Starfleet Académie : La prise de l'étendard

Aveugle de naissance, Geordi La Forge n'est pas le genre de cadet qu'on se bouscule pour avoir dans son camp lors des compétitions sportives. Pourtant, avec son VISOR - une prothèse -, il voit mieux que la plupart de ses camarades. Nommé capitaine d'une équipe durant un jeu de guerre, arrivera-t-il à saisir sa chance et à s'imposer ? Car s'il échoue aujourd'hui, comment réussira-t-il demain, sur son premier navire ? 

Résumé éditeur

La prise de l'étendard (Capture the flag en vo) est le quatrième et dernier livre titré Starfleet Académie publié par Pocket dans notre beau pays. Ces livres sont consacrés aux récits de jeunesse de l'équipage de Star Trek The Next Generation.
Au-delà d'un besoin de donner à ce blog, un aperçu complet de la série en version française et sans l'excuse d'avoir été écrit par Peter David (voir les articles : Star Trek Starfleet Académie La première aventure de Worf et ses deux suites : Baptême du feu et Mission de survie.), il y a peu de raisons à se lancer dans la lecture de ce livre même pour un trekker comme moi. Présentation rapide de l'auteur et explications.

 John Vornholt est un scénariste américain qui a sévit sur des séries animées pour enfants tels que Dennis la menace, SOS Fantômes et Super Mario Brothers. Oui ça fait un peu peur. Il est aussi acteur de théâtre et dramaturge. On lui doit particulièrement une trentaine de romans Star Trek (pour enfants et adultes) et quelques autres dans l'univers de Buffy ou bien de Babylon 5. 

Comme les autres volumes de la série Starfleet Académie, le livre possède de nombreuses illustrations en noir et blanc. L'artiste de La prise de l'étendard a pour nom Todd Cameron. 
Un professeur qui, quand il ne donne pas de cours, est illustrateur autodidacte, marionnettiste et forgeron (non ce n'est pas une blague !). Si les illustrations des précédents tomes étaient acceptables, ni belles, ni laides, La Prise de l'étendard est un livre moins chanceux. Les illustrations sont hideuses, les personnages semblent danser la gigue ou poser pour des magazines de mode.

Qui dit roman pour adolescents, dit aussi une construction particulière de l'histoire destinée à leurs plaire. La première partie se doit de présenter le personnage, son environnement (toujours un cadre scolaire ou familiale) et ses problèmes (handicape, racisme etc). La seconde révèle les capacités cachées du héros et sa rencontre avec un groupe d'amis aussi disparate qu'attachant. La dernière, bien évidemment, voit le héros triomphé de ses difficultés, remettre sur le droit chemin, son ou, ses antagonistes (qui n'étaient pas si méchants en réalité) et en tirer une leçon de vie qui n'aura de remarquable que son évidence affligeante. La prise de l'étendard suit ce schéma à la lettre.


 Je ne suis pas en train de dire que La prise de l'étendard est une accumulation de poncifs littéraires pour la jeunesse mille fois usités ailleurs, mais presque.  Il n'a probablement pour seul tort de passer après les livres de Peter David. Ses défauts en deviennent alors flagrants. D'un roman pour adolescents (voir enfants) sans saveur, John Vornholt se révèle incapable d'insérer dans son récit une personnalité propre. Le personnage de Geordi Laforge avait pourtant du potentiel et les pistes pour explorer sa jeunesse était nombreuse. Né dans l'espace, noir, aveugle et voulant devenir capitaine de vaisseau. Tout cela est traité dans La prise de l'étendard mais avec tellement de frilosité et de maladresse que cela dessert l'histoire.
Son lieu de naissance et sa couleur de peau est exploré sur une page lorsque Geordi rencontre à  l'académie un néo-pygmée.   Le néo-pygmée est une invention de Vornholt (donc non canon) qui serait une communauté africaine descendante de nos pygmées qui auraient décidé de revenir à la taille de leurs ancêtres via la génétique. Si le concept de descendants refusant d'avoir une taille supérieure à 1m50 au 24ème siècle est farfelue. Le discours que tient le personnage à notre personnage né dans l'espace l'est beaucoup moins. Il refuse simplement l'idée que Geordi puisse considérer l'espace comme sa patrie (il est né dans un vaisseau ou ses parents travaillaient)  et l'encourage à découvrir ses racines africaines.  Ce n'est ni très Star Trek (ou le concept de race/couleur est censé avoir disparu pour ne laisser que celui de la race humaine dans son ensemble), voir un peu raciste. Pour ceux qui se demandent John Vornholt est blanc.
Même chose pour le traitement de sa cécité qui n'est traité que sous l'angle de la peur de perdre sa prothèse. Il est dommage de ne pas avoir montré Geordi vivre sans elle. L'envie du personnage de devenir capitaine est amusante, répétée plusieurs fois dans le récit, mais expliquée vaguement. Au lieu de ça, nous avons une balle au prisonnier à trois ballons, un test dans l'espace avec de la fumée et un jeu de prise de l’étendard entre plusieurs équipes de cadets. Tous des gravures de mode sauf l'équipe de Geordi qui regroupe tous les canards boiteux de sa classe : Une albinos, une maigrichonne (Vulcaine), un nain (Neo-Pygmée), un gros et un lézard métamorphe... Le tout est raconté comme si les cadets avaient 12 ans au lieu de l'age pour intégrer l'académie c'est-à-dire 18 ans.
Vous l'aurez compris lire ce petit livre (heureusement !) est une souffrance masochiste. J'ai ricané doucement à la meilleure amie du héros se révèle être Vulcaine, car après Worf c'est Geordi qui récupère une copine à grandes oreilles qui cite Spock dans le texte. A croire que le citer est un passage obligé.
Si un jour vous voyez ce livre dans l'étalage d'une bouquinerie fuyez ! Il y a eu suffisamment de romans Star Trek édité en France pour que vous évitiez celui-ci.

La prise de l'étendard, John Vornholt, Illustrateur Todd Cameron, Collection Pocket Junior, Pocket (01/04/1996), 157 pages.

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