Moi, Cthulhu

«Je n'ai jamais connu mes parents. Mon père a été dévoré par ma mère sitôt qu'il l'a eu fécondée et elle, à son tour, a été dévorée par moi, à ma naissance. C'est mon premier souvenir, d'ailleurs. M'extirper de ma mère, avec son goût faisandé encore sur mes tentacules...»
Extrait éditeur. 


Dans sa jeunesse, Neil Gaiman écrivit ce que l'on  pourrait appeler aujourd'hui un fan fiction. Une nouvelle ou le Grand Ancien préféré des cultistes du monde entier, raconte sa vie. De sa naissance dans des marécages boueux d'une planète lointaine, à son voyage, accompagné de ses cousins chahuteurs, vers notre planète si hospitalière.
L'auteur d'American Gods et de Sandman nous présente ici une nouvelle fort courte ou les clins d'oeil à l'oeuvre du maitre de Providence sont forcement nombreux (et pointues). Il utilise un ton humoristique typiquement anglais pour donner une voix particulière à l'histoire de Cthulu. Un ton désabusé et léger qui permet de raconter les pires horreurs de la vie du Grand Ancien sous la forme d'une farce cosmique. Comme beaucoup d'auteurs de nouvelles lié au mythe de Cthulhu, le jeune Gaiman apporte quelques une de ses inventions à son histoire. Des noms de créatures mineures principalement. 

L'édition de la Clef d'Argent possède la particularité d'être accompagné d'un texte de présentation écrit par "le vieux" Neil Gaiman où il se félicite de la parution de cette nouvelle (ce qui est normal) pour ensuite en-brailler dans une délire hallucinant. Gaiman se vante d'avoir en sa possession la correspondance inédite d'Howard Philipp Lovecraft avec un auteur anglais très connu de la même époque. Je ne cite pas de nom pour vous réserver la surprise tellement absurde que la simple idée en devient hilarante. Bien entendu c'est une blague, mais s'il souhaite un jour écrire cette correspondance, je suis prêt à en pré-commander une quinzaine d'exemplaires.   
Il ne serait pas juste de finir cet article sans mettre en avant le travail du traducteur Patrick Marcel qui ne s'est pas contenté que de traduire la nouvelle originale, mais a en plus fournit un travail de notes (regroupées à la fin du livre). Non seulement les clins d'oeil de Gaiman sont montrés au lecteur, mais ils sont aussi expliqués. Moi, Cthulu devient par les annotations de son traducteur, non pas un livre destiné aux Lovecraftiens complétistes, mais un livre destiné au plus grand nombre que l'on est lu en partie Lovecraft ou non. Vu le prix modique il serait vraiment dommage de vous priver (5€)

 Moi, Cthulhu, Neil Gaiman, traduit de l'anglais par Patrick Marcel, La Clef d'Argent (09/2012) titre original : I, Cthulhu (1986), 5 Euros.

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