L' âme soeur

<< C'est une sensitive ", dit sa mère. Un peu pour la plante. Un peu pour Angèle, 10 ans, qui flâne au jardin. Un rien cynique, Angèle, mais maligne comme tout. " Une idée par cheveu ", comme le fait justement remarquer De Gaulle, le vieux boy noir de la famille Dufresnes. Dans la maison africaine où elle a toujours vécu, Angèle aime s'évader vers les étoiles, par télescope interposé. Parce que entre sa mère, maniaque de l'hygiène et docteur à la Croix Rouge, et son père, écrivain peu expansif, la gamine peine à trouver sa place. Invisible. jusqu'au jour où... " Ilfautquonparle ". Et voilà que débarque, sur son territoire, une autre petite fille, Gloria, orpheline. Adoptée. Dès lors, entre le jardin et la cuisine, les ibiscus et la bibliothèque, c'est la guérilla en robe à smocks...>>
(Quatrième de couverture) 

Premier livre d'Anne Lenner que je lis et dès la présentation de l'auteure par l'éditeur me perturbe complétement car elle ne dit rien sur elle si ce n'est qu'elle est végétarienne contrariée (elle doit se goinfrer de saucisses cocktail a 3h du mat...) et qu'elle aime voyager et écrire. Je vais donc me contenter de ces informations essentielles pour vous parler de son livre.


<< _ Tu vas avoir une sœur, ma chérie >>

Effrontée, malpolie et prompte a juger tous ceux qui l'approche. Angèle est une petite peste. Anne Lenner parvient très bien a nous maintenir dans une relation amour haine avec son héroïne. Ses jugements sur son entourage sont aussi rapides et cruelles que ses conclusions fausses. L’âme sœur est histoire racontée du point de vue d'une Angèle plus âgée ce qui explique le vocabulaire d'adulte et les analyses trop pointues d'une situation qu'une fillette de 10 ans est incapable.
Quand arrive Gloria, les insécurités d'Angèle apparaissent évidentes, flagrantes et les incohérences du récits le sont tout autant. Une petite fille prépubère qui idéalise son père et est en conflit avec sa mère est un cliché éculé jusqu'au trognon qu'Anne Lenner exploite sans rien n'y apporter de nouveau. Alors bien entendu quand l'adoptée africaine arrive c'est la peur de l'abandon qui frappe la petite héroïne qui se sentait déjà mal aimée par ses parents. Gloria, parlons en. est un cliché de petite fille africaine qui parle avec la sagesse d'un adulte et connait des secrets ancestraux. Déjà vu déjà lu ailleurs...
Un peu comme "la guérilla" vendu par le quatrième de couverture qui ne dure vraiment qu'un chapitre, le vrai intérêt de L’âme sœur heureusement se trouve ailleurs que dans ce que l'éditeur cherche a vendre.
L’âme sœur est un bon roman court qui raconte un souvenir d'un moment T de la vie d'une famille, mais c'est une piètre version africaine des malheurs de Sophie comme le vend l’éditeur Pocket.

L’âme sœur, Anne Lenner, Pocket (2010), 108 pages