcément malins combattant un Messie au caractère moins pacifique que le voudrait la légende.
Voilà ça c'était pour l’ambiance générale.

Je ne suis pas là pour remettre en cause ta foutue foi : je suis là pour buter du nazi, et si possible pour faire trébucher le petit moustachu. 
(John. J. Christ motive David Goldstein) 

 Jésus contre Hitler ; Zombis nazis en Sibérie est une réussite sur ces deux personnages principaux. Les échanges entre les deux personnages sont drôles (bien que trop court). Le Hitler de Jésus contre Hitler est un évident cousin du Dr Denfer tant dans son attitude générale que dans ses réparties et il ne lui manque que le chat Persan pour achever la ressemblance.
John J. Christ, lui tient de la rock-star, adeptes de petites phrases cinglantes et de Rambo dans sa propension à aller à la confrontation.
L'autre personnage récurent de la série c'est David Goldstein présenté comme le top du top de l'armée américaine, le soldat d'élite coéquipier du Christ, la crème de la crème. Il se révèle être une pleureuse de premier ordre.  Pleins de doutes, maladroit, cette armoire à glace, fleuron de l'armée ricaine est un fardeau pour le fils du seigneur qu'il devra sauver a de nombreuses reprises. Bref il ne sert pas à grand-chose et son soi-disant professionnalisme reste à prouver.
L'autre point faible de ce roman est le manque de descriptions de l'agence B pour laquelle travaille Goldstein et dirigée par John J.  Elle est un croisement entre le F.B.I de X-Files (pour l'immeuble de bureau), l'agence des M.I.B (pour la présence d'aliens suggérés) et le B.P.R.D. de Hellboy (pour le conseil hétéroclite qui dirige l'ensemble). Bien qu'un tiers du roman si déroule elle reste un décor vide sans aucune personnalité.

 _Jésus et maintenant Hitler... j'ai l'impression d'être le héros d'un de ses mauvais romans vendus à la sauvette par des escrocs et achetés par des abrutis....
(David Goldstein fait une découverte)

La très grande force de Jésus contre Hitler demeure dans son écriture. Courte et ne s'attardant pas sur l'exposition de ses personnages et la mise en place de ses décors, il privilégie l'action et les dialogues percutants (mais qui tombent parfois à l'eau...). Les chapitres sont donc formatés pour la lecture en portabilité (sur smartphone et autre liseuse).
En conclusion c'est une nouvelle sympathique dans un univers plein de promesses (l'explication de la présence du Christ sur terre est intrigante et pose pas mal de questions) qui a les défauts de ses qualités. Je vais probablement me laisser tenter par le second épisode.
Autre bonne chose, cette fois venant de l'éditeur Walrus. Le premier épisode de Jésus contre Hitler : Zombies Nazis en Sibérie est disponible gratuitement chez tous les libraires numériques (Amazon, IBookstore, Fnac...).

Zombies Nazis en Sibérie, Neil Josmunsi, Editions Walrus (09/2012), 68 pages. 

Moi, Cthulhu

«Je n'ai jamais connu mes parents. Mon père a été dévoré par ma mère sitôt qu'il l'a eu fécondée et elle, à son tour, a été dévorée par moi, à ma naissance. C'est mon premier souvenir, d'ailleurs. M'extirper de ma mère, avec son goût faisandé encore sur mes tentacules...»
Extrait éditeur. 


Dans sa jeunesse, Neil Gaiman écrivit ce que l'on  pourrait appeler aujourd'hui un fan fiction. Une nouvelle ou le Grand Ancien préféré des cultistes du monde entier, raconte sa vie. De sa naissance dans des marécages boueux d'une planète lointaine, à son voyage, accompagné de ses cousins chahuteurs, vers notre planète si hospitalière.
L'auteur d'American Gods et de Sandman nous présente ici une nouvelle fort courte ou les clins d'oeil à l'oeuvre du maitre de Providence sont forcement nombreux (et pointues). Il utilise un ton humoristique typiquement anglais pour donner une voix particulière à l'histoire de Cthulu. Un ton désabusé et léger qui permet de raconter les pires horreurs de la vie du Grand Ancien sous la forme d'une farce cosmique. Comme beaucoup d'auteurs de nouvelles lié au mythe de Cthulhu, le jeune Gaiman apporte quelques une de ses inventions à son histoire. Des noms de créatures mineures principalement. 

L'édition de la Clef d'Argent possède la particularité d'être accompagné d'un texte de présentation écrit par "le vieux" Neil Gaiman où il se félicite de la parution de cette nouvelle (ce qui est normal) pour ensuite en-brailler dans une délire hallucinant. Gaiman se vante d'avoir en sa possession la correspondance inédite d'Howard Philipp Lovecraft avec un auteur anglais très connu de la même époque. Je ne cite pas de nom pour vous réserver la surprise tellement absurde que la simple idée en devient hilarante. Bien entendu c'est une blague, mais s'il souhaite un jour écrire cette correspondance, je suis prêt à en pré-commander une quinzaine d'exemplaires.   
Il ne serait pas juste de finir cet article sans mettre en avant le travail du traducteur Patrick Marcel qui ne s'est pas contenté que de traduire la nouvelle originale, mais a en plus fournit un travail de notes (regroupées à la fin du livre). Non seulement les clins d'oeil de Gaiman sont montrés au lecteur, mais ils sont aussi expliqués. Moi, Cthulu devient par les annotations de son traducteur, non pas un livre destiné aux Lovecraftiens complétistes, mais un livre destiné au plus grand nombre que l'on est lu en partie Lovecraft ou non. Vu le prix modique il serait vraiment dommage de vous priver (5€)

 Moi, Cthulhu, Neil Gaiman, traduit de l'anglais par Patrick Marcel, La Clef d'Argent (09/2012) titre original : I, Cthulhu (1986), 5 Euros.