Un jour à Liévi

Un vaisseau-monde, perdu dans l'immensité du cosmos. Construit pour désengorger la Terre soumise à la surpopulation. Il navigue en cherchant une planète habitable, au gré du hasard.  Bien que structuré et gouverné, un meurtre va y être commis.  Lilou, vingt ans, vit dans cette communauté de l'errance. Touchée de plein fouet par cet acte abject, elle va apprendre à ses dépens qu'il n'existe de repos que dans l'accomplissement de la vengeance. Et que sur cette planète de fer et de rouille comme dans l'Ancien Monde, il ne règne qu'une seule règle : la noirceur de l'âme humaine n’a pas de limites.
Présentation éditeur

En guise de préambule à cet article, je vais dire du mal de la couverture d'un livre. 
Un jour à Liévi doit sa couverture à un imagiste/photographe du nom de Guillaume Serpault (son site). Imagiste ça sonne cool et tendance. Il n'y a qu'a voir ce joli "vaisseau monde" perdu dans cet amas d'étoiles pour comprendre tout le talent de ce monsieur. J’espère que Booxmaker (ouTom Khéfif) n'a pas payé pour cette artistique couverture, car ils risquent d'en avoir besoin pour le procès à venir. Une simple recherche dans Google image à "Vaisseau monde" et une image classique de Star Trek Voyager apparait (voir plus bas dans cet article). Un petit tour dans Photoshop pour assombrir un peu les contours, réduire la taille et faire ressortir les étoiles et voilà une jolie couverture qui n'a pas dû demander trop de temps. Guillaume Serpault est bien mentionné dans cet ebook comme concepteur de la couverture, mais aucune allusion n'est faite à Paramount. 
J'ai bien tenté de contacter Booxmaker et Monsieur Serpault pour savoir s'ils avaient eu l'autorisation de Paramount pour l'utilisation de l'image (oui, je suis naïf...), mais à ce jour, je n'ai eu aucune réponse ni de l'un, ni de l'autre. Une chose est sur les images de la série Voyager ne sont pas libres de droits.    

Star Trek Voyager
Le manque flagrant de place avait poussé plusieurs gouvernements à créer puis envoyer d'immenses vaisseaux-colonies dans l'espace. Ils espéraient ainsi se débarrasser des inutiles et des rebus. Liévi était un de ces vaisseaux.  

Cette nouvelle a été publiée avant le très moyen Whisky Vaudou et pourtant ne partage quasiment aucun des problèmes de la série de Tom Khéfif. Non seulement elle est mieux construite avec une intrigue secondaire intéressante, mais en en plus l'histoire de Lilou est enrichie par de petites anecdotes sur le monde dans lequel elle vit. 
Que ce soit clair le tableau n'est pas tout rose non plus, il n'y a rien de vraiment original dans cette nouvelle. Pour ceux qui ont lu un peu de SF, le récit semblera simpliste. Tom Khéfif a écrit un univers cohérent en moins de 30 pages qui s'il ne brille pas par son originalité à réussi à me tenir jusqu’à la dernière page. Ce qui n'est pas si mal, compte tenu de mes difficultés pour lire Whisky Vaudou. Le récit manque clairement de techno-blabla comme cette tenue de combat utilisée par l’héroïne appelée sans imagination : Exosquelette. La même chose pourra être dite de la description qui est fait de la vie intérieure du vaisseau monde.  
Il n'y a rien de SF dans la carcasse du Liévi, Tom Khéfif à seulement transposé notre mode de vie dans son vaisseau. Le Liévi contient une ville avec ses petites maisons et si quelqu'un s'y fait tuer c'est avec un coupe-papier. En fait, Un jour à Liévi donne l'impression d'éviter de faire dans de l'extravagance que d'habitude permet la Sf . Manque d'imagination de l'auteur ou peur d’effrayer un public éventuel, je n'en sais rien. Alors bien sûr, il y a un poste de pilotage avec ce qu'il faut d'informatique, d'I.A. mais rien de bien folichon ou de jamais vu ailleurs.
L'histoire de Lilou reste touchante même si, elle est, elle aussi sommaire.
Elle veut se venger et c'est ce qu'elle va faire. Ni plus, ni moins. La seconde intrigue fait intervenir un ami du père de Lilou, Jénoua et c'est à cause de lui que je n'ai pas lâché le livre.  Il va fournir à l’héroïne l'armure de combat, mené sa propre enquête et révéler au lecteur la vrai raison du meurtre du père de Lilou.
 Bien meilleur le précédent livre que j'ai lu de Tom Khéfif,  Un jour à Liévi reste un polar sur la vengeance dans un décor de SF superficiel. Il ne mérite pas votre argent, d'abord pour sa couverture volée et ensuite pour sa SF peu inspirée. Il y a du bon dans ce livre, mais c'est trop peu pour justifier que vous mettiez la main dans votre porte-monnaie.

 Un jour à Liévi, Tom Khéfif, Conception couverture Guillaume Serpault, BooxMaker (21/11/2012), 30 pages, 0.99€.

Amarachi Privé 1 : Whisky Vaudou

Wilson Amarachi. Ce détective au goût prononcé pour la dive bouteille est un privé, pas comme les autres, n’hésitant pas à se mouiller pour résoudre les affaires délicates que d’autres n’ont pu mener à leur terme. Des meurtres inexpliqués au sein d’une sombre histoire de vaudou
Cette histoire va confronter notre héros à ses limites en tant qu’enquêteur, mais aussi en tant qu’homme.
Mais saura-t-il faire face aux nombreux retournements qui l’attendent? C’est ce que vous découvrirez dans ce polar sombre et sans concessions.
(Résumé éditeur plein de promesses...)

