HPL bloc d'éternité

«Ce fut durant un mois d'octobre, lors de ma mille cent soixante-sixième nuit dans le désert de Rûb-al-Khâlid, que j'eus pour la première et la dernière fois l'obsédante vision des Autres Dieux, des Dieux Ultimes et des Archidémons dansant et virevoltant dans les grand-salles inconcevables et obscures de l'innommable Sultan… Pourquoi moi? Pourquoi suis-je le seul être humain à avoir eu cette insoutenable vision de démons et de divinités dansant et tournoyant bien au-delà du vide le plus infini, de la ténèbre la plus éternelle?...»
(Extrait éditeur d'Al Azif (fragment))

Il me faut reconnaître que j'achète tout et (presque) n'importe quoi quand il s'agit de Lovecraft. Je suis faible particulièrement quand le produit est original. Aujourd'hui le malheureux livre à subir les approximations de mes critiques est un recueil de poésie. Christophe Lartas est déjà auteur de deux autres livres toujours chez La Clef d'Argent (Saturne et Satanachias). Je n'ai pas lu ses précédents ouvrages, car ce sont des recueils de poésie et voyez vous je n'aime pas la poésie... Logique implacable de mon dégoût naturel contre HPL bloc d'éternité qui rend un hommage en proses à un auteur de (entre autre chose) poésie. Mes connaissances en poésie se limitant à des souvenirs scolaires (les terribles et ô combien honnis par moi-même Jacques Prévert et Maurice Carême), je me dédouane des bêtises que je risque de raconter dans le second paragraphe. Je ne suis pas à une contradiction après tout. 



Christophe Lartas reprend pour son recueil six sujets lovecraftiens avant de le terminer par un poème consacré à l'auteur lui-même. Le Grand Cthulhu, Azathoth rouge et noir, L'incohérent messager Nyarlathotep, Yog-Sothoth temps maudit, Ïa! Ïa! Shub-Niggurath!, Al Azif (fragment) et pour finir Howard Phillips Lovecraft bloc d'éternité. Dans ces sept poèmes, il convient de les séparer en deux groupes. Si le style de l'auteur reste identique d'un poème à l'autre, la longueur diffère selon le poème. Les poèmes longs possède une forme plus longue (plusieurs pages) et un niveau de difficulté de lecture très différents des autres. Difficulté, je lâche le mot. Oui c'est moche à dire, mais les longs poèmes sont difficiles à lire. 
Si leur forme est libre et parfois complexe, les grands poèmes Christophe Lartas sont alourdis de paragraphes qui se répètent comme les refrains d'une chanson. Ce qu'il y a de difficile dans la lecture de ses poèmes, ce sont ses répétitions, qui coupent le corps du texte principal et la lecture du même coup. Il en résulte le besoin de relire le poème depuis le début, tellement l'impression d'avoir perdu le fil de sa lecture est prégnant.  Heureusement pour vous cher lecteur, j'ai trouvé une solution simple : ne pas lire les répétions dans le texte. Pour ne rien vous cachez, l'envie de les raturer à grands coups de feutre noir m'a pris plusieurs fois, c'est dire la pénibilité de la chose. Les poèmes touchés sont (oui je prône la censure et la dénonciation) : Le grand Cthulhu, Azathoth rouge et noir, Ïa! Ïa! Shub-Niggurath!. 
Pour finir sur une note plus positive, les poèmes courts de HPL bloc d’éternité, sont proches dans leurs formes de nouvelles classiques (avec quelques envolées poétiques pour justifier leurs présences). Plus lisibles et moins foisonnantes, elles ne sont néanmoins pas vraiment originales, ni vraiment marquantes. Oui c'est très moyen comme point positif...
HPL bloc d'éternité est un recueil qui navigue dans les eaux troubles des livres très moyens. Bien que parfois parcouru de fulgurances géniales, le livre de Christophe Lartas est plombé par la lourdeur de ses textes et l'impression d'avoir besoin d'aspirine pour finir une page.  Un beau gâchis que j'aurai voulu aimé, vu son sujet, mais cela n'a pas été le cas.

HPL bloc d'etrenité, Christophe Lartas, La Clef d'Argent (09/2012), 52pages, 7€

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