Un jeune éditeur numérique, un auteur lui aussi à ses débuts et votre serviteur obligé d'écrire toutes les horreurs qui lui traversent l'esprit et les rares gentillesse qui survive dans ce marasme qu'est ce premier volume (gratuit sur toutes les plateformes de livres numériques) d'Amarachi Privé sobrement baptisé Whisky Vaudou.

En guise de présentation de l'auteur je vais le laisser se présenter lui-même avec un extrait de son blog. Oui c'est paresseux de ma part et j'assume complètement ce état.

"Je suis un jeune auteur avec une préférence marquée pour la Science-Fiction et la Fantasy moyenâgeuse. Mais cela ne m’empêche pas de m’essayer à d’autre genres, comme le fantastique ou le thriller/polar. 
Mes influences viennent de Glen Cook, de Roger Zelazny et de Robert Luldlum en particulier, mais je suis aussi très intéressé par des auteurs Français comme Claude Ecken, Laurent Genefort ou encore Jean-Philippe Jaworski."

Voilà pour la présentation de l'auteur maintenant passons maintenant à ce premier tome d'une saga qui comme Passeur d'ombres, Jésus contre Hitler propose un premier livre gratuit dans l'espoir de voir le
lecteur acheter les volumes suivants contre monnaie sonnante et trébuchante. Un petit extrait choisi avec toute la méchante honnêteté qui m'est coutumière

"Une femme d'une trentaine d'années apparut en haut des marches. Sa robe de couleur rouge laissait ses épaules nues et mettait en avant un décolleté plantureux. Sa taille parfaite faisait honneur à sa tenue et ses cheveux châtains détachés se balançait au gré de ses pas. Elle me fixait de ses yeux d'un bleu profond mais vides. "
Madame Robertson veuve éplorée ou bien Jessica Rabbit je ne sais plus...

J'ai déjà dit quelque part sur ce blog que l'on reconnaît un auteur débutant à son besoin de rendre hommage au genre littéraire qu'il écrit. Ce n'est pas un reproche en soit juste une simple constatation. Il peut s'agir de citer des références ou bien de remplir en cahier des charges (comme pour un livre de commande). Whisky Vaudou rentre dans la deuxième catégorie avec son besoin méticuleux de faire défiler les clichés du roman de détective.
Wilson Amarachi est un détective tout ce qu'il y a plus de classique. Alcoolique, machiste, pugnace et résolvant les enquêtes d'une police forcément incompétente et méfiante envers lui. Il fréquente, évidemment, aussi les milieux interlopes de sa ville et quelques amis douteux, mais utiles (avocat, médecin exerçant illégalement...). 
L’enquête dont il est chargé dans Whisky Vaudou est d'une simplicité trompeuse. Un homme blanc est décédé sans violence apparente et son frère Charles de Maxence, ne pense pas qu'il s'agisse d'une mort naturelle. Il lance Amarachi sur la piste des soirées poker auquel participait son frère dans un bar louche du quartier noir de Chicago. Bien vite, Wilson Amarachi va découvrir que Brian de Maxence n'est pas le seul mort à la table de poker. Voilà ça c'est pour le pitch rapide. Je viens de remarquer que je n'ai pas mentionné qu'Amarachi est noir de peau. C'est un élément mineur d'abord parce qu'il est difficile de croire dans le Chicago de carton pâte décrit chichement par Tom Khéfif et parce que la couleur du héros ne rentre pas vraiment en ligne de compte dans le récit. Amarachi se faisant plus insulter ou tabasser pour son activité professionnelle de fouinard professionnel plus que pour sa génétique. 
Whisky Vaudou n'échappe pas non plus à l'habituel twist final qui, vous vous en doutez à l'image de tout le récit, n'est pas très fin. La conclusion expéditive de cette première enquête rajoutant une cerise sur un gâteau déjà un peu fade. 

J'ai promis en préambule de cet article de dire quelques gentillesses et bien c'est maintenant.
Malgré tous ces défauts, Whisky Vaudou se laisse lire. Une lecture rapide de 30 pages qui rappellera des films et des séries tv des années 80 aux habitués du genre polar (Mike Hammer notamment). Je le rappelle ce premier volume est gratuit donc libre-à-vous de le télécharger, de le lire et de venir me dire dans les commentaires que je n'ai rien compris à ce chef-d’œuvre. Ce n'est pas du grand polar juste une petite lecture sans prétention. 
J'ai ressenti l'envie de bien-faire de Tom Khéfif pendant toute la lecture sans que cela se concrétise vraiment dans le récit. Il faudra probablement attendre de lire le second volume pour savoir si l'enthousiasme de l'auteur se révèle enfin dans son travail. Malheureusement pour lui, moi je ferais sûrement l'impasse sur les prochains épisodes de cette série (comme pour Passeur d'ombres).

Ps : les (3) premiers commentaires dithyrambiques que l'on trouve pour cet ebook sur Amazon sont douteux (famille/éditeur de l'auteur ?). Je n'ai bien entendu aucune preuve c'est juste une impression

Amarachi Privé 1 : Whisky Vaudou, Tom Khéfif, BooxMaker (22/04/2013), 45 pages.